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  • : Du Côté de Sara Tancredi
  • sara-tancredi
  • : Prison Break Fanfiction detente
  • : Voici ma fanfic "Du Côté de Sara"... Elle raconte l'aventure Prison Break à travers les yeux de Sara Tancredi. Cette fanfiction est un mélange entre les événements de la série et d'autres séquences que j'ai imaginé. A vous de me donner vos impressions ! En espérant que cette histoire vous plaise... Bonne lecture ! ;-)
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Samedi 24 novembre 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-A-suivre-copie-3.gif



Ce soir en sortant de Fox River, je n’avais pas envie de rentrer chez moi… J’avais eu le cœur serré toute la journée, et Dieu savait à quel point je détestais cette sensation. Comme une privation, un manque d’oxygène, une pression… tout cela était enfouit en moi. Non, je n’avais pas envie de regagner mon appartement où il n’y aurait que la solitude pour m’accueillir dans ses bras.



-    Bonsoir Katie.

C’était comme si ma voiture s’était rendue seule jusque devant l’immeuble de mon amie. Je n’avais pas mis longtemps à décider vers qui je voulais me tourner pour me confier étant donné le peu d’amis qu’il restait dans ma vie. Et je savais que je pouvais compter sur Katie.

-    Entre ma puce, c’est sympa cette petite visite. Me sourit-elle en m’invitant à m’asseoir au salon.


Les enfants de Katie étaient déjà au lit. Mais quoi de plus normal, réalisai-je à la vue de l’heure à laquelle je sortais du pénitencier ce soir encore. Katie nous prépara chacune une grande tasse de thé brûlant et me rejoignit.


-    Toi, ça ne va pas… Tu es pâle comme un linge. Que se passe-t-il ? Tu as vu Scofield en isolement, c’est ça ?
-    Scofield… Soupirai-je. Ce nom commence à me suivre partout où je vais… Je pense à lui constamment ! Lançai-je.
-    C’est ça qui te fait peur ?
-   Le mot est faible… je suis terrifiée ! Katie, tu connais mon passé de droguée, n’est-ce pas…
-    Qu’est-ce que tu veux dire ? Non Sara, je t’en prie, ne me dit pas que tu as recommencé ! S’exclama-t-elle en ouvrant de grands yeux.
-   Non Katie… ce n’est pas ça. Ce qu’il y a… c’est que je ne t’ai jamais raconté ce qui m’avait fait plonger… et depuis plusieurs jours son visage revient constamment dans mon esprit… Sans arrêt, encore et encore… des flashs… toujours ce visage…
-    Quel visage Sara ? Celui de ta mère ? Questionna Katie, de plus en plus intriguée.



Je secouai la tête. La mort de ma mère avait en effet marqué le début de ma chute mais je savais très bien qu’elle n’était en aucun cas responsable de mon addiction pour la drogue.

Je plongeais mes lèvres dans la tasse encore brûlante et repris.



-    Cooper… Murmurai-je avec difficulté comme si le seul fait de prononcer ce prénom me brûlait les lèvres. Je ne t’en ais jamais parlé parce que c’était trop dur.
-    Tu étais amoureuse de cet homme ?
-   J’en étais folle… Katie, je n’ai pas aimé beaucoup d’hommes dans ma vie, mais Cooper en faisait parti. Je l’ai connu après la mort de ma mère… Il était président d’une grosse boite de Chicago. Son satané travail… Soupirai-je. C’était sa vie.
-   Ca ne devait pas être facile tous les jours… Murmura mon amie.
-   C’était un junkie… Lâchai-je. Il se droguait pour prendre de l’assurance, pour tenir le coup face à toute cette pression qui le pesait. Et paradoxalement, c’est la drogue qui le rendait moins compétent.


Katie ne disait pas un mot. Elle était assise à côté de moi et serrait sa tasse de thé entre ses mains, les yeux posés sur moi, écoutant avec attention et absorbant chacun des mots extraits de mon douloureux passé.


- Je l’aimais plus que de raison… Il m’arrivait de me droguer avec lui quelque fois mais je savais ce que je faisais et cela ne m’attirait pas. Et puis… sa boite à finit par couler. Ce jour là, c’est toute sa vie qui a basculé. Nous étions depuis cinq ans ensemble et il m’aimait, mais je savais aussi que son travail passerait toujours avant moi. Et puis un soir, je l’ai retrouvé dans notre appartement allongé sur le sol… Continuai-je alors que je sentais ma voix commencer à trembler. Il… il avait fait une overdose…

La boule qui était coincée dans ma gorge se desserra subitement, laissant du même coup mes larmes inonder mes yeux.

-    Il était terriblement mal… je le savais, je le voyais. Je voulais l’aider à s’en sortir mais il se droguait de plus en plus et je me sentais tellement impuissante face à ça. C’était un trou noir et je ne voyais pas d’issue…. Il n’acceptait l’aide de personne… hoquetai-je. Il est mort et je n’ai rien pu faire !


Katie posa sa main sur la mienne et me lança un regard de compassion.


-   Je ne savais pas… Murmura-t-elle. Mais il ne faut pas te rendre responsable de son destin ma belle. Tu n’y pouvais rien… Et tu as plongé à ton tour après ce drame, n’est-ce pas ?
-    Oui… J’avais reporté sur lui tout l’amour que je ne pouvais plus donner à ma chère mère. A sa mort, c’est comme si on m’avait arraché le cœur une deuxième fois. Mon père ne l’avait jamais aimé… il savait qu’il se droguait et si j’ai plongé à mon tour, c’est de dépit et de désespoir. Mon père était toujours pris par ses réunions incessantes et malgré sa bonne foi, il n’a jamais su m’épauler comme il aurait dû. Expliquai-je.  Il m’aime, je le sais, mais je crois surtout que mon chagrin et mon mal-être l’effrayait.
-    Voilà pourquoi tu repenses tellement à Cooper ces temps-ci ma vieille ! S’exclama Katie. Tu sens que ton cœur est prêt à accueillir Scofield et tu as peur de ce qu’il pourrait se passer… Analysa-t-elle.


Je relevai la tête et regardai Katie, surprise par le rapprochement qu’elle venait de faire entre les deux hommes.


-    Katie, tu ne vois pas que je ne fais que tomber, me relever… tomber à nouveau et me relever, encore et encore. Sanglotai-je. Je suis forte mais je ne le serai pas indéfiniment. Ma mère a emporté toute lumière lorsqu’elle est partie… J’ai vécu dans l’obscurité si longtemps… j’étais tellement seule…
-    Tu ne l’es plus maintenant, Sara ! Murmura Katie en me serrant dans ses bras pour apaiser mon chagrin.


Je pleurais durant plusieurs minutes sur son épaule. Toutes les tensions accumulées ces derniers temps m’avaient pesé à tel point que je n’avais trouvé aucun échappatoire à ma détresse. Enfin, après avoir dit les mots que je refusais de prononcer, je commençais à me sentir mieux.


- Tu  n’es plus seule aujourd’hui. Me répéta-t-elle en me souriant. Il y a moi et il y a ce Scofield couvert de tatouages !

Ses dernières paroles me firent éclater de rire alors que j’étais encore en larmes. Décidément, mon amie trouvait toujours la parade adéquate pour  me remonter le moral.

-    Je ne sais pas Katie… Murmurai-je.
-   Bien sur que si ma grande, je suis persuadée que tu comptes pour lui ! On ne regarde pas une personne avec ces yeux là quand on ne ressent rien.
-    Qu’est-ce que je vais faire…
-   Poursuis ta route, ma jolie ! Je suis d’accord que des Michael Scofield, ça ne court pas les rues, mais s’il tient vraiment à toi, il attendra de sortir de prison pour te revoir.



Ces mots eurent le don de réchauffer mon cœur. Ce n’était rien d’autres que des mots, mais ils me firent un bien fou. J’en avais tellement besoin, et j’aurais donné n’importe quoi pour que ceux-ci sortent de la bouche de Michael Scofield.







*  *
*






Enfin je sortais de chez Katie aussi épuisée que je pouvais l’être. Vider ce que j’avais sur le cœur n’avait rien de reposant mais en quittant son immeuble, je savais que je me sentais mieux qu’en y entrant. L’écoute et les mots de mon amie m’avaient fait un bien fou.

Je marchais en direction de ma voiture quand mon portable sonna. Encore la prison ! Constatais-je.

-  Docteur Tancredi ? Bonsoir. Pardon de vous déranger si tard mais êtes-vous disponible ?
-   Oui, je peux passer sans aucun problème mais que se passe-t-il, Sherry ?
-  C’est Michael… Il est toujours en isolement et il est entrain de disjoncter… Expliqua l’infirmière en quelques mots.
-    J’arrive immédiatement. Conclus-je en raccrochant.



Encore une fois, je m’apprêtais à foncer en pleine nuit à Fox River. Cela me rendait folle de rage de faire comme si de rien n’était avec Sherry… après tout ce que j’avais appris de la bouche de Nika ! Elle aussi avait fait parti de cet ignoble complot contre moi. Comment aurais-je pu savoir jusqu’où cette femme était prête à aller ? Et qui me disait que ce n’était pas un autre piège que me tendaient les deux femmes en prenant pour appât Michael Scofield ?

Je secouais la tête pour me réveiller. A peine quatre ou cinq heures de sommeil en quarante-huit heures, rien d’étonnant à ce que je commence à me faire des films. Mais si ce qu’elle avait dit était vrai… Qu’arrivait-il donc à Michael ?


Je me garais à la vitesse de l’éclair sur le parking presque vide et courus sans attendre à l’infirmerie où je pensais trouver Sherry.

-   Oh Docteur Tancredi vous voilà ! Je ne savais pas quoi faire… Un gardien m’a appelé pour me prévenir qu’il entendait des bruits sourds dans la cellule de Michael et… quand nous sommes arrivés nous l’avons vu entrain de se jeter contre les murs… d’un bout à l’autre de sa cellule, plutôt violement ! Quand j’ai voulu m’approcher de lui, il paraissait complètement sonné alors j’ai pensé qu’il s’était calmé tout seul et…
-    Pourquoi ne l’avez-vous pas examiné ? L’interrompais-je sur un ton dur. Et pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler avec lui ?
-    Je… je ne sais pas… il me faisait peur. Au bout d’un moment nous n’entendions plus de bruit alors je suis remontée et le gardien m’a de nouveau appelé pour me dire qu’il était arrivé juste à temps avant que…
-    … que quoi ?? La pressais-je. Je vous en prie, parlez !
-    … qu’il ne se pende !
-    Quoi ??
-    Je n’en sais pas plus… je vous ai tout de suite appelé, je ne savais pas quoi faire…
-    Sherry Glow, en plus de n’avoir aucun scrupule à comploter contre moi, vous êtes parfaitement incompétente dans votre travail ! M’exclamai-je, hors de moi.



Je me dirigeai vers l’escalier qui conduisait aux sous sols et aperçus par-dessus mon épaule Sherry me suivre.

-    Ah non ! Certainement pas ! M’exclamai-je en la repoussant.
-    Mais… Répliqua-t-elle, stupéfaite.
-   Laissez-moi ! Vous en avez déjà bien assez fait comme ça ! Courrez donc raconter ça à votre meilleure amie… Lançai-je d’une voix menaçante avant de reprendre ma course dans l’escalier.


Enfin j’arrivais dans le couloir de l’isolement, le cœur battant et le souffle court. Je trouvais le gardien qui surveillait l’allée. Je le vis se diriger vers moi et avant même que celui-ci n’ouvre la bouche, je me plantais devant lui et le fixais.


-    Laissez-moi tranquille avec lui ! Ordonnai-je au gardien.
-   Docteur, je suis désolé mais le règlement m’oblige à rester dans le couloir si jamais…
-    Partez ! Criai-je. Je vais m’occuper de lui et je ne veux personne autour de moi. Je sais ce que j’ai à faire et je n’ai rien à craindre d’un détenu tel que Michael Scofield. Disparaissez !

Le gardien me regarda, intrigué de me voir m’emporter aussi facilement. Mais mon visage fermé et dur finit par le résoudre de remonter à l’étage.

L’émotion me submergea. Enfin je réalisais les paroles de Sherry…

Michael voulait mourir ! Cette pensée me pétrifia autant qu’elle pouvait m’assommer. Mon sang ne fit qu’un tour et j’ouvris brusquement la porte de sa cellule.



Je sursautais soudain en le voyant debout, droit comme un « i » au milieu de la cellule, le visage triste et fermé à tout contact extérieur. Il ne régit même pas à mon entrée, ni à la peur que se dessinait sur mon visage… il fixait le mur et ne semblait pas vouloir m’adresser un regard.

C'est alors que je vis avec horreur le pull de Michael attaché à l’une des plus hautes chaines accrochées au mur ! Celui-ci était en forme de nœud coulissant… Je découvris alors ce qu’il avait voulu entreprendre et portai mes mains à ma bouche avec horreur en constant que Michael avait voulu se pendre…



-    Michael ! M’exclamai-je d’une voix qui ne maîtrisait plus rien. Que vous arrive-t-il ? Que s’est-il passé ? Je vous en prie, expliquez-moi… Regardez-moi ! L’implorai-je en m’approchant de lui. Regardez-moi !!


Michael restait toujours inerte devant moi, les yeux dans le vague et ne semblait même pas m’écouter. Je pensais alors que tous les hommes que j’aimais décidaient un jour ou l’autre de se donner la mort.


- Vous êtes complètement fou ! Repris-je à sa hauteur. Vous voulez mourir ? Vous pensez que cela aidera votre frère sans doute ? A quoi bon perdre mon temps à vous aider si vous voulez en finir ! Pourquoi vous faites ça ? Pourquoi ? POURQUOI ?? Me mis-je à hurler.


Ma voix tremblait, je pouvais le sentir et l’entendre résonner jusque dans mes oreilles.

N’en pouvant plus, je le giflai. J’étais folle de rage contre lui. Je lui en voulais de vouloir mourir, je lui en voulais d’abandonner son frère… et de m’abandonner moi… Mais surtout je voulais le faire réagir. Mes poings étaient serrés par la colère qui m’habitait.

Voyant l’état de fureur et de tristesse dans lequel j’étais devant le sort ignoble qu’il désirait s’affliger, son regard s’anima enfin comme s’il venait brusquement de s’éveiller à la vie. Je ne pouvais pas pour autant défaire ces traits durs et impassibles qui crispaient mon visage.


Je le vis jeter un coup d’œil en dehors de la cellule comme pour voir si nous étions seuls. Puis il s’approcha lentement de moi et attrapa mes mains crispées par la colère, pour les coller contre son torse. Vidée, je me laissais faire. Puis il m’enlaça dans ses bras, me serrant tout contre lui. Il me serra de plus en plus fort comme pour absorber en lui toute la rage et la peine que je pouvais ressentir à cet instant.

-    Pardon Sara… Pardon … Murmurait-il à mon oreille.







*   *
*






Quelques minutes après, j’avais retrouvé mon calme et l’avais questionné encore et encore sur le fait qu’une telle pensée lui ait traversé l’esprit.

Malheureusement, je finis par sortir, son pull dans mes bras, sans avoir obtenu la moindre réponse. Au-delà de ses bras autour de moi et de ses excuses, il n’avait absolument rien dit d’autre.

Je devais pourtant prendre une décision ! Je ne l’avais jamais vu aussi perdu et désorienté et son état m’inquiétait sérieusement. De peur que l’idée de recommencer cette terrible tentative ne lui vienne, je pris une décision qui m’arracha le cœur.


-    Quartiez Psy.
-   Bonsoir Joshua, pardon d’appelez si tard mais je voulais te prévenir qu’un gardien allait t’amener un nouveau détenu à interner. Lâchai-je d’une voix sans intonation.
-    Parfait Sara. Qu’il l’amène quand il veut. De qui s’agit-il ?
-    Michael Scofield.

Je fermai les yeux comme pour me forcer à me dire que c’était la meilleure solution même si je réalisais qu’il serait loin de moi et que je ne pourrais plus m’occuper de lui.

-    C’est noté. Il sera interné dès son arrivée. Ne t’en fais pas, nous nous occuperons de lui. Bonne nuit Sara.


Un long soupir s’échappa de mes lèvres en raccrochant. Il en valait de la vie de Michael. Me répétai-je.





Chapitre-17.jpg

par Pitchoune
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Samedi 24 novembre 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-16.gif



1ère Partie



Trois jours avaient passé depuis le transfert de Michael au quartier psy. Trois jours s’inquiétude, de questions sans réponses… Cela m’avait presque semblé être les trois jours les plus longs de ma vie. Mon Dieu qu’il me manquait ! Lui… ses regards profonds, son cher visage d’ange, ses drôles de tatouages, nos discussions insensées… C’était en fait un condensé de tout ce qu’il était qui provoquait chez moi ce manque incompensable que je n’aurais osé soupçonner. Serais-je devenue « dépendante » de Michael Scofield ?

Je commençais à le penser fortement quand je me pris entrain de maudire ce satané règlement qui précisait que les médecins devaient s’occuper exclusivement des patients de  leur secteur. Et évidemment, la psy. ne faisait pas parti de la mienne. Soupirai-je en me rendant à mon travail.



Je passais le long de la grille qui séparait le chemin de la cour des détenus et embrassait du regard cette vaste étendue avec une pointe de nostalgie. Nos simples « bonjour » du matin me manquaient cruellement.


-    Hey Doc’ ! Ca va comme vous voulez ? Vous cherchez quelqu’un ?


Surprise, je reculais d’un pas de la grille. Il n’avait ni le sourire doux ni le regard captivant de Michael, mais je savais que Benjamin Franklin était un homme bien.

-    Bonjour Benjamin ! Je vais bien merci et vous ? On dirait que vous évitez enfin les conflits, ça fait un petit moment que je ne vous ai pas revu à l’infirmerie.
-    Ah vous savez, Doc’, maintenant que je bosse aux T.P. je suis devenue un gars plus sérieux…
-    J’en suis ravie.
Lui souris-je.



C’est alors que j’aperçus Charles Westmoreland affaissé contre la grille, un peu plus loin. Je quittais donc celui que tous les détenus nommaient « C-Note » et m’approchais lentement de Charles pour discuter un peu. J’aimais beaucoup ce détenu qui était plutôt « spécial » pour moi. Depuis mon arrivée, je ne l’avais jamais considéré comme un « prisonnier » à part entière. La vie l’avait enrichie de mille expériences, je pensais souvent que cela l’avait davantage assagit à  l’inverse de ces jeunes délinquants qui n’avaient pas encore eu le temps de vivre grand-chose avant d’atterrir ici. Je m’étais même pris un jour à penser qu’il ressemblait fortement au père que j’aurais voulu avoir…. Affectueux et attentif. Puis, je m’étais vite ravisée, gagnée par la culpabilité en pensant que j’avais un père… aussi absent et incompréhensif qu’il l’était, c’était le mien et je savais que je l’aimais de tout mon cœur.


-    Bonjour Charles !


Ma présence le fit soudain sursauter. Il se redressa aussitôt et fronça les sourcils. J’avais comme l’impression de ne pas arriver dans un bon jour.

-    Sara… Bonjour ! Se ravisa-t-il en me tournant à moitié le dos.
-    Comment vous portez-vous ? Questionnai-je en bon docteur que j’étais.
-    Ca va…

J’aperçus sa main presser très fort contre son ventre et à en voir les traits crispés de son visage et les mimiques désagréables qu’il affichait, ça n’avait pas l’air d’aller fort malgré ce qu’il disait.

-    Que se passe-t-il Charles ?

Cette fois, il me tourna carrément le dos !

-    Je vous ai dis que j’allais bien. Bonne journée Docteur.


Sa voix me fit froid dans le dos. Pourquoi réagissait-il de cette façon ? Il savait parfaitement que j’étais bien la dernière personne dans cette prison à lui vouloir du mal… C’est alors que je vis la main qui pressait son ventre, couverte de sang.

-    Mon Dieu Charles, vous êtes blessé !
M’exclamai-je.
-    Je me suis coupé ! Bougonna-t-il. Pas de quoi fouetter un chat !!
-    Je vous en prie, laissez moi vous examinez… Montez à l’infirmerie, il n’y en aura pas pour longtemps !
-    Je vais très bien ! Mêlez-vous de vos affaires, je vous prie, Docteur !
Grogna-t-il avant de s’éloigner.


Je le regardais d’un air hagard rejoindre le petit groupe de détenus qui semblait l’attendre. Que se passait-il dans la tête de Charles Westmoreland ? Jamais depuis que je le connaissais, il ne m’avait parlé sur ce ton… lui qui était la douceur même ! M’étonnais-je. Sans doute était-ce un mauvais jour pour lui. J’avais entendu parler des problèmes de santé de sa fille et du fait qu’elle n’en avait plus pour longtemps. Mais cette soi-disant « coupure » m’inquiétait néanmoins. Si je ne le voyais pas débarquer à l’infirmerie d’ici demain soir, j’irais moi-même le sollicité ! Décidais-je en marchant en direction de l’infirmerie.








*  *
*







Je retrouvais bien vite le sourire en fin de matinée quand je reçus un appel du médecin responsable de Michael Scofield au quartier psy. Celui-ci m’informa qu’il avait enfin révélé le nom de son agresseur au directeur et qu’il s’était très bien conduit ces trois derniers jours. Enfin il prononça les mots magiques : « Vous pouvez le réintégrer à l’Aile A dès que vous le souhaitez ! »

Si je le souhaitais ? J’en avais le sourire jusqu’aux oreilles ! Un sourire si large qu’il aurait presque fait le tour de ma tête. Je me sentais comme une petite fille impatiente et surexcitée.



Enfin mon dernier détenu quitta l’infirmerie. Il était 11h30 et j’avais donc largement le temps de rendre visite à Michael avant ma pause déjeuné.

-    Katie… Je vais du côté du quartier psy, je n’ai plus personne sur mon emploi du temps avant cet après-midi… Ca t’ennuies de prendre les urgences s’il y en a en mon absen…
-    File ma belle !
Me coupa Katie. Ton sourire de quatre kilomètres te trahit ! J’ai appris que Michael réintégrait sa cellule, c’est une excellente nouvelle.
-    Oui, son médecin vient de…
-    Allez, tailles !
M'interrompit-elle à nouveau en souriant. Rien ne me fait plus plaisir que de te voir aussi gaie ! Ne t’en fais pas, je ne pense pas qu’il y ait d’urgence, et s’il y en avait, je m’en occupe. Continua-t-elle en me lançant un clin d’œil significatif.





Cela faisait seulement trois jours que je ne l’avais pas vu mais cela me semblait être une éternité. Une infirmière m’accompagna jusqu’à la cellule qu’il occupait et me laissa à l’entrée de la porte.

Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine. Je souhaitais très fort que toutes ces idées de suicide soient parties de sa tête. Je soufflais un bon coup pour évacuer la tension et frappais à la porte.

J’ouvris lentement la porte et entrais timidement dans la petite pièce où seul un petit lit et une petite table en bois occupaient l’espace. Ses yeux se posèrent sur moi et son visage s’illumina instantanément.


-    Bonjour ! Lancions-nous en chœur.


J’approchai de lui en souriant et il m’invita à m’asseoir sur « son lit ». Je m’installais alors à ses côtés avec ce sourire qui ne voulait toujours pas quitter mes lèvres. Il était là… à quelques centimètres de moi. Son regard azur semblait briller de mille feux à cet instant. Nul mot n’était vraiment nécessaire à évoquer l’intensité de nos « retrouvailles ».



Enfin, je brisais le silence.

-    Vous voilà rétabli !
-    Oui ! Je me sens en pleine forme ! Sans parler de toutes ces petites activités plus attractives les unes que les autres que nous faisons ici !
S’esclaffa-t-il.
-    Votre médecin m’a dit que vous aviez parlé au Directeur à propos de votre agresseur…
-    Mmh… Oui, je…
-    Non Michael…
L’arrêtai-je en levant la main. Je ne veux pas savoir. Vous l’avez dit à la personne qu’il fallait, c’est le principal ! Maintenant, vous allez pouvoir revenir au sein de l’Aile A !

Michael sourit devant ma bonne humeur.

-    Vous allez pouvoir retrouver votre camarade de cellule, ce cher Sucre ! Plaisantai-je.
-    Et mon Docteur attitré… Enchaina-t-il d’un air taquin qui ne manqua pas de me faire rougir.
-    Je vois que vous n’avez pas perdu votre humour ! Souris-je. Je préfère vous voir comme ça que lorsque je vous ai trouvé en isolement il y a trois jours… Repris-je d’une voix plus grave.
-    Vous étiez bouleversée… Précisa-t-il.


A ses mots, je baissais la tête et sentis le feu envahir mes joues. Je ne pouvais plus tellement me défendre sur le sujet après m’être carrément trahie ! Je n’avais vraiment pas pu maîtriser mes émotions en découvrant qu’il avait voulu mourir.


-    C’est vrai, je l’étais… Mais j’étais aussi furieuse contre vous d’avoir ne serait-ce que pensé une seconde à cette ignoble issue.

Sentant que je commençais à m’emporter de nouveau sur le sujet, je me pinçais les lèvres pour m’empêcher de parler et levais les yeux sur lui. Il sourit timidement et me fixa de ses yeux si captivants à mon goût.

-    Tu m’as manqué…
Lâcha-t-il.



Ses mots me firent littéralement fondre alors que je me sentais encore une fois perdre pieds en me noyant dans l’océan de ses yeux… ses iris vairons qui se rapprochaient lentement de moi… de mon visage…

Je fixai à présent ses lèvres qui ne cessaient de se rapprocher des miennes. A cet instant, je savais qu’il n’était plus utile de lutter quand je sentis sa main se blottir dans ma nuque. Mon corps entier frissonna à ce contact.


La chaleur de sa main me fit comprendre en l’espace d’une seconde que nos cœurs battaient à l’unisson. Pour la première fois, je ne baissais pas les yeux.  Il m’hypnotisait littéralement sans laisser à mes sentiments, la moindre chance de se défiler. Je ne contrôlais plus rien, je n’étais plus maître de mes pensées, de mes actes, de… de ses lèvres qui se rapprochaient si dangereusement des miennes.

Un trouble s’empara de moi lorsque je sentis mes paupières se fermer. Enfin, ses lèvres arrivèrent dans une extrême douceur sur les miennes. Ce premier contact me fit frissonner. Nos lèvres se séparèrent presque instantanément comme si nous avions reçu un coup de jus… puis il reprit ma bouche une seconde fois avec plus de désir et d’ardeur, m’emportant dans un baiser passionné. Ses mains, guidées par le désir avaient glissé de ma nuque jusqu’à mon buste. Et moi… moi, je perdais pieds de seconde en seconde, emportée, kidnappée par le baiser de Michael Scofield. Mes mains encerclèrent son visage comme si j’éprouvais le besoin de me sentir encore plus proche de lui.


Michael termina notre premier baiser avec autant de douceur qu’il l’avait commencé. Les yeux fermés, je l’entendis murmurer tout contre mes lèvres.

-    Pardon… Je n’aurais jamais dû, je…  je ne peux pas…

Ses paroles provoquèrent en moi un mouvement de  recul. Encore abrutie par le baiser qu’il venait de me donner, aucun mot ne voulait sortir de ma bouche.

-    Sara, je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je…
-    Non… ne t’excuses pas.
L’interrompis-je, le cœur battant. C’est moi… Murmurai-je en me levant.



Ne pouvant soutenir son regard plus longtemps, je me retournais et quittais sa cellule sans plus attendre. Qu’avais-je fais ! Soupirai-je. Pourtant cette fois, je n’avais ni l’envie, ni le courage d’analyser ce qu’il venait de se passer entre nous. La réalité retrouverait certainement son chemin plus tard, mais pour le moment, je n’avais aucune envie de descendre de ce nuage qui me faisait me sentir plus vivante que jamais. Michael Scofield m’avait embrassé et j’étais certainement à cet instant, la personne la plus heureuse de l’univers.







*  *
*






Le sourire aux lèvres, je rejoignis ma voiture et rentrais chez moi pour le déjeuné. Je garais ma voiture sur le petit parking privé de mon immeuble et pris l’ascenseur pour rejoindre mon appartement. Les portes s’ouvrirent enfin.

-    Bonjour Sara !

A peine sortie de l’ascenseur, je m’arrêtais nette. Etais-je entrain de rêver ou Nika, LA poupée russe, la sauvage qui m’avait menacé puis attaqué, était sur mon palier ? Non, vraiment, cela ne pouvait être qu’un mirage !

-    Je suis désolée de vous déranger encore une fois mais…
-    Me déranger ?
Répétai-je sur un ton exaspéré. Si en russe, vous définissez le harcèlement physique et moral par le mot « déranger » alors oui, je crois que vous me dérangez !!


La jeune femme était bizarrement moins luisante qu’à sa dernière visite. Elle ne souriait pas et avait rangé ses mains et ses ongles affutés dans ses poches. Néanmoins, je restais sur mes gardes, me demandant bien ce qu’elle pouvait encore me vouloir.


-    Je dois vous parler…
-    Ah oui, vous parlez maintenant ? Après l’action, vous voulez tentez les mots !
Grognais-je, mauvaise.
-    Sara, je vous en prie, écoutez-moi… Ca ne prendra pas longtemps. Entrons chez vous et…
-    Chez moi ?
Hurlai-je comme si elle m’avait balancé une insulte en pleine figure. Jamais de la vie ! Rétorquai-je. Vous ne manquez vraiment pas de culot ma chère ! Vous pensez que je suis stupide au point de me laisser avoir une deuxième fois ?

Nika avança d’un  pas dans ma direction, comme s’il s’agissait d’un signe de paix.

-    Cette fois il ne s’agit plus de vous et moi, Sara… Je suis là pour Michael ! Lâcha-t-elle comme si ce simple prénom avait été une sorte de mot de passe pour que je lui ouvre ma porte et que je retrouve le sourire par la même occasion.


Je la dévisageais, tentant de percer sa véritable nature sur son visage, mais rien dans ses yeux en formes d’amandes ou sur sa bouche qui faisait la moue, ne m’aida.


-    Nous sommes partis sur un mauvais pied vous et moi…
-    C’est un euphémisme !
M’exclamai-je.
-    Sara… visiblement, nous sommes toutes les deux amoureuses du même homme mais…
-    Je ne vois pas de quoi vous voulez parlez.
L’arrêtais-je une fois de plus.


Ne sachant où elle voulait en venir, je continuais de nier tout en bloc. Dieu seul savait ce que cette petite manipulatrice avait derrière la tête. Je décidais donc de jouer la carte de la méfiance avant tout.


-    Ecoutez, je dois vraiment vous parlez… Michael a décidé de tenter quelque chose de stupide pour sauver son frère et je crois que c’est à vous de l’en empêcher ! Lâcha-t-elle.
-    De quoi voulez-vous parler ?
-    Laissez-moi entrer une minute et je vous expliquerai tout ça…
Reprit-elle tout sourire en se dirigeant vers ma porte.
-    Jamais de la vie !! Rétorquai-je, furieuse devant le culot qu’elle avait d’être revenue une nouvelle fois jusqu’ici et de caresser l’espoir que je puisse oublier ses menaces et son agression.
-    Mais enfin, pourquoi ?

J’étais folle de rage contre elle. J’avais demandé à Michael de ne pas intervenir dans cette affaire, mais je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas régler ça moi-même. Je la défiais du regard et m’approchais au plus près d’elle. Je glissais ma main dans mes longs cheveux, écartant les mèches qui couvraient ma joue, puis je retroussais mes manches.

-    Pourquoi ? Répétais-je d’une voix menaçante.


Nika observa l’hématome sur ma joue et les multiples bleus sur mes bras qu’avaient laissé ses nombreux coups. Sans doute en avait-elle également car j’avais riposté à son attaque pour me défendre… mais à en voir sa mine aussi surprise que défaite, j’en conclus que mes pauvres coups ne lui avait pas laissé autant de souvenirs que les siens.


-    Partez… Murmurais-je en la fixant droit dans les yeux.
-    Mais je…
-    PARTEZ immédiatement !
  Répétais-je d’une voix plus forte.


Tout mon corps était en alerte en sa présence. J’avais pu sentir son nouveau piège à dix kilomètres ! Et utilisez Michael comme appât était le plus ridicule des arguments.


La jeune femme m’envoya son regard le plus noir et tourna les talons de ses magnifiques chaussures dernier cri. Je la regardais jusqu’à ce qu’elle disparaisse de mon immeuble, les sourcils froncés. Quand je ne la vis plus, il me fallut encore dix bonnes minutes pour retrouver mon calme.




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par Pitchoune
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Dimanche 25 novembre 2007






2ème partie



De retour à Fox River après ce qui aurait dû être ma « pause déjeuné » et non ma « pause Nika », je repris mon emploi du temps en main, bien décidée à me remettre au travail.

-    Bonjour Docteur. Me salua David Apolskis.
-    Bonjour David. Il est rare de vous trouver par-ci, que se passe-t-il ?
-    Un mal de tête, Doc’ ! Un truc de malade, ça fait deux jours que j’ai mal, y’a rien à y faire !
-    Bien, je vais regarder ça… Sourais-je en attrapant son dossier médical.

Après avoir lu son dernier bilan de santé, j’allais me laver les mains dans le lavabo. C’est alors que je remarquais quelque chose sur le sol. Une carte… Je me baissais pour la saisir et reconnus tout de suite la photo de Michael Scofield et l’intitulé de sa carte : « Membre des T.P. ».

Je fronçais les sourcils en me demandant bien comment elle avait pu atterrir là et la glissais dans ma poche avant de retourner auprès de celui que tous les détenus surnommaient « Tweener ».






*  *
*






Lorsque j’eus terminé mes soins, j’allais retrouver Katie dans la salle de pause.

-   Je suis vannée ! Soupira celle-ci en s’affaissant sur l’une des chaises.
-   Heureusement ta journée est bientôt terminée. La rassurais-je. Moi, je sens que j’en ai encore pour un moment…


Je saisis la carte que j’avais rangé dans ma poche un peu plus tôt et la pointais sous le nez de Katie.


-   Pas si près ma jolie, mes yeux n’ont plus vingt ans ! Plaisanta-t-elle en éloignant mon bras de son visage.
-  C’est Michael Scofield ! J’ai trouvé la carte de T.P. de Scofield dans la salle d’examen ! Soufflais-je entre mes lèvres, exacerbée.
-  Tu as raison, ton destin est irrévocablement lié au sien ! Me nargua-t-elle.
-    Mais enfin Katie, comment a-t-il pu la laisser tomber là alors qu’il y a quelques heures encore, je l’ai vu au quartier psy !


Katie sourit en voyant quelle ampleur prenait chaque discussion ayant pour sujet Michael Scofield.

-    Calme-toi ma puce. Il a été transféré dans l’Aile A à midi et ils l’ont envoyé par la même occasion pour son injection d’insuline. C’était moi qui était de permanence pendant l’heure de midi, c’est pour ça que tu ne l’as pas vu…


Je m’assis à côté d’elle et poussais un long soupir. Cet homme commençait vraiment à me rendre dingue ! Je réalisais alors que je ne songeais plus à Michael en tant que « prisonnier » mais en tant qu’homme. Ce détail pourtant ridicule me flanqua une trouille bleue.

D’un côté, je n’étais pas mécontente de savoir qu’il était déjà passé pour son injection… Après notre baisé échangé de ce matin, je n’aurais vraiment pas su quoi lu dire en le revoyant si vite.


-    Il a dû faire tomber sa carte à ce moment-là. Conclut-elle. Désolée que tu l’ais manqué ma belle !
-    Ca ne fait rien Katie, je ne doute pas que tu ais pris soin de lui… Après tout, tu fais les piqûres tout aussi bien que moi ! Plaisantais-je.
-    Qu’est-ce que c’est que ce petit sourire en coin, jeune fille !


A cette remarque, j’ouvris de grands yeux et ressortis ma mine : « Je ne vois vraiment pas de quoi tu veux parler » pour l’occasion. En fait, j’avais l’impression que les lèvres de Michael étaient encrées sur les miennes depuis son baiser… ou alors il était inscrit partout sur mon visage ce moment volé. Quoi qu’il en était… Je ne voulais pas… je n’étais pas prête à parler de ça. Le règlement planait au dessus de ma tête et bien qu’il s’agissait de mon amie, je n’étais pas sûre de trouver les mots justes pour lui expliquer ce qu’il s’était passé.


-    Michael aura surement besoin de sa carte en tout cas. Nous savons très bien à quel point les gardes sont pointilleux sur ce genre de détails ! Lançai-je.
-    Alors… tu veux aller lui remettre ?
-   Parfaitement ! Lui souris-je. A cette heure-ci, il doit certainement être entrain de travailler avec l’équipe des T.P. justement !
-    Toi alors… S’esclaffa Katie.

Je lui rendis son sourire, les yeux pétillant et sentis des ailes me pousser lorsque je me rendis dans la cour.








*   *
*







La cour des détenus était déserte à cette heure, seuls les quelques membres des T.P. étaient autorisés à sortir pour travailler aux T.P.

Enfin, je trouvais un gardien et ressentis aussitôt un soulagement en constatant que ce n’était pas Bellick. Je pensais même que j’aurais préféré rebrousser chemin plutôt que de l’avoir encore en face de moi ces temps-ci.


-    Bonjour Docteur Tancredi. Vous avez besoin de quelque chose ? Questionna-t-il en me voyant arriver.
-    Bonjour Gary. Oui, j’aurais voulu voir Scofield une minute.
-    Scofield ? Il est là-bas, dans la salle de pauses des gardiens, il bosse avec les autres.
-    Je vous remercie, je n’en ai pas pour longtemps.
-    A votre service, Doc’ !


Suivant ses indications, je me dirigeais d’un pas léger vers la salle de pause des gardiens en plein stade de rénovement. Je savais que leur salle était temporairement inaccessible car cela faisait plusieurs semaines que je voyais Bellick rôder dans la salle de pause réservée à l’infirmerie. D’une façon ou d’une autre, Bellick ne manquait aucune occasion pour me casser les pieds.


Arrivée à la hauteur de la lourde porte bleue refermée, j’entendis les détenus à l’intérieur. Je souris en reconnaissant la voix de Michael. Pas de doute, il travaillait bien là.

J’ouvris la porte sans plus tarder et entrais dans la pièce.

Mon arrivée eut l’effet d’une brise glaciale en ces lieux. Tous arrêtèrent de parler et ne bougèrent plus, comme soudain paralysé par ma présence.


C’est alors que mes yeux rasèrent le sol. Au beau milieu de la salle, un trou on ne peut plus voyant avait été creusé. C-Note, Sucre, Abruzzi, Tweener, T-Bag, Lincoln et Michael se tenaient autour, les yeux rivés sur moi.

L’effroi me saisit, je n’en croyais pas mes yeux. Je ne bougeais pas d’un membre, incapable d’analyser ce qui se déroulait sous mes yeux. L’espace d’une seconde, j’eus l’impression que le temps s’était arrêté… que nous étions ainsi figés par un terrible sentiment de malaise. Soudain, la carte que je tenais glissa de mes mains et atterrit sur le sol.

-    Sara ! S’exclama Michael.

Je distinguais dans sa voix qu’il était réellement surpris et paniqué de moi voir. Seule devant cette horde d’hommes, je pris brusquement peur et me retournais enfin pour prendre mes jambes à mon cou et retourner là où je n’aurais jamais dû partir.



Tout se passa alors très vite. T-Bag bondit de sa place et m’attrapa violemment le bras, m’empêchant d’atteindre la porte.

-    Oh là ! Pas si vite ma jolie… Tu viens d’arriver, ce serait dommage de repartir si vite ! Siffla-t-il tout près de mon visage.

Mes traits se crispèrent instantanément. J’avais encore le goût amer de ma dernière aventure lorsque j’étais coincée à l’infirmerie le jour des émeutes.

-   T-Bag, lâches-là tout de suite ! Hurla Michael.

Le serpent entoura ma gorge de sa main et saisit un couteau qui se trouvait à proximité. Menaçant, il le pointa en direction de Michael.

-   N’approches-pas ! Grogna-t-il. Elle a vu le trou ! Je ne peux pas la laisser compromettre mon voyage en première classe !
-    Fais pas le con, T-Bag ! Intervient Lincoln en rejoignant son frère.


La seconde d’après, la lâme du couteau effleura le long de ma gorge. Mon souffle se fit plus court, je ne bougeais plus d’un pouce.

-    Calmez-vous les gars, si vous restez où vous êtes, je laisserais la Doc’ tranquille. Mais il y a une chose que je voudrais. Ajouta-t-il sur un ton menaçant.



Il se retourna vers moi et caressa ma joue en souriant. Je ne pus réfréner un gémissement de dégoût.

-    Alors ma belle, tu vas me donner ce que je veux ?
-    Lâches-là immédiatement ! S’exclama Michael de plus belle.
-    La ferme, Gueule d’ange ! Si tu ne te sens pas capable de lui prendre la clé, c’est moi qui vais m’en occuper… L’occasion est trop belle. Murmura-t-il dans le creux de mon oreille. Livrée à domicile, que demander de mieux… Fais un pas, Scofield et j’écorche la Doc’ sans hésiter !


T-Bag plaça de nouveau le couteau sous ma gorge alors que son autre main commençait à parcourir mon corps.

-    Où est-elle ? Où se cache-t-elle ? Chantonna-t-il d’une voix inquiétante.

Enfin sa main s’aventura dans l’ouverture de ma blouse et je le vis s’emparer des clés de l’infirmerie sans rien y comprendre.

Ne pouvant supporter ce supplice plus longtemps, Michael profita de cet instant d’inattention de la part de T-Bag pour se jeter sur lui. Il l’arracha à moi en le tirant violemment. Lincoln l’immobilisa. Une fois libérée, je ne restais pas une seconde de plus. Paniquée, j’ouvris la porte instantanément et m’enfuis.


-    Sara ! Cria Michael dans mon dos.

Il était lui aussi sortit et tentait de me rattraper.

-    Laisses-là Gueule d’ange ! Entendis-je derrière mon dos alors que je rejoignais la cour le plus rapidement possible.


Mais Michael ne les écouta pas et fut intercepté par les gardiens postés non loin de là. Lorsque je les entendis lui hurler de retourner travailler, je me retournais et croisais son regard navré et supplicateur.





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par Pitchoune
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Vendredi 30 novembre 2007
Une petite vidéo sur Prison Break que j'ai réalisé.
J'espère qu'elle vous plaira. 
Flower.gif

 



par Pitchoune
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Mardi 11 décembre 2007


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1ère partie



Mes heures de sommeils avaient tendances à se raccourcir de plus en plus depuis que Michael Scofield était entré dans ma vie. Mais cette nuit-là, je n’eus même pas le privilège de sombrer dans les bras de Morphée une seule seconde. Je me tournais et me retournais dans mon lit, encore et encore, froissant un peu plus mes draps qui ne faisaient qu’étouffer mes angoisses.


Je repassais la scène dans la salle de pause des gardiens une bonne centaine de fois dans ma tête, essayant de comprendre, de réaliser ce qu’il s’était passé… ce que j’avais vu. T-Bag, C-Note, Abruzzi, Westmoreland, Sucre, Lincoln et Michael autour de la plus épouvantable des découvertes. Un trou dans le sol, qui les mènerait irrémédiablement vers une évasion proche. Et cette clé que T-Bag m’avait si ignoblement volé… celle de l’infirmerie… comment… pourquoi ? M’énervais-je en agrippant nerveusement les draps entre mes mains.


Des images, des paroles venaient frapper mon esprit à chaque seconde, ne me laissant aucune chance d’échapper à ce que je ne voulais pas comprendre. Bien sûr il s’était fichu de moi ! C’était évident maintenant… Ces sourires pour m’amadouer, sa femme russe dans une poche, une carte de TP dans l’autre, ce trou qui lui offrait un passage pour la liberté, ajouté à ses longues minutes à inspecter chaque recoin de l’infirmerie… Ces bribes de souvenirs jasaient dans mon esprit depuis plusieurs heures, me criant ce que je ne voulais m’avouer. Michael Scofield projetait de s’évader et il était clair que l’infirmerie faisait évidemment parti de son plan. Jamais je n’avais présagé quel homme il était, je m’étais trompée sur toute la ligne, réalisant qu’il était en fait, bien plus complice de T-Bag, Abruzzi et compagnie que je ne l’aurais cru.


Comment pouvais-je être si aveugle ? Scandais-je tout haut en frappant du poing mon oreiller de rage.


J’aperçus le soleil pointer son nez depuis mon lit.  Le matin, déjà ! Soupirai-je exténuée et désorientée. Comment retourner à Fox River après avoir découvert la vraie facette de Michael Scofield et ce qu’il espérait réaliser à l’aide de ses complices ?


Devais-je alerter le Directeur ? Me demandais-je pour la énième fois alors que j’arrivais à la prison. Si je faisais ça, il était évident que Michael le paierait très cher, et que les recherches prouvant l’innocence de Lincoln s’arrêteraient aussitôt pour le mener irrémédiablement sur la chaise électrique. Etant moi-même intimement convaincue de son innocence, ma conscience pourrait-elle supporter un tel sacrifice par simple respect des règles ?


Plus j’avançais, plus mon esprit s’embrouillait. Sur le chemin menant aux bâtiments, je gardais les yeux rivés au sol pour ne pas croiser ceux d’un des détenus concernés par ce terrible secret. Westmoreland ! Soupirai-je. Comment un homme si bon et si honnête que lui avait-il pu être mêlé à ça ?



-    Salut Sara ! On dirait qu’on arrive en même temps aujourd’hui.

-    Katie !
Sursautais-je à son arrivée soudaine.



Nous longeâmes le chemin jusqu’à l’infirmerie ensemble. Sa présence ne m’accommodait guère pour une fois. J’avais trop peur qu’elle ne lise sur mon visage le malaise qui m’habitait à cet instant. Mon amie me connaissait décidément trop bien et je peinais de plus en plus pour me cacher lorsque ça n’allait pas.


-    Dis-donc, tu n’es pas très bavarde toi aujourd’hui, ça va comme tu veux ?
-    Ca va Katie. Je suis juste fatiguée.
Répondis-je sans prendre la peine de la regarder.
-    Je te crois, tu n’as vraiment pas bonne mine, tu aurais bien besoin de vacances !


Enfin, nous arrivâmes dans le couloir de l’infirmerie.

-    Ah ! S’exclama-t-elle joyeusement. J’en connais un qui va te redonner la pêche, ma  jolie !



Katie me sourit en désignant Michael qui attendait au bout du couloir devant la porte de la salle d’examen. La pauvre Katie était loin d’imaginer qu’au lieu de me faire plaisir, cette vision provoquait en moi une boule au ventre tenace et une incontrôlable envie de fuir.

Pourtant je devais y aller… Trop de regards dans cette infirmerie étaient rivés sur moi pour que je puisse prendre mes jambes à mon cou en évitant les soupçons. Cette fois, je devais maîtriser toute cette colère et cette déception qui pourtant ne demandaient qu’à exploser. Je devais marcher lentement jusqu’au bout du couloir pour le rejoindre et le faire entrer dans la salle.

Lorsque la porte serait enfin refermée derrière nous alors, je ne serais plus la même femme.






*   *
*





Une fois à l’intérieur de la pièce, je refermais la porte derrière moi et fermais les yeux une seconde pour me donner la force de ne pas succomber à ces savantes tentatives d’amadouement à mon égard.

-    Je suis heureux de te voir ! J’ai eu tellement peur que tu ne demandes à quelqu’un de te remplacer aujourd’hui… Soupira-t-il.

Lorsque je me retournais face à lui, toute trace de sourire sur mon visage avait disparu, mon regard frôlait le sol et mes sourcils reflétaient alors toute la colère et le désarroi que je pouvais ressentir à cet instant. L’homme en face de moi m’apparut soudain comme un inconnu qui aurait pénétré par effraction dans ma vie.


-   Ne compte pas sur moi pour entrer dans ton jeu plus longtemps Michael. Lâchais-je d’une voix froide.
-    Je vais tout t’expliquer…
-  Ne te donne pas cette peine ! Je crois que j’en ai assez vu pour comprendre… Je… je n’ai pas de mots pour te dire combien je suis écœurée de réaliser à quel point je me suis trompée sur ton compte…
-    Non Sara, non !
Intervint-il aussitôt en avançant vers moi.

Je lui fis signe de rester où il était. Je n’étais absolument pas d’humeur à ce qu’il essaye une nouvelle fois de « m’apprivoiser ».

-    Depuis combien de temps projetais-tu de t’évader ?
Questionnais-je, tête baissée.


Je l’entendis soupirer de loin. Et allez savoir pourquoi mais cette fois, j’avais l’intime conviction qu’il s’apprêtait à me dire la vérité. Mais quoi de plus normal maintenant que  j’avais tout découvert ? Songeais-je, amère.


-    Depuis le premier jour. Lâcha-t-il. Tu avais raison Sara, je ne suis pas un criminel, je n’ai rien à faire en prison, si ce n’est… pour tenter de sauver mon frère…


Aussitôt je relevais la tête, croisant son regard pour la première fois depuis le début de notre discussion. Comment discerner le vrai du faux à présent ? Michael s’était-il réellement fait emprisonner à Fox River pour sauver la vie de son frère ? Rien ne pouvait me certifier qu’il disait vrai mais à cet instant, et sans savoir vraiment pourquoi, je sentis qu’il était honnête.


-    Mon frère est innocent, Sara. Il est le seul être au monde qu’il me reste et crois-bien que je préfère sacrifier ma liberté plutôt que de le savoir exécuté sur une chaise électrique. J’ai absolument tout prévu pour notre évasion avant d’atterrir ici. Continua-t-il sans lâcher mon regard. Le plan de la prison, la marche à suivre, tout est tatoué sur mon corps…

Une grimace se dessina sur ma figure, folle de comprendre enfin ce que signifiaient ces tatouages insensés qui parcouraient tout le haut de son corps.

-    Je possédais tous les éléments pour mener à bien ce qui pourrait bien être la seule chance pour Lincoln d’arrêter de compter les jours qui lui restent à vivre… Tout sauf…
-    … la clé…
Le stoppais-je involontairement en laissant glisser de ma bouche l’évidence. Tu avais besoin de la clé de l’infirmerie et tu as demandé à Nika de…
-    Je lui en avais parlé c’est vrai, mais sachant ce qu’il s’était passé entre elle et toi, je lui ai demandé de ne rien faire… jamais je ne lui aurais dit de te voler la clé… pas plus qu’à T-Bag…
-  C’était toi.
Réalisais-je, estomaquée par ces révélations. C’était toi qui aurais dû me la subtiliser… alors pourquoi ne l’as-tu pas fait ?


Au son de mes mots, Michael détourna le regard et baissa la tête comme s’il ne pouvait plus regarder ma mine déconfite et la déception qui se lisait sur mon visage.

-   Je n’ai pas pu… Sara, tu es bien le seul élément dans toute cette histoire que je n’avais pas prévu…
-    Je t’en prie, épargne-moi les violons. Je te faisais confiance et tu m’as trahi.


Michael s’éloigna encore un peu plus de moi. Il semblait de plus en plus affecté par mes mots, comme s’il réalisait enfin ce que son mensonge provoquait.

-    Plus les jours passaient, plus cela devenait difficile de te cacher tout ça…
Soupira-t-il. Mais je devais le faire. Crois-moi Sara, j’ai surmonté bien des épreuves depuis que je suis ici, mais c’est toi qui m’a le plus affecté… lorsque je t’ai vu l’autre jour en isolement… que tu as cru que j’avais voulu… me pendre, tu étais si bouleversée….
-    … Mon Dieu, non…
Laissais-je échapper dans un soupir horrifié.


Atterrée par cet aveu, mon masque de fer tomba net, laissant apparaître sur mon visage une tristesse et une déception trop personnelle, trop intime à mon goût… Jamais Michael n’avait tenté de se pendre, cela n’avait été qu’une étape de plus à son plan. Il croisa à cet instant mes yeux de biche meurtris et baissa la tête pour ne plus les voir le dévisager sans pitié. Mal à l’aise, il se retourna face à la fenêtre par laquelle il avait déjà tant regardé.


-  Ca m’a foutu en l’air de te voir comme ça à cause de moi… j’aurais voulu tout te dire à ce moment là, j’aurais tant voulu te…
- Tu n’avais pas le droit !
Suffoquais-je, bouleversée. Comment peux-tu jouer avec les sentiments des gens…
-  Pardon…
Murmura-t-il, la tête appuyé contre la vitre de la fenêtre. Pardon pour tout ça…



Je me sentais blessée, trahis, abusée mais par-dessus tout ridicule… Je m’en voulais cruellement de m’être laissée avoir par cet homme qui n’avait finalement jamais levé le voile sur la personne qu’il était vraiment. Mon cœur se serra à la seule pensée qu’il avait pu être faux avec moi… moi qui l’avait écouté, épaulé depuis le tout premier jour ! Mais avait-il seulement été une seule fois honnête et sincère envers moi ? Me demandais-je en l’observant. Et son baiser… Soupirai-je tout en sachant que je n’aurais aucune réponse aux questions qui fusaient dans ma tête.





-   J’ai besoin de ton aide… une dernière fois… Reprit-il.
-  Je me suis battue avec mes armes pour t’aider… pour aider ton frère. Lançais-je. Crois moi j’ai fait tout ce que j’ai pu.
Que veux-tu de moi à présent Michael ?
-   Il faut que Lincoln sorte de sa cellule… il faut qu’il soit transférer à l’infirmerie.
-    Comment ?
-    Comme la dernière fois.
Répondit-il.

Cette réponse n’appelait pas d’autres explications à l’évocation de cette nuit où Lincoln avait été transféré d’urgence à l’infirmerie pour un mystérieux mal de ventre. A présent, il n’y avait plus aucun doute sur le fait que cet événement aussi avait fait parti de son plan.


-    Mais cette nuit, nous serons là et nous partirons…
-    Je ne peux pas.
Soufflais-je en réalisant ce qu’il me demandait.
-    Je t’en prie Sara, demandes à ce qu’il reste passer la nuit à l’infirmerie.
-  Peu importe si je le faisais, il y aura forcément un gardien pour le surveiller !
Continuai-je.
-   Nous serons sept hommes à entrer à ce moment-là, je ne pense pas qu’il veuille jouer au héro.







Je secouais la tête devant sa requête. Il était évident que si cet arrangement venait à être découvert, je perdrais non seulement mon travail mais j’aurais aussi très certainement de gros ennuis avec la justice. Pourtant mon cœur ne cessait de me pousser à aller dans sa direction et ma raison vers celle de son frère que je savais innocent.


Toute ma vie,
j’avais recherché à faire
les choses bien.

Etait-ce là une occasion qui se présentait à moi ?
Devais-je payer ce coup d’état de mon avenir
pour sauver un seul homme ?


Pourquoi continuer à me voiler la face ? C’était moi qui n’avais pas cessé de lui venir en aide alors qu’il avait tenté mainte et mainte fois de me repousser, de m’écarter le plus possible de son plan et de lui… Tout était de ma faute… Réalisais-je. Si j’avais su rester à ma place, jamais je ne sentirais mon cœur se fendre peu à peu dans ma poitrine à cet instant. Mais alors que s’était-il passé ? Me demandais-je. Comment avais-je réussis à me retrouver dans cette terrible situation ? Qu’avais-je fais pour qu’il finisse par baisser les armes et s’ouvrir à moi ?


Fâchée autant contre lui que contre moi-même, je secouais la tête en me pinçant les lèvres, ne sachant comment conclure ce discours. Pourtant il fallait que j’achève cette discussion… vite… très vite avant que la situation ne m’échappe plus qu’elle ne m’échappait déjà… avant que je ne trouve plus les mots ou pire… que je lui pardonne.








Ma main se posa sur la poignée de la porte. Michael fit volte face à cet instant.

-    Ca n’était pas sensé se passer comme ça… Déclara-t-il d’une voix affectée.
-    Ah oui, et comment cela aurait-il dû se passer ? M’emportais-je en relâchant la poignée pour lui faire face de toute ma hauteur.

Michael quitta la fenêtre et approcha à petits pas, la tête baissée.

-    Sara, c’est moi qui aurais dû te séduire… au lieu de ça, c’est moi qui ai été séduit.


Cette phrase m’explosa en plein visage, me laissant clouée sur place.

-    … j’ai trouvé toute la gentillesse, la générosité et le réconfort réunis en une seule femme.
Continua-t-il alors que sa voix perdait de plus en plus d’assurance. Tu… tu es arrivée si nature et sincère avec ton cœur sur la main…
-    Je t’en prie Michael… arrêtes…
Murmurais-je tout en le regardant, impuissante, s’approcher encore plus près de moi.  
-    Depuis le premier jour Sara, c’est toi qui a été mon ange gardien dans cette prison, tu m’as donné la force de continuer malgré tout, jour après jour. De toute ma vie, je n’avais jamais rencontré une personne qui me comprenne comme toi.


Il approcha encore, aussi doucement qu’il me parlait. Mais je ne pouvais plus… vraiment, c’était trop dur de l’entendre, de le regardez lire en moi avec ces yeux débordants de remords et de tendresse. La douleur qui grandissait au fond de moi me fit fermer les yeux pour mettre un terme à ce supplice que je n’aurais pu supporter plus longtemps. Je tournais la tête.


-   Tu as pris le temps de voir qui j’étais vraiment et personne… personne n’a jamais fait preuve d’autant de patience et de ténacité envers moi.
-   Arrête…
Répliquais-je en larmes.
-  Sara, aujourd’hui je te demande de faire ce qui est juste, ce qui te semble le mieux.
-  Est-ce que tu te rends compte de ce que tu mets sur mes épaules ?
Murmurais-je en essuyant les larmes qui roulaient sur mes joues.


Michael attrapa soudain ma main pour la serrer dans la sienne et que je cesse de fuir son regard ou de le fuir lui… tout court.


-    Je ne t’oblige à rien Sara. Je ne fais que te rappeler qu’il en va de la vie d’un innocent… mon frère. Je sais que tu es quelqu’un de bien et je te laisse le choix de faire ce qui te semble juste.


Ma vue commençait à se brouiller par mes larmes et plus aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Michael lâcha alors ma main, me laissant me noyer dans l’océan de ma détresse et continua son chemin jusqu’à la porte. Arrivé devant celle-ci, il s’arrêta.


-   Si cette nuit, si je parviens à sortir mon frère de cette prison, je n’aurais jamais ressenti deux sentiments aussi contradictoires. J’aurais sauvé mon frère mais je ne te reverrais plus...
Murmura-il d’une voix si douce que je pus à peine saisir ses mots.



J’entendis la porte se refermer et c’est seulement à ce moment-là que je me retournais. Il était parti.





*   *
*

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Samedi 5 janvier 2008
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2ème partie



Ma découverte m’avait littéralement assommée mais ce que Michael me demandait de faire état carrément impensable. Aucune personne ayant toute sa raison et une conscience professionnelle ne pourrait rendre un tel service. Alors pourquoi cela arrivait-il à moi ? Moi qui était si droite, qui m’acharnais à faire mon travail le plus sérieusement du monde, à respecter les règles à la lettre… Après ma cure de désintoxication, je m’étais jurée de faire tout au mieux pour moi et pour les gens qui m’entouraient. J’avais rassemblé tout le courage qui me restait pour reprendre ma vie en main et repartir à zéro. Mais apparemment, cette fois encore, le destin était décidé à me bousculer… me déstabiliser en me forçant à prendre une décision qui changerait une nouvelle fois, j’en étais certaine, le cours de ma vie.


« Faire ce qui est juste », me répétai-je en collant mon front contre la vitre de la salle de pause. Est-ce que bafouer les règles du pénitencier pour sauver un homme innocent de la mort était juste ? Est-ce que risquer de perdre le seul travail qui m’avait redonné un nouveau départ était juste ? Est-ce que la mort de ma mère, celle de Cooper était juste ? Autant de questions insensées me traversaient l’esprit à cet instant. J’avais essuyé tellement de sombres événements ces dernières années que j’en avais perdu le sens du mot : « juste ». Car aussi tristes que pouvaient être ces coups durs, je n’avais fait que les subir sans avoir eu la moindre chance de contrôler les choses. Et voilà que cette fois, le luxe du choix se posait entre mes modestes mains.


J’avançais d’un pas lent, presque absent jusqu’à  mon bureau et m’assis tout aussi timidement. Je fixais le téléphone qui se dressait devant moi comme l’objet de ma décision. Cette fois-ci,  Katie n’arriva pas en trombe dans la salle pour m’interrompre. Bellick ne se tenait pas sur le pas de la porte à m’observer pour m’inviter une nouvelle fois à dîner. J’étais seule… seule avec moi-même, prête à assumer la décision qui murissait dans ma tête depuis la première seconde où j’avais écouté avec terreur les paroles de Michael.


-   Allô, ici le Docteur Tancredi. Pouvez-vous monter Lincoln Burrows pour son bilan de santé, je vous prie…
-  Mais Docteur… Il est seulement planifié pour demain !
Me répondit le gardien.
- Ma journée de demain est surchargée, cela m’arrangerait de l’ausculter maintenant que j’ai terminé ma journée. Expliquai-je.
-    C’est vous qui voyez… je vous l’emmène, Doc’.


Je raccrochais en fermant les yeux. Ma voix n’avait pas tremblé et mon visage ne semblait vouloir trahir aucun de mes ressentis.

Lincoln arriva presque aussitôt, encerclé de deux gardiens.


-    Merci messieurs. Je vous demanderai de rester dans le couloir. Je vous préviendrai quand j’en aurais terminé.

Les gardiens s’écartèrent du prisonnier et reculèrent dans le couloir.







J’invitais Lincoln à entrer et le fis asseoir en évitant de le regarder.

-    Je ne me sens vraiment pas très bien aujourd’hui, Docteur. M’informa-t-il en crispant les traits de son visage.
-    Ca suffit Lincoln, je sais tout… Lâchais-je d’une voix froide.

Son air abattu et mal en point laissa immédiatement place à la surprise. Celui-ci était certainement plus habitué à connaître le médecin doux et compréhensif que j’étais en temps normal.

-    Ne vous forcez pas à jouer la comédie, Michael m’a tout raconté. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais oublier ce que j’ai vu dans la salle de pause des gardiens ?
-    Je vous en prie, Docteur Tancredi, ne prévenez pas le directeur…
S’alarma-t-il. Si vous parlez, je mourrai…



Je détournai la tête. Je ne voulais plus entendre ce mélodrame que j’avais repassé cent fois dans ma tête. Que croyait-il ? Que je prenais mon pied dans cette histoire ? A cet instant, je me demandais qui avait le plus mauvais rôle dans toute cette histoire… Lui qui voyait la mort se rapprocher à chaque seconde ou moi qui portais son destin ainsi que le mien entre mes mains.

Je me sentis soudain comme un soldat devant exécuter un ordre. Je ne pensais plus.



-    Ecoutez-moi attentivement, Lincoln, car je n’aurais pas le courage de répéter ce que je m’apprête à vous dire.

Le jeune homme se figea et me dévisagea. Toute son attention était désormais portée sur moi. Son regard était presque aussi accrocheur que celui de son frère mais celui-là possédait cette marque indescriptible des sacrifices qui avaient dirigé sa vie.

-    Je vais retourner dans le couloir et expliquer aux gardiens que vous êtes souffrant et que je préfère que vous passiez la nuit en observation à l’infirmerie pour établir un nouveau bilan à la première heure demain matin. Je suppose qu’ils nommeront un gardien pour vous surveiller ici cette nuit… comme la dernière fois.
Lançais-je d’une traite.
Pour le reste, c’est à Michael qu’il faudra vous en remettre.


Sur ces mots, je le fixais une dernière fois, comme si j’étais persuadée qu’après avoir passé cette porte, je ne le reverrai plus jamais… ni lui, ni son frère.

J’enfilais mon manteau silencieusement, m’apprêtant à quitter l’infirmerie quand je vis Lincoln s’avancer vers moi. Il attrapa mon bras et me lança un regard plein de gratitude.

-    Merci pour tout, Docteur. Vous ne pouvez pas savoir ce que cela représente pour moi et pour mon frère… Dit-il d’une voix douce.

Mon regard croisa le sien mais seul un visage froid et distant lui fit face.

-    Adieu Lincoln. Répondis-je d’une voix sans intonation.



Je retirai mon bras et sorti, fermant vivement la porte derrière moi. L’espace d’une seconde, je crus étouffer sous la lourdeur et l’énormité de ce que je venais de faire.







*   *
*








Voilà, les gardiens avaient reçu l’ordre de ne pas redescendre Lincoln dans sa cellule et déjà l’un d’entre eux avait été désigné pour le surveiller dans la salle. Il était tard et le directeur était déjà parti, je savais qu’il ne serait donc pas au courant de cette information avant le lendemain.

Malgré mon air assuré et mon calme, je sentais que j’allais bientôt céder à la panique si je ne quittais pas vite Fox River. En quelques enjambées, j’attrapai mon manteau dans la salle de pause et longeai le couloir de l’infirmerie, direction la sortie.


-    Bonne soirée Docteur ! Lança poliment un gardien.
-    Bonsoir. Répondis-je en évitant son regard.



Lorsque je longeais la cour, je courrais presque mais continuais à m’obliger de rester calme. Enfin, je retrouvais ma voiture et m’y engouffrais rapidement. Mes émotions ma rattrapèrent à ce moment-là, m’empêchant de mettre le contact. Comment avais-je pu faire ça ? Sanglotais-je. A cet instant, je ne savais plus si j’étais un traitre ou un héro. La réalité me gifla de plein fouet. J’allais perdre mon travail, ce n’était à présent qu’une question d’heures avant que l’évasion ne soit découverte et qu’une enquête révèle mon rôle dans cette histoire. N’importe qui aurait pu affirmer aujourd’hui ma bonne entente avec Michael Scofield. La pensée de perdre ce travail et la honte d’avoir trahis le Directeur Pope et en un sens mon amie Katie me brisa. Mais bizarrement, ce n’était rien comparé à la douleur que je ressentais de savoir que je ne reverrais plus jamais Michael.


-    Pourquoi ? Murmurais-je entre mes lèvres entre deux sanglots. Qu’est-ce que j’ai fait ?


Mon cœur tapait de plus en plus fort dans ma poitrine, j’aurais voulu hurler l’injustice dont j’étais victime… celle que je m’étais contradictoirement infligée.

Mais je ne devais pas rester là, n’importe qui aurait pu me trouver sur le parking et me voir dans cet état. Je démarrais donc et quittais Fox River certainement pour toujours.




J’étais à présent sur le périphérique bondé de monde qui me ramenait chez moi. Mes mains tremblaient sur le volant et un flot de larme broyait ma vue. Je ne cessais de repasser les derniers événements dans ma tête, en oubliant presque la route et la circulation. Pourtant j’aperçus des appels de phares derrière moi. Les feux de route de la voiture derrière moi se reflétaient dans mon rétroviseur, ne me laissant aucune chance de distinguer le visage de son conducteur. Aveuglée aussi bien par mes larmes que par ce torrent de lumière, je repoussais mon rétroviseur.


J’arrivais ensuitesur le pont qui traversait le lac Michigan et constatais que la voiture me suivait toujours. Elle se rapprochait d’ailleurs de plus en plus près de moi. La voiture accéléra encore, m’obligeant à augmenter ma vitesse. Décidément quel chauffard ! C’était bien ma journée ! Pourquoi ne doublait-il pas sur la gauche ? Me demandais-je. Accélérant encore derrière moi, je décidais de me mettre moi-même sur la voix de gauche afin de le laisser passer une bonne fois pour toute. Le conducteur donna alors un violent coup de volant sur la gauche, m’obligeant à rester dans ma voix. Quand je compris que cette personne en voulait alors à moi, tout se passa très vite.


La voiture se rabattit derrière moi et me fonça dedans une première fois. Le choc me fit bondir en avant et perdre le contrôle de la voiture. J’étais à présent à sa merci. Le véhicule accéléra une nouvelle fois et heurta l’angle de ma voiture qui perdue sa trajectoire et heurta la barrière de sécurité qui se défonça sous l’impact du choc. Ma tête heurta le pare-brise à ce moment-là. Ma voiture, mon corps et mes pensées plongèrent dans l’infini du lac Michigan. Encore une fois, quelqu’un avait choisi à ma place mon destin.




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