Dimanche 11 mai 2008
7
11
/05
/2008
21:34
2ème partie
Nick roulait vraiment très vite. Quelques minutes plus tard, il se garait sur un parking.
- Je vais aller acheter les billets, Véro. Restes ici avec Sara.
A ces mots, il descendit de la voiture et partit en direction de l’aéroport.
- Je t’en prie Veronica, vas-tu enfin m’expliquer ce qu’il se passe ? Où sont Michael et Lincoln ? Est-ce
qu’ils vont bien ?
- J’ai reçu un appel de Michael,
apparemment ils vont bien et ils font tout pour ne pas que la police les retrouve. Je ne lui ai pas parlé longtemps mais il m’a dit que toutes les personnes ayant été en contact avec lui et
Lincoln courent un grand danger… et en les aidants à s’évader tu as gagné la première place sur cette liste ! Il m’a donc demandé de te retrouver…
C’était insensé ! J’avais passé des heures à peser le pour et le contre du fait de m’impliquer dans cette évasion, je pensais avoir évalué
tous les risques que j’encourais, mais j’étais à présent forcée d’avouer que j’étais bien loin du compte.
- Pourquoi moi ? Qu’est-ce qu’ils me veulent ? Je n’ai rien… rien à leur apporter… et à qui déjà ? Qui en a après moi ? C’est un vrai casse-tête
chinois ! M’énervais-je.
- Ecoute Sara, l’important c’est que tu sois saine et sauve. Et tant que tu seras avec nous, il ne
t’arrivera rien. Moins tu en sais mieux ça vaut pour toi, crois-moi !
Nick arriva au pas de course. Nous descendîmes de la voiture et arrivâmes à l’aéroport. Le jeune homme me tendit un billet. Intriguée, je lus
les informations inscrites. C’était un aller-retour pour Blackfoot !
Une fois dans l’avion et à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, j’essayais d’en savoir un peu plus. Si Veronica pensait m’avoir
avec un « Mieux tu en sais mieux ça vaux », c’était très mal me connaître !
- Je crois que je suis maintenant assez impliquée dans cette histoire pour en savoir
plus… Lançais-je. Où allons-nous ?
Veronica aventura son regard à droite et à gauche, jusque dans l’allée centrale et se rapprocha de moi.
- J’ai bossé jour et nuit sur le dossier de Lincoln
afin de percer ce complot… et je suis sur une piste ! M’expliqua-t-elle. Terrance Steadman serait caché dans une petite maison de campagne au milieu de nul
part !
- Nous allons à la pêche aux
informations. Compléta Nick en m’adressant un clin d’œil.
Je n’en croyais pas mes oreilles. Le frère de la vice-présidente était bel et bien vivant et nous étions en passe de pouvoir le prouver
? Bizarrement, ce dénouement me semblait beaucoup trop rapide et trop simple pour être vrai. Mais j’avais toute confiance en ce duo de choc qui m’avait sauvé la vie et je savais à présent que
j’irais jusqu’au bout avec eux.
* *
*
Après avoir atterris, nous avions marché plusieurs kilomètres. Nick et Veronica avaient refusé de prendre un taxi pour nous conduire jusqu’à
la maison de peur d’être suivis et de se faire remarquer à l’arrivée.
Cela faisait à présent plusieurs minutes que nous longions de petits chemins sinueux semblant ne mener nulle part. Je sentais ma cheville
fatiguer de plus en plus et je n’avais malheureusement aucun calmant ou autre médicament pour soulager ma douleur. Malgré tout, je serrais les dents, pensant à mon objectif.
- Nous y voilà ! Murmura Nick en nous stoppant net.
Il déposa un doigt sur ses lèvres pour nous faire signe de ne pas faire de bruit. Nous nous agenouillâmes au pied de la haie qui longeait ce
qui semblait être une immense villa.
- Les entrées sont surement gardées. Reprit Nick. On va
se séparer. Vero, tu pars avec Sara derrière la maison et essayez d’entrer. Je vais passer par devant… Expliqua-t-il d’une voix basse.
Il sortit deux armes à feu de son sac à dos et en tendit une à Veronica qui la coinça à l’arrière de son jeans. La tournure des événements ne
me plaisait guère mais je savais qu’il s’agissait davantage d’une mesure de sécurité et de persuasion qu’autre chose.
- Le premier à l’intérieur appelle l’autre. Termina la jeune femme avant de me faire
signe de la suivre.
Je regardais Nick s’éloigner de nous à pas de loup. Déjà une montée d’adrénaline incroyable s’empara de moi. J’avais l’impression de me
retrouver en plein cœur d’un film policier ! Seulement voilà, ma vie n’avait rien d’une fiction…
Nous contournâmes l’immense demeure silencieusement. Veronica gardait les yeux en l’air, cherchant certainement d’éventuelles caméras qui
surveilleraient le jardin.
Nous étudiâmes les alentours un instant. Pas un bruit. On aurait presque pu croire que la maison était inhabitée. La jeune avocate me fit
signe de la suivre et nous nous dirigeâmes vers la porte de derrière. Plaquées contre les murs froids, nous attendîmes encore… toujours rien. Personne ne semblait surgir de l’intérieur pour nous
attraper. Etait-ce possible que Terrance Steadman soit réellement à l’intérieur de ces murs qui semblaient n’être gardés par personne ? Honnêtement, j’avais peine à y croire et commençais même à
penser que nous nous étions trompée de maison.
Alors que nous nous apprêtions à entrer, des voix se firent entendre.
Veronica posa un doigt sur ses lèvres et me fit signe de me baisser.
- Qui êtes-vous ?
- Je m’appelle Nick Savrinn et je crois que nous avons deux mots à nous dire, monsieur Steadman !
Nous n’en crûment pas nos oreilles ! Nous échangeâmes un regard interloqué et continuâmes d’écouter. Les voix venaient de l’autre côté de la
maison. Ma complice me prit la main et me fit signe de me relever discrètement. Sans un bruit, nous contournâmes de nouveau la villa pour revenir à l’entrée principale où devait se trouver
Nick.
- Bravo monsieur Savrinn, vous avez trouvé ma
cachette ! Siffla-t-il en tapant dans ses mains.
- Comment avez-vous pu rester silencieux si longtemps ? Vous vivez dans une boîte en carton reculée du monde
en attendant que l’on oublie qu’un homme a été condamné à mort par votre faute ?
Plus nous nous approchions, plus les voix devenaient distincts. C’est à l’angle de la maison que Veronica s’arrêta. Accroupies, nous
aventurâmes notre regard de l’autre côté.
Enfin, je pus apercevoir Nick. Il avait sorti son pistolet et le pointait sur un vieil homme. D’où nous étions, il nous était impossible
d’identifier le vieillard mais à entendre les paroles de Nick, il n’y avait plus aucun doute sur son identité.
- Je vous ordonne de venir avec moi M. Steadman…
- Malheureusement, je ne peux sortir de chez moi ! Si je franchis le seuil de
cette porte, des alarmes vont retentir et puis… croyez-moi, votre intérêt, je ne bougerai pas d’ici.
- Alors je vais appeler la police d’ici… Répliqua-t-il en sortant son téléphone
portable.
Je fis signe à Veronica qu’il était temps de venir en renfort à Nick. Je me relevais et m’apprêtais à sortir de l’angle de la maison pour
rejoindre le jeune homme.
- A votre place, je ne ferais pas ça, Monsieur Savrinn…
Une voiture d’un noir étincelant arriva en trombe dans la cour et freina brusquement à quelques mètres de la porte, laissant une fumée épaisse
derrière elle.
Veronica m’attrapa aussitôt par le bras et me tira de toutes ses forces à terre au coin de la demeure, à l’abri des regards.
Trois hommes déboulèrent de la voiture et braquèrent leurs armes sur Nick qui avait toujours son portable à l’oreille.
Tout se passa très vite.
Devant l’horreur de la situation, je voulus sortir de ma cachette et rejoindre Nick pour lui venir en aide. Mais Veronica m’attrapa une
nouvelle fois et m’emprisonna de ses bras pour m’empêcher de bouger.
- Raccrochez monsieur !
Les trois hommes se tenaient face à Nick. Il se retourna vers eux, le portable à l’oreille. Des coups de feu retentirent. Veronica pressa sa
main sur mes lèvres pour m’empêcher de crier devant la scène qui se déroulait sous nos yeux.
Le corps de Nick criblé de balles tomba à terre dans un bruit sourd épouvantable. Le trio déplia une grande bâche noire comme on déplie une
nappe et y engouffrèrent le corps sans vie du jeune homme. Deux minutes plus tard, le « paquet » était soigneusement rangé dans le coffre de la voiture garée devant l’entrée.
- Retournez à vos occupations monsieur Steadman,
c’est terminé ! Lança l’un des hommes en noir d’un ton dur et sans émotion.
Les assassins refermèrent la porte d’entrée et retournèrent dans leur voiture qui démarra au quart de tour dans la même fumée qu’elle était
arrivée.
La main de Veronica pressait toujours ma bouche d’un geste crispé. Je pouvais sentir ses larmes couler dans mon cou. Nous étions
véritablement sous le choc de cette scène sordide qui s’était déroulée sous nos pauvres yeux.
La jeune femme retira sa main en tremblant et s’essuya les yeux.
Incapable de bouger, nous restâmes assises parterre durant plusieurs minutes sans mot dire. Veronica était tout bonnement en état de choc. Je
m’approchais enfin d’elle et la serra dans mes bras pour y recueillir ses sanglots.
Nous demeurâmes ainsi jusqu’à la tombée de la nuit. Lorsque nous jugeâmes qu’il faisait assez noir pour minimiser les risques de nous faire
prendre, nous quittâmes enfin la villa du cauchemar comme deux voleuses. Une fois de l’autre côté du portail, nous courûmes à en perdre haleine dans la nuit noire jusqu’à ne plus voir la villa.
Je ne sentais plus la douleur de ma cheville enflée, ni même mon souffle que j’avais peine à reprendre. La peur s’était emparée de moi et me certifia que non… je n’étais pas dans un
film.
Par Pitchoune
9
-
Recommander