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  • : Du Côté de Sara Tancredi
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  • : Fanfiction Prison Break Loisirs
  • : Voici ma fanfic "Du Côté de Sara"... Elle raconte l'aventure Prison Break à travers les yeux de Sara Tancredi. Cette fanfiction est un mélange entre les événements de la série et d'autres séquences que j'ai imaginé. A vous de me donner vos impressions ! En espérant que cette histoire vous plaise... Bonne lecture ! ;-)
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Mardi 28 août 2007
Par Pitchoune
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Mardi 28 août 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-9.gif




Le lendemain matin de la tragédie, je me réveillai à mon heure habituelle. Je me redressais avec difficulté pour m’asseoir dans mon lit quand je sentis une douleur fulgurante envahir mon bras.

« Ca n’avait rien d’un rêve ! » constatai-je alors en parvenant à quitter mon lit, direction la salle-de-bain. D’ailleurs, j’avais très peu dormi cette nuit. Mais quoi de plus normal ? Qui serait parvenu à trouver le sommeil après avoir vécu une journée comme la mienne ? Je songeai alors à Michael… Lui aussi avait vécu bien des émotions ! Je priai intérieurement que personne ne lui ait fait de mal et qu’il ait pu regagner sa cellule sans histoire !

Autant le drame vécu avec les prisonniers à l’infirmerie était ancré d’une profonde réalité, autant le sauvetage de Michael et ces moments intenses échangés me semblaient émaner tout droit de mes rêves les plus profonds !


Je souris alors en pensant à Katie… Lorsqu’elle avait appris la nouvelle, elle avait tout de suite foncé à mon appartement et s’était occupée de moi comme une mère toute la soirée ! J’avais eu beau lui répéter que je n’étais pas en sucre, elle culpabilisait tellement de ne pas avoir été là qu’elle aurait fait n’importe quoi ! Mais surtout, elle avait adoré mon histoire de « Roméo et Juliette », comme elle l’appelait. J’avais évidemment dû lui avouer que Michael Scofield avait volé à mon secours… mais j’avais pris soin de garder ces petits détails qui me chatouillaient le ventre à chaque fois que j’y repensais, pour moi…

Pour ajouter à mon insomnie de la veille, j’avais sans cesse ces questions sans réponse qui fusaient dans ma tête… Comment Michael connaissait-il si bien cette prison ? Pour moi, elle était encore une véritable galerie ! Malgré une visite à mon arrivée, je ne comptais plus les fois où je m’étais perdue les premiers jours ! Lui était là depuis peu et connaissait déjà les moindres recoins de Fox River ! Songeai-je sans perdre à l’esprit que quelque chose clochait vraiment. Mais je ne pouvais pas en parler au Pope ! Comment aurais-je pu créer des ennuis à l’homme qui m’avait sauvé la vie ?  Je décidai alors de mener moi-même mon enquête !

Je sortis enfin de ma douche et fonçai rejoindre ma voiture. Il était largement temps de me rendre à mon travail !








- Oh Sara, tu es vraiment têtue ! S’exclama Katie en me voyant arriver dans le couloir de l’infirmerie.
- Bonjour Katie !
- Tu aurais dû rester chez toi à te reposer et te remettre de tes émotions, ma belle ! Tu es folle de revenir si tôt.



Katie n’avait pas tout à fait tort. Je ne me sentais pas tout à fait bien… Une grosse boule m’avait paralysé le ventre lorsque j’avais pénétré dans l’aile B en arrivant et je tremblais déjà à l’idée de retrouver les détenus de la veille sur mon emploi du temps. Mais s’il y avait une chose que mon père m’avait apprise, c’était à me battre, et à ne pas me laisser envahir par la peur et l’angoisse. Si je n’étais pas revenue aujourd’hui, je pense que je ne serais plus revenue du tout. «  Il faut battre le fer pendant qu’il est encore chaud ! », aurait ajouté mon père…

-    Je vais très bien, Katie ! Je te remercie encore d’être passée hier soir, mais comme tu le vois, aujourd’hui, je vais bien mieux.
-    Mais ton bras…
-    Les ambulanciers l’ont examiné hier et me l’ont soigné… Ce n’est pas bien grave et je ne peux rien faire de plus pour le moment. Je refuse de rester dans mon lit toute la journée pour un bras bandé !
Sourirai-je alors.
-    Mh… De toute façon quand tu as une idée dans la tête…
-    Exactement !
La coupai-je en me forçant un peu à rire.






Le responsable des TP des prisonniers arriva alors dans la salle de pause pour nous saluer.

-    Mesdames, bonjour ! Chantonna-t-il visiblement de bonne humeur.
-    Salut Ron ! Lançâmes-nous en chœur.
-    Sara, vous êtes déjà de retour parmi nous ? Vous auriez au moins dû prendre une journée pour vous reposer…
-    Je vais très bien, Ron… Je n’avais pas envie de tourner en rond chez moi !



Le jeune homme aux yeux noisette me répondit en souriant. Je savais que ma réponse était un peu ridicule mais c’était pourtant la vérité ! Bien sûr, je n’ignorai pas que les trois-quarts du personnel de Fox River ne se faisaient jamais prier pour prendre un jour dès le moindre signe de faiblesse ! Il était vrai que l’atmosphère entre les murs du pénitencier était incroyablement pesante, je m’en étais moi-même aperçus dès mon arrivée… Mais aussi fou que cela pouvait paraître, je m’y étais habituée.

-    Je vais retrouver mes gars, c’est l’heure de les faire bosser un peu ! Lança Ron sur un ton enjoué.
-    Attendez ! L’arrêtai-je alors qu’il longeait déjà le couloir.
-    Oui Sara, qui-a-t-il ?
-    J’ai une question à vous poser au sujet des T.P. justement…
-    Bien… je vous écoute !
Me sourit-il en observant ma chevelure.
-    Voilà… J’aurais voulu savoir s’il vous arrivait d’envoyer, de temps à autre, les détenus nettoyer les moisissures des faux-plafonds ?

Ronald parut des plus surpris. Moi-même, je n’étais pas étonnée de le voir réagir ainsi. Je me doutais bien que ce n’était pas dans les habitudes de la maison d’affecter les détenus à de pareilles tâches. Néanmoins, je devais l’entendre sa bouche.

-    Bien sur que non, Sara ! Jamais de la vie ! Ces prisonniers sont tenaces, mais on ne les envoie tout de même pas s’intoxiquer ! Habituellement, on leur donne des travaux dans la cour ou aux alentours, histoire de les épuiser un peu… Expliqua-t-il.
-    Je vois… Je vous remercie, Ron. Bonne journée !

Toujours aussi étonné de ma question, il me jeta un regard interloqué par-dessus son épaule et quitta l’infirmerie. Je le regardai à mon tour en haussant les épaules et regagnai la salle de pause… la tête de nouveau pleine de questions.


Katie préparait du café pendant que je jetais un coup d’œil à l’infirmerie. Une foule d’images de la veille me percutèrent alors l’esprit. Non ! Je ne voulais pas me laisser envahir ! Ils avaient essayé de m’avoir et je m’en étais sortie, maintenant il fallait tourner la page et avancer…

-    Oh ! Et quelle histoire incroyable ! Scofield qui court à ton secours, franchement on ne peut pas faire plus romantique !
-    Arrêtes Katie… J’ai eu de la chance, un point c’est tout !
-    Tu rigoles ! C’est digne d’une série télé ton truc !


Nous bûmes alors notre café en riant à propos de mon sauveur aux yeux doux.

-    Katie ? Est-ce que tu ne trouves pas bizarre que Michael ait réussi à rejoindre l’infirmerie par les faux plafonds depuis l’aile A ? Finis-je enfin par demander.


Katie réfléchit un instant et partit en direction de la salle où étaient enfermés les dossiers des prisonniers. Quelques secondes plus tard, elle revenait en brandissant celui de Scofield.


-    Tu as dis bizarre, ma chère ? Reprit-elle alors d’un air mystérieux.
-    Qu’est-ce que tu as là ? Questionnai-je en essayant de regarder par-dessus son épaule.
-    Tu n’as pas dû assez éplucher son dossier… Car tu aurais vu que notre petit nouveau ne souffre pas seulement de diabète !

De plus en plus perplexe, je finis par m’asseoir et me décidai à l’écouter avec attention.

-    Il est indiqué sur la partie médicale qu’il aurait suivi des séances avec un psychologue durant une période… Scofield souffre d’ « inhibition latente ».
-    Mais enfin… Qu’est-ce que cela veut dire ?



Une infirmière entra en trombe dans la salle de pause, interrompant cette discussion qui commençait à être intéressante et qui aurait pu me donner des réponses à ces nombreuses questions qui ne me quittaient pas.

-    Katie ! On a une urgence avec un détenu, tu peux nous donner un coup de main ?
-    Bien sûr ! J’arrive immédiatement !
Répondit-elle en se levant. Sara, ma puce, je t’expliquerais ça à la fin de notre garde ce soir… Mais ne t’inquiètes pas pour lui et vas travailler sans te prendre la tête.






A mon tour, je commençai alors calmement ma journée avec les détenus les plus gentils et  les plus calmes qui soient. La différence avec ceux de la veille était sans équivoque !  Les heures avaient défilé comme un éclair et il serait bientôt l’heure du déjeuné. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’aperçus ce cher Charles Westmoreland au bout du couloir.


-    Laissez-moi passer ! Hurla-t-il. Je dois voir le Docteur Tancredi immédiatement !

De toute évidence il s’était passé quelque chose, constatai-je en entendant la voix meurtrie de Charles. Vite, je me précipitai à sa rescousse alors que deux gardiens l’encerclaient.

-    Messieurs ! Voulez-vous lâcher cet homme ! Grondais-je.


Je n’avais évidemment aucun pouvoir sur eux mais les deux armoires à glaces m’écoutèrent et ôtèrent leurs grosses pattes du vieil homme… ce qui me laissa entrevoir une chose à laquelle je ne m’attendais vraiment pas.

-    Sara ! Il faut que vous m’aidiez ! Sauvez Marilyn, je vous en prie !

Je sentis l’urgence et la supplication dans sa voix mais… un chat ? Aussi ravissante que pouvait être la petite Marylin, je n’avais jamais fait d’études sur les animaux et encore moins pratiqué de soins…

-    Charles, voyons… Je ne suis pas vétérinaire… Tentai-je de lui expliquer. Que lui est-il arrivé ?
-    Je n’en sais rien… Je l’ai trouvé comme ça sur mon lit au retour de la pause.



Quel détenu assez immonde aurait pu s’attaquer à cette pauvre bête qui n’avait jamais fait de mal à une mouche ? Me demandai-je alors. Cette agression était de très mauvais goût, en particulier pour Charles qui aimait cet animal plus que tout.

-    Je vous en prie Sara, sauvez ma petite Marilyn !

Devant les yeux suppliant de Charles et sa profonde confiance en moi, je pris l’initiative d’ausculter la minette.

-    Très bien, je vais voir ce que je peux faire.
-    Merci de tout cœur, ma petite Sara !
Dit-il d’une voix débordante de reconnaissance qui ne manquait pas de me mettre mal à l’aise.


Charles Westmoreland allongea le corps inerte de Marylin sur le lit d’auscultation. J’enfilai alors mon stéthoscope et écoutai son cœur qui ne battait plus que faiblement.

Je n’avais même jamais soigné un animal de ma vie ! Lorsque j’étais enfant, nous avions un chien nommé « Pash » mais c’était davantage ma mère qui s’en occupait tandis que je me contentais de jouer avec lui et de le câliner.

J’entrouvris ensuite la gueule de l’animal et ouvrit de grand yeux lorsque j’aperçus la couleur anormale de sa langue. Elle était bleue-violette et ne pouvait alors signifier qu’une seule chose à mes yeux.


-    Charles, je regrette… Marilyn a été empoisonnée ! Murmurai-je, peinée de cette découverte.

Le vieil homme porta ses mains à sa bouche avec horreur.

J’écoutai une nouvelle fois le cœur du félin et découvrit alors logiquement que celui-ci s’était arrêté. Malgré ma bonne volonté, je savais que je n’aurai rien pu faire pour sauver Marylin si elle avait été empoissonné il y avait plus d’une heure.

-    Ma… ma petite Marylin… Soupira Charles d’une voix remplie de larmes.

Il passa sa main sur son corps encore chaud et caressa sa jolie robe tigrée. Le vieil homme avait vécu près de dix ans en compagnie de sa minette. Qui pouvait en vouloir assez à un homme aussi adorable que Westmoreland  pour faire une chose aussi atroce ? Me demandai-je en fronçant les sourcils.

-    Je suis profondément désolée, Charles.




*   *
*







Dans l’après-midi  arriva enfin le détenu que j’attendais avec le plus d’impatience depuis ce matin.

-    Docteur Tancredi ? S’exclama-t-il en pénétrant dans la salle tout sourire.
-    Bonjour Michael.

Intrigué, il s’assit et me regarda sans comprendre.

-    Je ne m’attendais vraiment pas à vous voir ici aujourd’hui…
-    Ce n’est pas comme ça que vous réussirez à vous débarrassez de moi !
Plaisantai-je.
-    Je ne pensais pourtant pas avoir rêvé la journée d’hier… Murmura-t-il alors.


Je levai sur lui un regard profond, plein de reconnaissance et de gratitude. Michael Scofield avait vraiment le triomphe modeste !

-    C’est ce que je me suis dit ce matin en me réveillant… Mais je ne vais pas laisser cet incident ruiner ma vie professionnelle… Clarifiai-je.


Il me regarda alors préparer la piqûre d’insuline et observa mon bras bandé.

-    Comment va votre bras ?
-    Ca va… J’ai été très bien soigné ! Bon, peut-être que je suis un peu moins rapide dans mes mouvements aujourd’hui…
Admis-je. Mais je m’en sors très bien jusqu’à présent.


Michael retroussa alors la manche de sa nouvelle chemise… la dernière ayant servit de pansement à mon bras ! Me rappelai-je en lui injectant sa dose d’insuline. Des images flashèrent soudain dans ma tête.




Les mains de Michael dans mon cou, sur mes joues…
Moi qui me jetais dans ses bras
et lui qui me serrait de toutes ses forces contre lui…

Ses mains qui se resserraient autour de ma taille
et ses yeux qui plongeaient dans les miens…
Le choc de notre chute et son corps allongé sur le mien…





Ces souvenirs me laissèrent rêveuse et engourdie. Je secouai soudain la tête comme pour les chasser de mon esprit.

-    Et vous… Comment s’est passé votre retour en cellule ? Interrogeai-je enfin, après m’être posé la question une centaine de fois en essayant de trouver le sommeil la nuit passée.
-    Les gardiens ont d’abord crû que j’avais essayé de vous faire du mal… Expliqua-t-il d’un ton solennel.
Heureusement, Pope a crû à mon histoire, apparemment vous avez éclairci les choses avec lui et je n’ai pas eu de problème… On m’a laissé regagner ma cellule tranquillement.

Je l’écoutais avec attention. J’avais bien fait d’aller trouver le directeur avant de repartir chez moi… Je m’en serais tellement voulu s’il lui était arrivé quoi que ce soit ou si les gardiens l’avait envoyé  en isolement par ma faute ! Surtout après qu’Henry Pope ait découvert la chemise de Michael autour de mon bras ! Je n’aurais pas voulu qu’il s’imagine quoi que ce soit… Dans mon intérêt comme dans celui de Michael.

-    Merci pour tout Michael… Merci de ce que vous avez fait pour moi ! Murmurai-je sans oser affronter son regard.
-    Il n’y a pas de quoi, Docteur. Vous êtes saine et sauve, c’est tout ce qui importe.
-    Vous m’avez sauvé la vie !


Dans un élan, Michael saisit alors ma main et la serra dans la sienne comme pour me montrer à quel point notre aventure de la veille l’avait touché.

-    Je devais vous aider… Répliqua-t-il alors d’une voix dure et grave.

Nos regards se croisèrent enfin et s'enflamèrent de la même intensité que la veille.



-    Michael ! Cria une voix depuis le couloir.

Je me retournai aussitôt et aperçus Lincoln Burrows, menotté et enchainé dans le couloir, encadré de gardiens, comme à chacune de ses visites à l’infirmerie.

-    Lincoln !


Michael se leva précipitamment et se précipita jusqu’à la porte de la salle. Il vit alors à travers la vitre fraîchement remplacée, son frère qui attendait.

-    Mon frère est là ! S’exclama-t-il à mon attention.
-    Je sais Michael… Je vous avais dit que je ferais en sorte que ses bilans de santé coïncident avec vos visites…


Le jeune homme ne quitta pas son grand frère du regard. Il savait que ses jours étaient comptés et qu’il ne pouvait même pas profiter du temps qu’il lui restait à ses côtés. « Quoi de plus cruel que d’attendre la mort de son frère et de se sentir aussi impuissant », me dis-je en les regardant tous les deux s’échanger des regards tristes à en mourir.

-    Je vais vous laisser rejoindre votre cellule, Michael… Lançai-je pour qu’il puisse au moins croiser Lincoln dans le couloir.
-    Merci Docteur ! On se voit demain !

Je le regardai quitter la salle et se diriger vers son frère. Arrivé à peine à quelques mètres de lui, un gardien retient violemment Michael par le bras et lui fixa illico ses menottes. Les deux frères n’avaient même pas eu le temps d’échanger une parole !



*   *
*




Enfin ! Je scrutais de long en large mon emploi du temps… J’en étais arrivée au bout ! Cette journée avait été longue et éprouvante, et j’étais encore une fois la seule à finir aussi tard. D’ailleurs, Katie était déjà partie depuis longtemps chercher ses enfants à l’école ! Soupirai-je en pensant que je n’aurais pas la suite de cette intrigante histoire avant demain.


Mais la curiosité m’emporta encore une fois et je décidai d’appeler le psychanalyste qui était indiqué sur le dossier de Michael Scofield. Tout y était noté, jusqu’à ses coordonnées.

-    Oui, bonsoir, je suis désolée d’appeler à cette heure-ci, mais j’aimerais parler au Docteur  David George Brighton, s’il vous plait ? Dis-je d’une voix de miel.
-    Vous avez de la chance ! S’exclama la secrétaire. Le Docteur Brighton allait justement quitter son bureau, je vous le passe !
-    Merci beaucoup !



J’attendis quelques secondes en me demandant ce que j’étais entrain de faire ? Que voulais-je savoir exactement ? Il était de toute façon trop tard pour revenir en arrière et je décidai alors de me jeter à l’eau.

-    Bonjour Docteur. Je suis le Docteur Sara Tancredi, je travaille au pénitencier de Fox River et j’aimerais avoir quelques indications sur l’un de mes patients…
-    Je n’aime pas tellement révéler les entretiens que j’accorde à mes patients… Vous devriez savoir que le secret médical me l’interdit, Dr. Tancredi…
-    Bien sûr… Mais il s’agit de Michael Scofield ! C’est moi qui m’occupe de ce détenu et … comment dire… J’ai l’impression que je pourrai lui venir en aide !
-    Si vos intentions sont pures, alors je peux comprendre.
Plaisanta-t-il.
-    Il est écrit sur son dossier médical qu’il souffre d’« inhibition latente ». Je vous avoue que je connais très mal ce terme…
-    Michael était un patient très spécial et à vrai dire, je l’aimais beaucoup…
Commença-t-il d’une voix émue.


Je m’efforçais de ne pas l’interrompre et de ne pas le bombarder de questions. Le Docteur Brighton paraissait décidé à m’en dire un peu plus sur Michael, je n’allais donc pas me faire prier pour l’écouter attentivement.


-    Les personnes qui souffrent d’inhibition latente sont assez rares finalement… Ils voient les objets du quotidien tel que nous les voyons nous-mêmes comme par exemple une simple lampe… Mais alors que nous nous contentons de nous représenter l’image de cette lampe… ils se la représentent entièrement… avec tout ce qu’elle contient : le pied, l’ampoule, les vices, jusqu’aux détails du mécanisme à l’intérieur. Leur cerveau est plus ouvert que le notre à tous les stimuli de l’environnement. Continua-t-il d’un ton monocorde.
Des gens normaux comme vous et moi, rejetons ce surplus d’information… Tout simplement pour ne pas devenir fou.
-    Je vois… Me contentai-je de dire pour ne pas l’interrompre.
-    Cet étrange phénomène occasionne parfois des maladies mentales pour les personnes possédant un faible Q.I. Mais pour ceux d’un fort Q.I., au contraire… cela fera presque toujours d’eux des génies…
-    Vous voulez dire que…
-    … que Michael est un génie ?
M’interrompit-il. Oui, sans aucun doute !


Ebahis par ce que je venais d’entendre, je restais sans voix de l’autre côté du fil.


-    Michael est également un jeune homme très à l’écoute de la souffrance d’autrui. Cela est certainement dû à la perte de ses deux parents. Il est d’ailleurs devenu sauveteur à une époque… Il était bien moins préoccupé par sa sécurité que par celle des autres !
-    J’ignorais tout cela…
Murmurai-je, saisie par ces révélations.
-    Peu de gens connaissent réellement Michael Scofield, si vous voulez mon avis. Et je pense qu’il est encore moins facile de briser sa carapace maintenant qu’il est en prison !
-    Merci pour tous ces renseignements, Docteur. Ils me serviront pour lui parler, sans aucun doute !
-    Si j’ai pu vous aider, j’en suis ravie ! Bonne soirée, Docteur Tancredi.






*   *
*




Chapitre-10.jpg








Par Pitchoune
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Mardi 4 septembre 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-10.gif



Le lendemain matin, je me rendais à mon travail à mon heure habituelle. Je décidai de m’arrêter une minute devant la grille qui séparait le chemin de la cour pour tenter d’apercevoir Michael Scofield. Je le vis, quelques mètres plus loin, entouré de T-Bag et Abruzzi, deux détenus dont il valait mieux se tenir loin d’après ce qu’on en disant.


T-Bag s’approcha de Michael, d’un air menaçant et je l’aperçus lui susurrer quelques mots à l’oreille. Abruzzi attrapa le col du serpent et l’obligea à reculer de quelques mètres.


Je me trouvais toujours postée devant la cour et alors que certains détenus commençaient à me siffler pour attirer mon attention, je finis par continuer mon chemin, jugeant que ce n’était apparemment pas le moment de déranger Michael.

-    Docteur ! Ne vous sauvez-pas ! S’exclama-t-il en avançant vers moi.
-    Bonjour Michael. Je suis désolée, je croyais que vous étiez occupé.

Voyant que je m’arrêtais, le jeune homme ralentit le pas et s’avança jusqu’à ce que la grille ne l’arrête.

-    Vous vouliez me parler de quelque chose ?


En entendant sa question, je me mis à penser que je paraitrais vraiment idiote si je lui disais que j’avais tout simplement eu envie de lui dire bonjour… Heureusement, cette fois-ci, j’avais une autre raison. Mais de l’avoir vu avec les détenus les moins dociles de la prison m’intriguait et je décidai tout d’abord d’en savoir plus.


-     Je vous ai vu en compagnie de T-Bag et Abruzzi. Je crois savoir que ce ne sont pas les meilleures fréquentations de Fox River… Vous… vous devriez vous méfier, Michael…
-    Merci de votre conseil, Doc’. Mais vous savez, la cour n’est pas très grande et on ne peut pas toujours se cacher dans les coins… A un moment ou un autre, on finit par croiser des prisonniers moins sympathiques que les autres.
-     Sans doute…
Répondis-je les yeux dans le vague.


J’espérais vraiment qu’il disait la vérité et qu’il n’était pas mêlé à une affaire quelconque avec l’un des deux hommes car je savais que cela pouvait vite devenir dangereux d’entrer en affaire avec ce genre de prisonniers.


-  Michael… Je voulais vous parler d’autre chose. J’ai relu plus attentivement votre dossier médical et j’ai remarqué que vous aviez été suivi par le Dr. Brighton pendant un temps… Comme c’est moi qui m’occupe de vos soins, j’ai voulu en savoir plus et je l’ai appelé.


Au fur et à mesure de mes paroles, le visage souriant de Michael se durcit comme à chaque fois que je semblais lui parler de choses qu’il ne voulait pas entendre. Les traits sombres de son visage et ses yeux endurcis lui permettaient d’entrer dans cette carapace blindée, imperméable à tout sentiment, toute vulnérabilité pour que personne ne puisse décrypter la moindre émotion sur son visage.


-    Ah oui… Et que vous a-t-il raconté ? Questionna-t-il sur un ton méfiant.
-    Hé bien, il m’a parlé de votre générosité… de ce don que vous possédez à aller vers les autres, les aider, les écouter…


Le détenu rasait à présent le gazon du regard et me tourna le dos. Visiblement, il ne semblait plus vouloir m’écouter.


-    Michael, je ne suis pas devenue médecin par hasard. C’est dans ma nature de tendre la main. Je sais que vous avez fait beaucoup de choses bien avant d’atterrir ici, que s’est-il passé ?
-    L’homme dont vous parlez est mort lorsqu’il a franchit ses murs, je n’ai rien d’autre à ajouter.
Me lança-t-il d’un ton solennel.
-    Je sentais que vous étiez quelqu’un de bien, Michael. Et aujourd’hui, j’en ai la confirmation… Je vous en prie, ne vous braquez pas… J’aimerais seulement comprendre ce qu’il vous ait arrivé ? Si vous voulez en parler, je pourrai vous aider…


Il releva lentement la tête et me lança pour la première fois un regard noir sans équivoque. Je su alors que je l’avais touché.


-    Je n’ai pas besoin que quelqu’un m’aide, Docteur. Je me débrouille très bien tout seul. Ecoutez-moi… Pour votre bien, je vous conseille de ne plus faire de recherche sur moi. Croyez-moi, je n’en vaux pas la peine et vous perdriez votre temps. Lâcha-t-il d'une traite.


Blessée par ses paroles que je n’aurais jamais cru entendre de sa bouche, je le regardai à mon tour gravement et continuai mon chemin jusqu’à l’infirmerie.





*   *
*





Aujourd’hui, c’était à mon tour d’ausculter Lincoln Burrows.

Aussi invraisemblable que cela pouvait paraître, il était interdit que ce soit la même personne qui établisse son bilan de santé chaque jour. Le directeur était très strict à ce sujet. Comme il s’agissait d’un condamné à mort, il était hors de question que l’un d’entre nous ne s’attache au détenu ou entretienne quelques liens avec lui. Rien n’était jamais trop sûr, il lui paraissait tout à fait humain de compatir à sa détresse et de vouloir l’aider… nous avait-il expliqué. Ainsi, nous devions alterner nos visites entre chaque membre du  personnel médical. Il m’arrivait donc de m’occuper de Lincoln, deux ou trois fois par semaine tout au plus.




-    Aucun signe de crise cardiaque en vue, Docteur ? Plaisanta Lincoln.
-    Absolument aucun. Répondis-je avec le sourire pour le mettre à  l’aise.


Ayant terminé mon bilan de santé, je saisis sa fiche quotidienne et y notai mes dernières observations. Lincoln attendait chaque jour qu’un médecin lui annonce qu’il couvait quelque chose ou qu’il était porteur d’une quelconque maladie, ce qui aurait alors pu repousser l’échéance de sa sentence ; mais il n’en était toujours rien.


-    Lincoln… Savez-vous que c’est moi qui m’occupe des soins médicaux de votre frère ?
-    Mon frère ?
Répéta alors Lincoln comme s’il ne comprenait pas.
-    Michael…
-    Ah oui ! Ca lui arrive souvent de venir à l’infirmerie ?
Questionna-t-il curieusement.
-    Plutôt souvent puisqu’il doit recevoir une dose d’insuline quotidienne… Répondis-je alors plus qu’étonnée.
-    Bien sûr son insuline ! Mon pauvre frangin n’a vraiment pas eu de chance d’attraper cette saloprie de diabète ! Reprit-il aussitôt.

Je le regardai curieusement, ne sachant quoi penser. Mais je décidai de ne rien ajouter. Lincoln Burrows était certainement l’homme qui était le plus en proie aux maladresses de Fox River, étant donné l’état de stress intense qu’il subissait à chaque seconde dans l’attente du châtiment ultime.


-    Le voilà d’ailleurs. Je vais vous laisser regagner le couloir à votre tour.
-  Bien… Merci Docteur !
Me lança-t-il en m’adressant un petit signe reconnaissant de la main.





Je me lavais les mains en attendant que le cadet entre. Pour la première fois, je redoutais un peu de le voir. Je n’avais pas du tout apprécié ces mots de ce matin à mon égard et je trouvais son comportement de plus en plus étrange. Moi-même, je finissais par ne plus savoir comment réagir.

Michael pénétra enfin dans la salle d’un pas léger et s’assit lentement. Son doux visage était illuminé par un sourire et je sentis son regard se poser sur moi.

-    Docteur, je vous demande pardon pour la façon dont je vous ai parlé ce matin… Mes mots ont largement dépassés mes pensées et à vrai dire… j’étais plutôt de mauvais poils !


Son air joyeux et ses mots ne manquèrent pas de me redonner le sourire à mon tour. Celui-là avait vraiment la technique pour se faire pardonner la moindre chose.



-    Inutile de vous dire qu’ici les nuits sont loin d’être réparatrices ! Et je suis quelqu’un qui a besoin de son compte de sommeil pour attaquer sa journée… hum… en particulier celles que je passe en prison…
-    Ca suffit, Michael !
Le coupai-je en m’éclaffant. Vous êtes pardonné ! Arrêtez de vous justifier, ce n’est pas grave.


Michael m’envoya alors le sourire le plus fondant qu’il m’ait été donné de recevoir. Il ôta ensuite sa chaussette pour que je puisse refaire son bandage et arpenta la pièce du regard, de long en large comme à son habitude. Dans ces moments-là, il me faisait toujours penser à un petit garçon qui découvrait un monde magique.



-    Jolies fleurs !
S’exclama-t-il alors après les avoir remarqué sur mon bureau.
-    C’est vrai…
-    Moi qui voulais vous inviter au restaurant à ma sortie, je suis bien déçu… Je ne savais pas que votre cœur était déjà conquis.
-    Oh non, il ne l’est pas…
Murmurai-je, mal à l’aise.
-    Un admirateur secret alors ?
-    Non plus…
-    Un ex ?
-    …
-    Quelqu’un de la prison ?
-    Michael !
L’interrompis-je enfin. Elles viennent de mon père.
-    Le gouverneur envoie des fleurs à sa fille ! Quelle charmante attention. Pour quelle occasion au juste ?


J’enroulais la bande médicale autour de son pied et pris quelques secondes avant de répondre enfin à sa question.


-    C’est mon anniversaire.
-    Aujourd'hui ! Vous auriez dû me le dire…


Je lui souris amicalement et baissai les yeux pour ranger mon matériel.

-    Bon anniversaire Sara. Murmura-t-il entre ses lèvres.
-    Merci ! Répondis-je machinalement.


Je ne vis pas ses yeux, ni l’expression de son visage à ce moment-là, mais il me parut sentir un regard d’une telle intensité sur ma peau, qu’un frison s’empara de mon corps.



-    Mmh… D’accord ! Rit-il en haussant les sourcils.
-    Quoi donc ?
-   Oh rien du tout… Si ce n’est que vous n’avez pas l’air ravi que ce soit votre anniversaire. Comment cela se fait-il ? La fête d’anniversaire en votre honneur de ce soir a été annulée ? Vous ressentez le poids des années ? Non,
reprit-il après un temps d’arrêt. Je ne vois pas comment cela serait possible… Je pencherais plutôt pour la fête annulée !


Décidément, ses paroles avaient le don de me faire rire malgré ma morosité de ce jour !


-    Il n’a jamais été question de fête, je ne peux donc pas être déçue sur ce point. Et pour ce qui est de l’âge… J’ai aujourd’hui 29 ans, et je ne me sens pas pour autant plus vieille que la veille ! Expliquai-je. C’est seulement que sur mes vingt-neuf anniversaires, mon cher père n’a pu être présent que six petites fois… Alors à la place, il m’envoie des fleurs.
-    Je pensais que vous aimiez les fleurs ?
-   Je les aime, bien sûr. Mais je sais aussi que ces fleurs finiront à la poubelle d’ici deux-trois jours. Enfin, ce n’est pas très grave.
-   Si vous pensez ce que vous dites, je crois que ça l’est un peu au contraire.
-   Absolument pas, je vous assure.
Lui souris-je alors comme pour le réconforter. Je vous laisse regagner votre cellule, j’ai une foule de détenus qui m’attendent.
-    Très bien.
-    Je vous revois plus tard pour votre dose d’insuline !



Michael ne pouvait décrocher ses yeux de mon visage et de mes cheveux. Ma triste mine de ce jour semblait visiblement l’affecter quelque peu et je le sentis navré de devoir me laisser.

-    Je suis désolé que vous ressentiez ça… Surtout à propos des fleurs. Moi qui comptais vous en acheter un beau bouquet le jour de notre rendez-vous, je vais devoir trouver autre chose… Dit-il en partant.





*   *
*






Aujourd’hui encore, ma journée avait été plutôt bien remplie et j’avais soigné, raccommodé, bandé et pansé bien des détenus. A cette heure-ci, il ne me restait que les urgences ou les visites de contrôle. Heureusement aucune bagarre sérieuse ne semblait vouloir éclater ce soir ! Je n’aurais donc pas de prisonniers sanglants à m’occuper avant de partir.


Mais il restait encore Scofield. Il était vrai que mon planning était complètement surchargé aujourd’hui, et le personnel médical avait donc été contraint de faire passer les cas les plus sérieux en priorité… ce qui, en fait, nous avait pris toute la journée ! Soupirai-je en pensant qu’il me tardait d’être dans mon lit. Je révisai alors immédiatement cette dernière pensée lorsque j’aperçus Michael qui m’attendait dans la salle de l’infirmerie pour sa piqûre d’insuline. Je souris alors à la pensée que j’avais commencé ma journée avec lui et que j’allais également la terminer à ses côtés.


-    Arrêtes de le regarder comme ça ma puce, sinon je vais devoir t’offrir une bavette pour ton anniversaire ! S’esclaffa Katie qui me rejoignait dans le couloir.
-    Katie, tu m’as fait peur ! Soufflai-je en lui donnant une tape sur l’épaule.
-    On se retrouve ce soir chez moi ? Je vais préparer un petit dîner et un super apéro ! Les enfants sont chez ma sœur ce soir, j’ai prévu le coup ! Dit-elle en m’adressant un clin d’œil. Ce n’est pas tous les jours ton anniversaire !
-    Avec plaisir Katie, je te retrouve chez toi dès que j’ai terminé.
-    Ca risque d’être encore long si Scofield est ton dernier patient !
-    Ca suffit !
M’esclaffai-je à mon tour.






Katie quitta enfin le bâtiment et je me sentis donc plus à mon aise pour retrouver Michael. Katie exagérait vraiment. Ce type était charmant, drôle et intelligent, certes ! Mais il était avant tout un prisonnier ! Pensai-je en entrant dans la salle.



Aussi étrange que cela pouvait paraître, je le vis la tête au dessus de la grille des canalisations…


-    Michael ?
-    Oui ? Ah Docteur vous voilà !
Bredouilla-t-il visiblement mal à l’aise à l’idée que j’ai pu le trouver là.
-    Est-ce que tout va bien ?
-    Je ne sais pas… J’avais très mal au ventre et j’ai eu tout à coup une subite envie de vomir… Je me suis alors précipiter en haut de cette grille…
-    Michael… Vous avez un lavabo qui se trouve juste à côté de vous.
Lui indiquai-je en arquant un sourcil, déconcertée.
-    Je dois me sentir encore plus mal que je ne le pensais ! Plaisanta-t-il en prenant place à mes côtés.



Je préparai alors le nécessaire à son injection d’insuline et enfilai mes gants de latex.


-    Pourquoi ne souriez-vous pas aujourd’hui ?
-    Je vous demande pardon ?
-    Vous êtes d’habitude si fraîche et si joyeuse… Mais depuis ce matin, vous semblez triste. C’est à cause de votre anniversaire ?



J’insérai le liquide dans ma seringue sans prendre la peine de répondre à cette question ni même le regarder.


-    Vous avez jeté vos fleurs ! Observa-t-il.
-    Hé oui, les bouquets de fleurs ne durent jamais longtemps…
-  Mais sans doute plus d’une journée !
Remarqua-t-il. Elles étaient pourtant jolies…
-    Elles l’étaient… Mais je n’aime pas m’attacher aux choses quand je sais qu’elles ne dureront pas.
-    Est-ce pareil pour les gens ?
Me questionna-t-il en plongeant son regard dans le mien.


Cette question fit revenir en moi un amer souvenir qui me glaça le sang… Le visage que je m’étais efforcée d’effacer de ma mémoire réapparut soudain comme si j’avais reçu un coup en plein visage. « Non… Je m’étais promis qu’il ne reviendrait plus me hanter… »
 

-   Je crois que je suis prudente… c’est tout… Répondis-je enfin en baissant les yeux.
-   J’ai l’impression de parler à une petite fille que l’on aurait abandonnée… Murmura-t-il en me souriant.


En entendant ces paroles, j’eus soudain le sentiment qu’il semblait parler en connaissance de cause. Comme s’il connaît par cœur les facettes d’un visage triste et solitaire et les mots que l’on prononce lorsqu’on n’a pas envie de s’étendre sur le sujet.


-      Voilà, j’ai terminé.
-    J’aimerais vous inviter à prendre un verre pour votre anniversaire ! Enfin, ça serait dans ma cellule et Sucre serait aussi invité, on n’aurait pas le choix !
-   Je vous remercie d’essayer de me faire sourire, Michael… Mais aujourd’hui ce sera dur !
-     Qui sait…
Répondit-il en me regardant une nouvelle fois de ses yeux malicieux.



Sur ces mots, il quitta donc la pièce, et je me penchai sur mes derniers dossiers à compléter avant de filer chez Katie. Je rangeai ensuite en vitesse mon bureau et saisis mon sac à main. En le soulevant du bureau, je vis quelque chose tomber sur le sol. Intriguée, je me baissai et ramassai alors ce qui semblait être un petit personnage en papier… Je le regardai plus attentivement et distinguai alors qu’il s’agissait d’un ange. Je ne savais pas vraiment de qui pouvait venir cette charmante attention mais je devais avouer en avoir une vague idée ! Pas le temps de réfléchir davantage, Katie m’attendait !




*   *
*





Je refermais lentement la porte d’entrée de mon appartement derrière moi en baillant. Il était à présent une heure du matin, mais j’avais passé une excellente soirée aux côtés de Katie ! Quelle plaisir cela avait été de rire et de plaisanter pendant des heures ! Depuis que nous nous étions rencontrées à Fox River, le courant était tout de suite passé entre nous. Le personnel médical en était venu à nous surnommer « les inséparables », tant nous avions toujours quelque chose à nous raconter pendant les heures de pause. Elle était bien plus qu’une simple collègue pour moi… elle était une vraie amie !



A peine arrivée, le téléphone sonna aussitôt.

-    Allô ?
-    (…)
-    Allô ? Répétai-je. Qui est-ce ?
-    (…)


Je ne perçus aucune voix de l’autre côté du fil et entendis soudain raccrocher… Cela devait certainement être un faux numéro ! Pensais-je machinalement.



Exténuée, je pris rapidement une bonne douche, qui apaisa le stress de cette journée et enfilai ma nuisette bleue nuit. Pour mon anniversaire, Katie m’avait offert un magnifique bracelet en argent ! Je l’avais d’ailleurs laissé dans mon sac à main ! Pensai-je en quittant la salle-de-bain.


Trop fatiguée pour rester debout à le chercher parmi le fourbi que contenait mon sac, je m’assis lourdement dans mon canapé et me mis en quête du joli bracelet pour le mettre à mon poignet. Heureusement, je le trouvai presque aussitôt et l’attachai non sans difficulté à mon poignet. Je remarquai alors le petit ange en papier sur le dessus de mon sac.


« Ca alors ! Je l’avais presque oublié ! » M’exclamai-je tout haut en le contemplant de plus près. L’ange était en papier blanc et les ailes étaient de couleur bleuté. Cela ressemblait un peu à ce jeu de pliage… Comment cela s’appelait-il déjà ? Me demandais-je en me pinçant les lèvres. C’est un origami ! Trouvai-je enfin. Je n’avais vu personne le poser sur mon sac à main mais je me doutais néanmoins de la personne qui aurait pu avoir cette attention à mon égard. Je souhaitais d’ailleurs de ton mon cœur que ce soit lui. Mon doute se dissipa quand j’observai le petit ange de plus près et que j’aperçus quelques mots écris dans le pli d’une aile... La lecture de ces quelques mots emplit mon cœur d’une chaleur inexplicable et un sourire indissimulable apparut aussitôt sur mes lèvres.




"Pour une femme exceptionnelle"




*   *
*




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Par Pitchoune
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Samedi 8 septembre 2007
 

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Ce matin en me réveillant, un agréable sourire illuminait mon visage. Prête à attaquer ma journée de bon pieds, je sautai en bas du lit, pleine d’entrain et ouvris mes volets pour laisser pénétrer les rayons du soleil levant dans ma chambre. Une bien belle journée commençait ! Je saisis le petit ange en origami que j’avais laissé la veille sur ma table de nuit et sentis les battements de mon cœur accélérer dans ma poitrine quand je relus pour la trentième fois depuis que je l’avais découvert, le petit mot inscrit dans le creux des ailes.


« Pour une femme exceptionnelle », murmurais-je une fois de plus, avant de le reposer sur ma table de nuit. Cela ne pouvait être que lui ! Je réalisai alors en prenant mon petit déjeuner que j’avais vu à trois reprises Michael Scofield durant la journée d’hier. Il fallait que je me fasse à l’idée que plus les jours passaient, plus chaque bobo, chaque pause était devenu un prétexte pour partager quelques minutes de plus avec lui. Jamais depuis mon arrivée, je n’avais passé autant de temps avec un détenu, jamais ! Mais Michael me faisait rire ! Il me fascinait, m’intéressait, m’enthousiasmait… Je crois en fait qu’il me rendait heureuse, tout simplement !


J’arrivai à Fox River en songeant que cela faisait des mois, presque des années que je ne m’étais pas sentie aussi bien que ces dernières semaines. Je me garai rapidement et avançai à mon rythme jusqu’au chemin qui longeait la vaste et inquiétante cour des détenus.



Tout de suite je l’aperçus. En fait, j’avais moi-même remarqué qu’il ne se trouvait jamais très loin de la grille lorsque j’arrivais le matin. Nos simples « bonjour » matinaux étaient presque devenus un rituel.

-    Bonjour Sara ! Me lança-t-il aussitôt en s’approchant de plus près.

Le soleil brillait mais il faisait terriblement froid ce matin, et de le voir avec son bonnet bleu marine enfoncé sur la tête me fit rire.

-    Bonjour Michael ! Il ne fait décidément pas chaud, l’hiver approche !
-    Vivement la neige, il me tarde de faire un concours de bonhomme de neige dans la cour avec mes camarades ! Plaisanta-t-il en saisissant la grille entre ses mains. Vous avez passé une bonne soirée d’anniversaire ?
-    Oui, c’était très sympa ! Admis-je. D’ailleurs, j’ai trouvé un étrange petit ange sur mon sac hier soir, en partant… Me risquais-je tout en sachant que je ne me trompais pas.


Il eut alors ce petit air gêné, presque timide sur le visage qui aurait fait fondre une montagne de glace… En fait, c’était tout simplement adorable à observer !


-    Vous avez deviné qu’il venait de moi ?
-    C’est une charmante attention… Murmurai-je tout en le toisant à travers la grille. Et votre petit mot…
-    Je le pense !  Me coupa-t-il alors de sa voix intense.



J’aurais voulu le tirer de derrière ce grillage… cette cage dans laquelle il était enfermé et certainement malheureux comme les pierres à chaque fois qu’il regagnait sa sombre cellule. J’aurais aimé l’emmener au loin avec moi. Juste pour quelques heures… quelques minutes ! Se promener ensemble et parler de nos vies... en toute simplicité ! Cet homme m’intriguait, m’intéressait, j’aurais tellement souhaité l’avoir rencontré dans un autre contexte ! Songeai-je. Mais la vie n’était décidément pas encore décidée à me sourire.



-    Je dois aller travailler… Mon planning n’attendra pas sur moi, et les détenus encore moins ! Expliquai-je en m’éloignant.
-    Alors à plus tard, Docteur ! Me sourit-il avant de regagner le petit groupe avec lequel il discutait avant mon arrivée.







*   *
*






Joyeuse était le mot juste… J’étais joyeuse et heureuse comme je ne l’avais pas été depuis longtemps. En fait, j’avais passé la matinée à sourire bêtement ! C’étaient certainement mes détenus qui avaient dû me prendre pour une folle ! Pensais-je en rejoignant Katie dans le couloir.

Il était midi et nous déjeunions très souvent toutes les deux. La première qui avait terminé son planning attendait l’autre dans le couloir de l’infirmerie ; nous fonctionnions comme cela depuis plusieurs semaines maintenant, ce qui ne manquait pas d’agacer les autres membres du personnel médical, individualistes à souhait. Je plaignais intérieurement la pauvre Katie, qui avait dû se sentir seule bien des fois parmi ces énergumènes dénoués d’humanité.



-    Ah te voilà, Sara ! Je meurs de faim !
-  Salut Katie ! Ta matinée s’est bien passée ? L’interrogeais-je amicalement.
-    Oh… Comme d’habitude tu sais… Des bobos par-ci, des bagarres par là… Expliqua-t-elle alors qu’elle ne cessait de fixer ce sourire indissimulable qui rayonnait sur mon visage.


Katie commençait à bien me connaître maintenant. Je lui avais raconté la plupart des déboires de ma vie et elle avait fait preuve d’une incroyable patience et gentillesse avec moi. Elle m’avait écouté parler des soirées entières. Nous étions toutes deux des personnes très à l’écoute d’autrui et c’est sans doute ce qui nous avait tant rapprochées. Et je réalisai alors moi-même que jamais depuis notre rencontre, je n’avais brillé comme aujourd’hui. Je ne pouvais donc que comprendre l’air intrigué qui habitait son visage à ce moment-là.


-    Mais toi par contre, tu as l’air d’être en forme ! Et je parierais presque que mon canard à l’orange d’hier soir n’a rien à voir là-dedans… Plaisanta-t-elle. Il est excellent mais autant que je sache, il n’a pas encore le pouvoir de donner le sourire aux gens !
-    C’est vrai Katie, je me sens très bien en ce moment… C’est étrange, mais c’est comme si je me sentais naitre une seconde fois…. Comme si j’avais enfin tiré un trait sur mon passé pour m’ouvrir au présent…
-    Tu es gai comme un pinçon !

J’essayais alors d’expliquer cet étrange sentiment de bien être et de liberté que je ressentais au plus  profond de moi alors que nous quittions l’infirmerie et descendions au rez-de-chaussée de l’aile B.



C’est alors que j’aperçus Michael Scofield à plusieurs mettre de nous, sortant d’une pièce… Et pas n’importe quelle pièce ! Réalisai-je. Le parloir conjugal ! Je m’arrêtai net à cette vue, aussi surprenante qu’inattendue. Je devinai alors que la réalité s’était décidée à me tomber dessus lorsque je vis de mes yeux la jolie brune qui sortait à son tour et le tenait par la main.


-    En tout cas, je suis heureuse de te voir comme ça, ma grande ! Ca me réchauffe le cœur de… Sara ? Appela Katie, après avoir remarqué que je ne l’écoutais plus.



Stupéfaite, elle observa mon visage virer petit à petit au blanc livide. Je ne pouvais plus faire un pas… Je restais bouche-bée devant la scène qui se déroulait sous mes yeux. Cette vision me donnait l’impression de recevoir une gifle en plein visage.

La jeune femme était incroyablement jolie… Et encore, le mot était faible ! Elle était parfaite. Je distinguais de ma place ses jolis yeux noisette, légèrement en amendes, qui s’accordaient parfaitement avec la rondeur délicieuse de son visage. Ses lèvres étaient pulpeuses et maquillées et sa longue chevelure, brune et bouclée, retenait l’attention de tous les hommes de la salle. Plus je la fixais, plus je trouvais qu’elle ressemblait à une poupée…

La jeune femme raccompagna Michael jusqu’aux gardiens et se jeta amoureusement dans ses bras avant qu’il ne parte. Je le vis entourer tendrement ses hanches de ses mains alors qu’elle posait ses lèvres sur les siennes pour l’embrasser langoureusement.



-    Hey Katie ! Je te cherche depuis ce matin ! S’écria un gardien dans le hall.
-    Excuses-moi Sara, je vais voir ce qu’il veut et je reviens immédiatement, d’accord ?


Incapable de répondre quoi que ce soit, je sentis mon cœur se serrer très fort dans ma poitrine et une boule venir se coincer dans ma gorge. Au moment même où je me décidai à me retourner pour sortir et ne plus voir cet horrible spectacle, je vis la poupée brune s’avancer vers moi.

-    Bonjour Docteur ! Me dit-elle en souriant.


Je remarquai immédiatement son étrange accent qui devait venir des pays de l’Europe de l’est… Il était totalement assorti à sa beauté et ses courbes parfaites. Mais pourquoi venait-elle vers moi ? Me demandais-je alors, encore sous le  choc.


-    Bonjour. Réussis-je à articuler.
-    Je crois que c’est vous qui vous occuper de Michael Scofield ?
-    En effet…
-    Il n’arrête pas de me parler de vous ! Vous devez être un très bon docteur !

Je restais sans voix à l’écoute de ses paroles. J’avais comme l’impression que son accent renforçait encore davantage la force de ses paroles.


-    Je suis heureuse qu’il y ait au moins une personne sur qui mon mari puisse compter ! Je voulais vous remercier pour ce que vous faites.

Elle l’avait dit… Michael était son « mari » ! Ses mots m’avaient frappé en plein cœur, ne me laissant aucune chance de contrôler mes émotions.

-    C’est normal… C’est aussi mon métier d’écouter les détenus qui ont envie de parler. Répondis-je en sentant la boule qui serrait de plus en plus fort ma gorge.
-    Je suis également certaine qu’en tant que professionnelle, vous savez mettre des barrières. Continua-t-elle en changeant de ton. Bonne journée Docteur, à bientôt !



A peine eut-elle tourné les talons de ses jolies chaussures que je courus le long du couloir à en perdre haleine jusqu’à passer la porte du pénitencier. Une fois dehors, je repris mon souffle, pliée en deux, les mains sur mes genoux. Je n’aurais pas pu rester une seconde de plus à l’intérieur,  je sentais que j’allais étouffer.


A présent à l’air libre, il me semblait respirer mieux… Mais des larmes virent alors obscurcir ma vue et roulèrent sur mes joues. Je me sentais à cet instant, terriblement bête et ridicule… Mais surtout profondément trahie ! Trahie dans mon fort intérieur. Triste et blessée, je décidai alors de ne pas attendre Katie et préférai rentrer chez moi pour la pause déjeuner. Elle était si heureuse de me voir joyeuse ce matin… je n’aurais pas voulu qu’elle me voit dans cet état.







*   *
*






Déjà l’heure de reprendre le chemin de Fox River était arrivée. Ce midi, je n’avais rien pu avaler. Mon ventre était noué par l’angoisse et mon cœur… mon cœur déjà si fragile avait pris un nouveau coup.

Ah le misérable ! Pensais-je encore. Il s’y était vraiment bien pris pour avoir ma confiance avec ses sourires et ses yeux doux ! Je me sentais terriblement idiote d’avoir été aussi naïve. Je lui en voulais… je lui en voulais vraiment de ne pas avoir été franc avec moi depuis le début. Mais cela me permit de réaliser que je commençais à perdre pieds en ayant misé tous mes espoirs et tous mes sourires sur cet homme. Et puis je devais vraiment être sur un nuage très lointain pour avoir oublié un point essentiel dans cette histoire : Il était interdit de sortir avec un détenu sous peine de se voir renvoyer ! Enfin… que m’arrivait-il ? Moi qui aimais tant mon travail et qui était si rigoureuse, j’en avais oublié la règle principale à ne pas transgresser ! Et puis… Comment ai-je pu être inconsciente au point de pouvoir croire qu’il ressentait quoi que ce soit pour moi ?

« Tu rêves ma pauvre fille ! » Pensais-je alors en franchissant les portes du pénitencier d’un pas non chaland.




-    Sara, tu es là ! Où étais-tu passée ? Je n’ai pas arrêté de t’appeler pour savoir où tu étais !
-    Je suis désolée Katie… Je n’ai pas dû entendre mon portable. Je… j’ai dû aller faire une course, j’ai complètement oublié de te prévenir ! Bredouillais-je gênée.
-    Ne me racontes pas d’histoire, je t’en prie ! Je te connais bien maintenant et je ne suis pas tombée de la dernière pluie, tu sais…


Je lançai alors à Katie un regard navré. Bien sûr qu’elle savait ! Mais je ne pouvais pas lui parler de ce qui me traversait le cœur… Ma voix tremblait déjà un peu alors je ne voulais pas risquer de parler de ça maintenant, de peur de me laisser aller aux larmes. D’autant plus que j’allais devoir affronter le regard de Scofield, cet après midi même, pour sa piqûre !


-    J’ai vu la même chose que toi ce matin… Et crois bien que je suis tombée de haut moi aussi. Je ne pensais vraiment pas que Scofield pouvait être…



-    Sara ! Cria une voix de l’autre côté de la grille.


Mon Dieu ! Soupirai-je en reconnaissant la voix de Michael. Je fis mine de ne pas l’entendre et continuai d’avancer aux côtés de ma collègue.


-    Le Don Juan t’appelle, ma belle ! Tu devrais aller lui parler, tu sais…
-   Ah Katie, j’en ai marre que tu ais toujours raison ! Grimaçai-je en souriant. Je te retrouve plus tard.

-    Sara ! Appela-t-il de nouveau, tout contre la grille.

Je laissai donc Katie entrer dans le bâtiment sans moi. Je pris une grande respiration pour me donner du courage, fis volte-face et retournai sur le chemin qui longeait la cour.


-    Bonjour ! Me sourit-il alors. Je pensais que vous ne m’aviez pas vu…
-    Je vous avais vu… Répondis-je d’une voix glaciale.


Mes mots jetèrent immédiatement un froid entre nous, comme pour préparer la discussion qui allait suivre.


-   Mes félicitations, Michael ! Elle est superbe. Dis-je alors d’une voix amère.
-    Mais enfin de quoi parlez-vous ?
-    De votre femme, bien sûr !


Michael en resta figé sur place, comme si mes mots avaient résonnés dans tout son être. Et apparemment ils avaient sonnés juste.


-    Je suis terriblement déçue de m’apercevoir que vous avez été faux depuis le début avec moi, Michael…
-    Ne dites pas ça…
-    Je pensais que  vous étiez différent des autres, mais j’avais tort…
-   Sara, vous n’avez pas comprit ! S’exclama-t-il en essayant de capter mon regard.

Et je les sentais sur moi… Ses yeux remplis de tendresse et de remord. Je dus prendre énormément sur moi à ce moment-là pour ne pas lever les yeux et prendre le risque de croiser les siens.


-  Sachez qu’étant l’une des rares femmes qui travaillent dans ce pénitencier, je suis plutôt habituée aux tentatives de drague des prisonniers… Mais j’avoue que jamais encore je n’avais été touché. Expliquai-je en fronçant les sourcils, émue. Vous savez choisir vos mots, Michael, bravo ! Votre petit jeu de séduction était admirable, mais vous avez fini par faire un faux pas. Je ne vous fais plus confiance à présent.
-    Sara…
-   C’est terminé tout ça ! Dorénavant, tenons-nous en à : « Bonjour Monsieur Scofield », puis piqûre d’insuline suivit d’un « Au revoir Monsieur Scofield ».
-    Je vous en prie, écoutez-moi…


Devant ses complaintes, mon cœur se serra à nouveau. Celui qui m’avait tant fait sourire depuis plusieurs jours étaient à présent entrain de me faire souffrir. Je serrai les dents et relevai la tête pour affronter son regard.

-    Vous avez tout gâchez Michael… Murmurai-je d’une voix affectée avant de tourner les talons.





*   *
*





Cet après-midi, mon planning était moins rempli que les jours précédents. Cela tombait plutôt bien car je n’avais pas vraiment le cœur à ausculter un nombre infini de personnes aujourd’hui.

Pensive, je regardais à travers la fenêtre de l’infirmerie. La cour était déserte, les TP étaient certainement terminés depuis quelques heures.


-    Vous me paraissez bien rêveuse, Doc’ !


Surprise par cette voix dans mon dos, je sursautai. Bellick ! Observai-je alors. Le Capitaine des gardiens se tenait devant moi, tout sourire et mielleux à souhait.


-    Bonjour Brad ! Je ne vous avais pas entendu arriver.
-    On dirait que c’est plutôt calme aujourd’hui. Remarqua-t-il.
-   Oui, cela ne me fait pas de mal de ne pas travailler dans le stress aujourd’hui. Je dois avoir seulement deux ou trois détenus à voir avant la fin de la journée.


Bellick me regardait comme un animal qui louchait sur une pâtisserie ! Il avait toujours l’air d’avoir très chaud lorsqu’il s’approchait de moi… Et s’il se mettait à me parler, de grosses gouttes de sueur perlaient sur son front et il perdait souvent la belle assurance dont il se ventait devant ses collègues.


-    Ecoutez Sara, je crois que nous sommes partis sur un mauvais pied… Me dit-il d’une voix douce que je ne lui connaissais pas.

Je le vis caresser mes longs cheveux du regard. Je reculai d’un pas instinctivement… j’étais à présent collée contre la fenêtre ! Impossible d’aller plus loin !


-  Lorsque nous nous sommes rencontrés, vous étiez dans une très mauvaise période, mais cette fois vous semblez aller mieux…
-  Heu… détrompez-vous… Bredouillais-je sans savoir comment le repousser.
-    Je me demandais si cette fois vous accepteriez de dîner avec moi ? On pourrait aller chez moi et je ferais la cuisine ! J’habite Park Avenue ! M’indiqua-t-il en se rapprochant davantage de moi.




-    Désolé de vous interrompre, Boss ! Mais c’est l’heure de ma piqûre d’insuline et je ne crois pas que vous voudriez retarder le planning du Docteur Tancredi…

Bellick se retourna alors avec effroi.  Qui venait donc l’interrompre dans sa déclaration solitaire ?

-    Scofield ! Rugit-il.

Celui-ci se tenait alors devant lui, tout sourire, comme fière de lui.

-    Sale petit…
-    Capitaine ! Le coupai-je alors. Monsieur Scofield a raison. Il ne faut pas que je me mette en retard sur mon emploi du temps.


Bellick recula alors, dépité, et lui lança un regard qui jurait vengeance avant de remettre sa casquette sur son crâne et de quitter l’infirmerie d’un pas lourd… si lourd que je me demandai alors comment je ne l’avais pas entendu arriver  tout à l’heure…



Devant ma mine défaite, Michael perdit aussitôt son sourire. Je préparai le nécessaire à son injection sans un mot et baissai la tête pour ne pas le voir. Jamais depuis sa première visite à l’infirmerie, nous n’étions restés sans rien dire…

-    Votre bras… Demandai-je sans le regarder.
-    Sara, je ne veux pas que vous pensiez que j’ai été faux…
-    C’est pourtant le cas ! Murmurai-je.
-    Je ne me suis mariée que… par intérêt ! Elle s’appelle Nika et elle avait besoin d’une carte verte, je l’ai simplement aidé à s’en sortir…
-    En échanges de ses faveurs, je suppose… Un homme est un homme, il est évident que vous ne faites pas parti des exceptions.
-    Bien sur que non ! Répliqua-t-il. Sara, je vous ai dit l’autre jour de ne pas chercher à en savoir plus sur moi… Encore une fois, c’est dans votre intérêt. Je ne voudrais pas vous causer d’ennuis. C’est la dernière chose que je voudrais ! Soupira-t-il.


Les yeux fixés sur son bras, je saisis ma seringue et la plantai machinalement dans sa chair puis lui injectai le liquide. Mon esprit était totalement embrouillé et ses dernières paroles ne m’aidaient pas à y voir plus clair. Qu’avait-il d’autre à cacher ?

Cette fois-ci, je ne pris pas mon temps pour ranger mon matériel, comme il m’était déjà arrivé de le faire pour prolonger nos discussions… Je n’avais ni envie de lui parler ni même de le voir. Je désinfectai immédiatement le point d’injection pour qu’il puisse partir.

-    Voilà, vous pouvez regagner votre cellule.

Je le vis redescendre la manche de son pull le long de son bras et me retournai pour enlever mes gants médicaux. Je ne voulais pas le regarder partir.

-    Sara ! Murmura-t-il dans mon dos.


Il s’avança alors lentement vers moi et me fit face. Il porta ensuite sa main à mon visage pour tenir  mon menton entre ses doigts et me forcer à le regarder. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine et je sentis les larmes me monter aux yeux. Piégée par mon cœur, je me mordis la lèvre, et levai la tête pour affronter son regard le plus saisissant.


-    Vous devez me croire… Nika ne signifie absolument rien pour moi. Dit-il d’une  voix suave.

Mes yeux plongèrent alors dans les siens et ce sentiment qui ne me rendait plus maitre de mon esprit et de ma raison s’empara à nouveau de moi.

-   J’ai toujours été sincère avec vous. S’il y a encore une toute petite partie en vous qui me fait confiance… alors suivez-là, parce que je n’ai jamais eu l’intention de vous blesser.


Il me transperça à nouveau de son regard enflammé et laissa glisser sa main de mon menton. Il m’adressa un dernier regard de supplication et me laissa complètement désorientée en repartant dans le couloir.





*   *
*







Ce soir-là, je rentrais chez moi totalement bouleversée par cette journée ! Il s’était passé tellement de choses qu’elle me parut avoir duré une semaine !

Usée par une fatigue tant morale que physique, je m’allongeais sur mon canapé et décidai d’allumer la télévision pour me changer les idées. Comme il faisait un peu frais, je tendis le bras pour attraper le plaide couleur crème qui était plié sur l’accoudoir et le tirai jusqu’à moi.

A peine commençai-je à me relaxer que le téléphone sonna. Cela devait surement être Katie ! Pensais-je. Je ne l’avais pas recroiser depuis le début de l’après-midi, elle voulait certainement savoir comment j’allais. Elle était si adorable avec moi !


-    Allô ?
-    (…)
-    Allô ??
-    (…)
-    Katie, c’est toi ?
-    (…)
-    Qui est à l’appareil !! M’énervais-je.


« Clic »







Chapitre-12.jpg

Par Pitchoune
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Lundi 10 septembre 2007


aaaaaa.gif




Ce matin j’avais eu beaucoup de mal à me lever. J’avais fait durer ma douche plusieurs minutes et m’étais reprit à deux fois pour choisir mes vêtements. Il avait fait un si beau temps la semaine dernière et voilà que le thermomètre affichait 5°C ce matin. Le temps est si changeant…. Il ne l’est surement pas autant que mon humeur ! Songeai-je en appuyant mon front contre la vitre gelée du salon. Je ne pouvais m’empêcher de repenser à la journée d’hier. En l’espace d’une minute, mon sourire avait de nouveau fait place à la déception. Moi qui pensais pourtant que Michael Scofield était différent…

Je scrutai alors l’avenue sur laquelle donnait ma fenêtre. De si bonne heure, des dizaines et des dizaines de gens marchaient d’un pas rapide dans la rue. Tous aussi pressés et peu préoccupés par ceux qu’ils croisaient, les uns que les autres. Et pourtant… Ils avaient tous en eux quelque chose en tête qui les poussait à s’activer… Courir à leur travail pour que la journée passe plus vite et retrouver sa famille le soir, se précipiter dans les magasins pour faire du shopping, rejoindre un être cher… Tous, absolument tous, naviguaient au milieu de cette mêlée avec un but précis. Pourquoi avais-je l’impression que moi je n’en avais toujours pas ?

Tout était si calme à cette heure. Pensais-je alors que je savais que dès que je serais arrivée à mon travail, les secondes fileraient entre mes doigts au rythme effréné des détenus à ausculter.



La sonnerie du téléphone retentit soudain, me sortant de mes songes.

-    Allô ? Décrochai-je rapidement en m’apercevant de l’heure qu’il était.
-    (…)
-    Qui est-ce ??
-    (…)

Je me souvins alors du coup de fil de la veille où je n’avais pas trouvé d’interlocuteur non plus.

« Clic »




Tant pis ! Décidai-je en dévalant précipitamment les marches de l’escalier de mon immeuble. Avec mes rêveries, j’allais bien finir par être en retard !

Cette pensée se confirma quand je croisai Katie dans le couloir. Jamais depuis mon arrivée, elle n’était arrivée avant moi car non seulement j’arrivai toujours très tôt, mais Katie devait déposer ses enfants à l’école avant d’arriver enfin à Fox River.

-   Salut ma belle !
-  Salut Katie ! Bon sang, je suis en retard… J’ai été prise dans les bouchons, une horreur !
Soufflai-je en enfilant ma blouse.


Si j’avais dit à Katie que l’incident de la veille m’avait perturbé toute la soirée, je savais que nous aurions dû en reparler au déjeuner… et je ne désirais toujours pas partager mon sentiment pour le moment. Je me forçais donc à garder le sourire et à utiliser le prétexte de la mauvaise circulation pour m’expliquer. Après tout, qui n’avait jamais servi cette excuse une fois dans sa vie ?


-    Dis Katie… Est-ce que tu as essayé de m’appeler hier soir… Ou ce matin ?
-    Oh non. J’étais chez mon frère hier soir et je suis rentrée tard. Pourquoi ça ?
-    Rien… Ce n’est pas grave.
Lui souris-je. Je te retrouve à midi !
-    Pas de faux plan cette fois !
Me taquina-t-elle en partant.

Vite, je rejoignis mon premier détenu qui attendait déjà dans l’infirmerie.

-    Docteur Tancredi, votre prochain patient est déjà dans la salle, je l’ai fait entrer. M’annonça Sherry Glow, la jeune infirmière portugaise.
-    Merci Sherry, vous avez bien fait !


J’entrai précipitamment dans la salle et saisis le dossier médical de mon patient.

-    Bonjour Benjamin !
-    Bonjour Docteur.
Grommela-t-il d’une voix grincheuse.

J’observai alors son visage criblé de coups et les bleus qui parcouraient ses joues.

-    Mon Dieu ! Que s’est-il encore passé ? Demandai-je tout en sachant que je n’aurai pas de réponse.

Benjamin Franklin était un détenu noir et n’était jamais le dernier à contribuer aux bagarres des clans noirs contre blancs. Ce n’était un secret pour personne. Mais aussi violent qu’il se laissait paraître, je ne le sentais pas si méchant que cela.

-    Très bien, Benjamin. Ne bougez pas, je vais désinfecter tout ça.
-    C’est vous le Doc’, Doc’…


Une fois ses blessures pansées, je remarquai une carte familière dépasser de sa poche.

-    Benjamin vous travaillez au T.P. ? Demandai-je étonnée.
-    Ouais Doc’ ! Le Capitaine Abruzzi m’a enfin laissé entrer dans le rang.

Je songeais alors qu’il devait travailler avec Michael et me demandais comment deux hommes aussi différents qu’ils l’étaient arrivaient à s’entendre dans un espace réduit.

-   Bien… Je suis ravie pour vous. Répondis-je déconcertée. Faites attention en tout cas !
-    A la prochaine, Doc’ !
Me lança-t-il en partant.




A peine eu-je le temps de m’asseoir à mon bureau pour observer mon planning que le prochain détenu entra.


-    Bonjour !

Michael entra timidement dans la salle et vint s’asseoir. Assise à mon bureau, je tournai la tête pour regarder son visage d’ange. Précisément celui qu’il avait à cet instant. Ses yeux aux couleurs indescriptibles me fixaient avec douceur et son sourire léger venait appuyer son air de petit saint.

-    Bonjour Michael. Le saluai-je à mon tour en le rejoignant.
-    Je ne suis pas mécontent qu'une nouvelle journée se lève…
-   Ah oui et pourquoi donc ?
Demandai-je d’une voix neutre, les yeux pointés sur ma seringue.
-    Parce que je n’ai pas du tout aimé celle d’hier. Répondit-il d’un air grave.

« Et moi donc ! » me dis-je silencieusement. J’aurais mille fois préféré que cela ne se passe pas comme cela. Il savait très bien que je voyais où il voulait en venir mais je ne voulais pas lui faire le cadeau de lui dire que ça n’avait pas d’importance.



La sonnerie de mon téléphone portable me fit alors sursauter !

-    Excusez-moi Michael, j’attends un appel, je dois répondre.
-    Je vous en prie.



J’étais certaine que c’était mon père. J’avais encore essayé de le joindre maintes et maintes fois la veille sans parvenir à le joindre. Et je savais que son moment préféré pour me rappeler était pendant les heures de mon travail. Soupirai-je en décrochant.


-    Allô ?
-    (…)
-    Oui Allô ??
-    (…)
-    Papa ?

« Clic »


-    Bon sang ! M’exclamai-je furieuse en me faisant raccrocher au nez pour la troisième fois en deux jours. Et sur mon portable cette fois !

Je rangeai mon téléphone et retournai au bras de Michael les sourcils froncés.

-    Quelque chose ne va pas ? Se risqua-t-il devant ma mine sérieuse.
-    Non rien de grave. Juste que je collectionne les erreurs de numéros en ce moment.

Ce fut à son tour de froncer les sourcils.

-    Ah oui ?
-    Oui mais ce n’est pas important.
Conclus-je rapidement.

Je sentis à travers le regard de Michael qu’il s’inquiétait pour moi. Il était vrai que ces appels anonymes commençaient à me préoccuper un peu. Mais je décidais de ne pas y accorder d’importance continuant à penser aux « faux numéros ».



-    Voilà Michael, je vous laisse repartir.
-    Non Docteur, attendez.




Je me retournai alors, surprise et me retrouva nez à nez avec lui. Il était dressé devant moi et un air grave et solennel se lisait sur les traits de son visage. Sa façon de poser ses yeux sur moi continuait de me paralyser malgré les récents événements.


-    Je voudrais vous remercier.
-    Me remercier…
Répétai-je, déconcertée
-    … pour tout ce que vous avez fait pour moi.

Mais enfin que disait-il ? Me demandai-je tout alors que mes yeux faisaient des allers et venus entre la porte et son visage. Je n’aurais pas voulu que quiconque me voit discuter avec Michael après sa consultation et encore moins aussi proche qu’il l’était de moi.


-    Vous avez compris beaucoup de choses en moi que la plupart des gens n’a jamais pris la peine de voir. Sara, sachez que s’il vous arrive un jour le moindre problème, vous pourrez toujours compter sur moi. Murmura-t-il en approchant sa main de mon visage.


Complètement paralysée par la situation, je sentis sa main caresser ma joue. Ce contact me donna la chair de poule et fit battre mon cœur à tout rompre dans ma poitrine.


-    Pourquoi me dites-vous cela ?
-   Parce que s’il y a bien une chose que je sais c’est que la vie nous réserve bien des surprises. Et qui sait si un jour vous avez besoin de moi… Si tenté que vous vous souveniez de moi…


Je souris alors à cette idée. Aussi fou que cela pouvait paraître, je savais d’ores et déjà que je ne pourrai jamais l’oublier.

-    Et si un jour vous doutez de vous, rappelez vous toujours les mots inscrits sur l’ange en origami. Ajouta-t-il en plongeant littéralement son regard dans le mien. Il symbolise exactement ce que vous avez été pour moi dès la première minute… et celui que je serais si un jour vous avez besoin de moi…
-    Enfin Michael…
Dis-je en reculant. Je ne comprends rien ! Pourquoi me dites-vous tout cela ? Ca… ça ressemble fortement à des adieux ! Constatai-je avec horreur.
-    On ne sait jamais quel jour peut être le dernier dans cette prison…

Ces mots me glacèrent le sang. Il était si près de mon visage que l’envie de poser mes lèvres sur les siennes me brûlait.

-    Au revoir, Docteur. Murmura-t-il.

Il ferma les yeux et déposa un baiser furtif sur ma joue avant de se sauver comme un voleur.

Aussi têtue que je l’étais parfois, à cette seconde précise, je m’avouai enfin quel était la flamme qui m’animait comme celle de ces gens qui se croisaient par centaine dans la rue, un objectif en tête ou dans le cœur. Cette flamme… c’était celle de Michael Scofield. Et c’était bien là mon drame.






*   *
*






A la fin de cette journée bien remplie, je rentrai chez moi épuisée. Michael Scofield provoquait toujours des questions insensées en moi et je ne pouvais m’empêcher d’y penser encore et encore. Je devais vraiment faire un effort une fois sortie de mon travail pour ôter son visage de ma tête.


Je mangeai rapidement car je n’avais pas très faim et me préparai une tasse de thé pour regarder les informations à la télévision. Je reconnus alors immédiatement la photo de Lincoln lors des news et écoutai avec une grande attention la journaliste.





« … ca Donovan est toujours à la recherche d’une quelconque preuve qui pourrait disculper Lincoln Burrows. En effet, la sentence ultime pour le meurtre du frère de la Vice Présidente est devenue l’événement qui fait frémir l’Amérique depuis plusieurs semaines. Le suspens prendra bientôt fin puisque son exécution aura lieu jeudi prochain à minuit. D’ici là, souhaitons… »


 


Mon Dieu ! Soufflai-je, abasourdie. Lincoln allait passer sur la chaise dans deux jours ! Avec les événements survenus dernièrement, je n’avais pas réalisé que nous étions si proches de ce terrible jour. Moi-même, je n’aurais su dire s’il était coupable ou innocent… Mais ce que je savais par contre, c’est qu’il était le grand frère de Michael  et que sans lui sur cette Terre, je n’étais pas sûre qu’il trouve la force de survivre à son emprisonnement. Et surtout… J’étais contre la peine de mort de tout mon être. Je ne pouvais concevoir que des êtres aussi civilisés que nous l’étions, aient la cruauté d’attacher un homme à une chaise et de le laisser s’éteindre sans aucune dignité. J’étais persuadée que peu importe le crime commis, il y avait d’autres moyens de faire payer le mal.


Mon téléphone portable sonna à ce moment-là. Je me penchai vers la petite table du salon pour l’attraper et songeai alors aux coups de fils anonymes qui se répétaient depuis deux jours. Heureusement, je vis le nom de la prison s’afficher sur l’écran. Je soupirai de soulagement ! Pourtant, il était rare que le personnel de la prison me contacte en soirée…


-    Allô ?
-  Docteur Tancredi, bonsoir ! Je suis désolé de vous appeler à cette heure-ci mais il y a comme une urgence à l’infirmerie.



Je reconnus la voix de Sherry Glow, qui était de permanence cette nuit. A l’entendre, elle semblait dépassée par les événements. Elle était assez jeune, vingt-cinq ou vingt-six ans peut-être et nous avait rejoint dans l’équipe depuis trois semaines seulement ; il était évident qu’elle avait encore tout à apprendre. Malgré ses habitudes à donner les meilleurs soins qu’une infirmière puisse donner aux prisonniers, elle se laissait encore trop souvent gagner par le stress. Mais sa voix était reconnaissable entre mille et je distinguai aussitôt son charmant accent portugais.

-    De qui s’agit-il ? Interrogeais-je.
-    Lincoln Burrows, Docteur…
-    J’arrive immédiatement !




Je raccrochai sans plus tarder et attrapai ma veste restée sur le canapé avant de sauter dans ma voiture, direction Fox River. Je n’avais aucune idée de ce qu’il se passait mais pour que l’on prenne la peine de m’appeler en pleine nuit, cela ne devait pas être anodin !

La route qui menait à la prison était totalement dégagée à cette heure, j’arrivai donc assez rapidement au pénitencier.

-    Sherry, je suis là ! M’exclamai-je essoufflée en arrivant dans le hall de l’infirmerie.
-    Docteur, enfin ! Venez vite voir, c’est vraiment étrange… Burrows a été transporté ici il y a trois quart d’heure. Il hurle et gémit de douleurs abdominales et aucun calmant ne semble le soulager…

Intriguée par ce que Sherry me racontait, j’arrivai dans la salle et trouva Lincoln, allongé sur le lit,  plié en deux, les bras serrés contre son ventre et gémissant.

-    Lincoln, que vous est-il arrivé ? Questionnai-je avec douceur en m’accroupissant pour être à sa hauteur.

Le jeune homme ouvrit alors les yeux. De grosses gouttes de sueurs perlaient sur son front. Cela n’avait rien d’une simulation, il souffrait vraiment.

-    Très bien, Lincoln écoutez moi. Vous allez essayer de vous décrisper et de vous allonger sur le dos afin que je vous ausculte.
-    La… la douleur est foudroyante… Docteur…
Bafouilla-t-il.

Je l’aidai donc à s’étendre et soulevai son pull. Les douleurs semblaient provenir du bas ventre, j’appuyais alors à divers endroit afin de trouver l’origine de la douleur. Son ventre était vraiment dur, il semblait comme paralysé.

-    Aaaaah ! Gémit-il en fermant les yeux.
-    Ca va aller Lincoln, j’ai terminé. Le rassurai-je en ôtant mes gants de latex. Qu’avez-vous mangé ce soir ?
-    R… rien de bien spécial. De la dinde et des légumes.


Pourtant il possédait absolument tous les symptômes de l’intoxication alimentaire !  Remarquai-je en moi-même.

Je sortis une minute et réapparus avec un verre d’eau et le médicament que j’espérais adéquate. Il l’avala sans broncher, toujours sous l’emprise de la douleur. Je saisis une serviette en coton et lui épongea le front. Je sentis alors qu’il commençait à se sentir mieux.

-    Ca va Lincoln ?
-    Oui… la douleur commence à s’estomper…
Répondit-il d’une voix douce et calme.
-  Tant mieux. Lui souris-je. Tout indique que vous souffrez d’une intoxication alimentaire. Croyez-bien que je serais heureuse d’annoncer au directeur qu’il faut reporter l’exécution… mais cela ne suffira pas, malheureusement.
-    Je comprends…
Murmura-t-il.
-   Vous devriez vous sentir mieux d’ici quelques heures, mais je préfère que vous passiez la nuit à l’infirmerie pour plus de précaution.


Mes paroles parurent l’apaiser de plus en plus… et même davantage, elles semblaient le bercer ! Il était apparemment bien soulagé de ne plus se plier en deux de douleur.


-    Je peux rester près de vous cette nuit, si vous le désirez ?
-    Non, je vous en prie… Rentrez chez vous, Docteur. Je suis désolé qu’on vous ait dérangé chez vous à cause de moi…
-    C’est mon métier, Lincoln. Il n’y a aucun problème…
L’assurai-je.
-    Ca va aller. Merci pour tout, Docteur Tancredi. Murmura-t-il alors dans un faible sourire.
-    Très bien. Bonne nuit Lincoln, à demain !


Je quittai alors la salle, laissant un gardien prendre ma place et quittai le bâtiment. Sur le chemin du retour, je longeai de nouveau le grillage que me séparait de la cour. Elle était si calme et silencieuse à cette heure qu’il semblait impensable qu’elle soit pleine à craquer au petit matin, martelée de cris et de bagarres en tout genre. Je me surpris alors entrain de penser que j’aurais bien aimé croiser Michael Scofield sous ce ciel étoilé derrière le grillage… « Arrêtes de rêver, ma pauvre fille ! » Me dis-je en secouant la tête. Personne ne devait se trouver dehors à cette heure du soir, Michael était certainement allongé sur son lit à penser à sa femme… Songeais-je, amère. J’espérais encore malgré tout quelque part au fond de moi qu’il puisse penser quelque fois à moi…





*   *
*






Une fois rentrée chez moi dans la nuit noire, je me dirigeai directement dans la salle de bain pour me faire couler un bon bain chaud. Je ne connaissais pas de meilleur moyen pour calmer le stress d’une longue journée de travail.

En attendant que la baignoire se remplisse et que la mousse se mélange à l’eau brûlante, je m’assis sur mon canapé pour consulter le courrier que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir avant de repartir pour Fox River… Rien de bien excitant ! Dis-je tout haut en remarquant les diverses factures entre mes mains.

Soudain, j’entendis des pas dans le couloir. Je n’avais ni la télévision, ni la radio allumées ce qui me permettait d’entendre le moindre bruit. Les pas semblaient assez légers et discrets mais je distinguai bien qu’ils se dirigeaient vers ma porte. Ils se firent de plus en plus audibles au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient. Je jetai alors un coup d’œil à ma montre : une heure du matin ! Qui pouvait donc bien venir sonner chez moi à une heure pareille ? Me demandais-je en me levant.

Mais personne ne vint sonner… Je n’entendis plus aucun son. Aussi fatiguée et éreintée que je l’étais, je savais pourtant que je n’avais pas rêvé

Je haussai alors les épaules, déconcertée. De toute façon, mon bain m’attendait ! J’arrivai à temps à la salle de bain pour arrêter l’eau avant que celle-ci ne déborde de la baignoire. « Ouf ! » Mais à cet instant, j’entendis un nouveau bruit indescriptible dans mon entrée.

Je me précipitai jusqu’à l’entrée et y découvris un morceau de papier que quelqu’un venait de glisser sous la porte. Mon cœur s’accéléra dans ma poitrine lorsque  j’en lu les mots.




Menaces.gif




J’ouvris de grands yeux devant le bout de papier à moitié brûlé et réagis enfin. Je rassemblai mon courage pour ouvrir ma porte d’entrée.

Personne !

J’entendis alors des pas se précipiter dans la cage d’escalier.

Mon sang ne fit qu’un tour ! J’étais pieds nus mais ne pris pas le temps d’enfiler des chaussures. Je dévalais à mon tour les marches, pensant être plus rapide que l’ascenseur de mon immeuble, plutôt réputé pour sa lenteur.

Après avoir descendu les cinq étages qui me séparaient du rez-de-chaussée, je sortis de mon immeuble et courus à perdre haleine jusqu’au coin de la rue. Pieds nus dans le froid glacial de la nuit, ma respiration laissait des nuages de fumées dans l’air. Arrivée à l’angle de ma rue, je tournai alors la tête droite, puis à gauche…

Il n’y avait personne.




*   *
*






Par Pitchoune
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Mardi 2 octobre 2007


 




Je me rendis aujourd’hui à Fox River, plus méfiante que jamais. La visite inattendue que j’avais reçue la veille m’avait obligé à faire le rapprochement entre les appels anonymes et le mot glissé sous ma porte. Peu importe les intentions de cette personne, elle m’avait tout simplement rendu parano. Ce matin en sortant de chez moi, j’avais regardé de tous les côtés pour être sûr que je n’étais pas suivie. Même en arrivant à Fox River, je ne pouvais pas m’empêcher de regarder par-dessus mon épaule.

 

 

 

 

 

 

 

Qui était donc cet inconnu et que cherchait-il ? A me terrifier ? A m’aider ? Dans tous les cas, il désirait me voir loin de Michael Scofield, et cela ne pouvait que m’embrouiller d’avantage. Toutes ces questions qui rôdaient autour du jeune homme, avaient forcément une réponse quelque part ! Songeais-je. Il était clair que Michael renfermait un secret en lui et qu’il comptait bien le garder… Peut-être que mon visiteur de cette nuit n’était d’autre qu’un de ses amis qui voulait me tenir à l’écart de ce secret…

 

 

 

- Aïe !

 

 

 

L’imbécile ! Plongée dans mes réflexions matinales, je ne regardais pas devant moi et bousculais Sherry Glow dans le couloir.

 

 

 

- Pardon, je suis désolée ! M’excusai-je au près de la jeune infirmière au joli accent.

 

- Ce n’est pas grave. Les ouvriers voudraient débarrasser leurs outils pour ne pas que cela vous gêne dans vos consultations…

 

- Les ouvriers ? Repris-je, confuse.

 

- Ceux qui ont changé le tuyau sous l’infirmerie ! Ils l’ont fait cette nuit mais ils n’ont encore rien rangé. Expliqua-t-elle.

 

- Je n’en savais rien ! Constatai-je. J’espère que cela n’a pas dérangé Lincoln cette nuit… M’inquiétai-je.

 

- Scofield vous attend… Reprit-elle.

 

 

 

 

 

 

 

En effet, le jeune homme était déjà assis et semblait s’amuser à tordre un élastique dans ses mains pour patienter. Je me permis de rester deux secondes de plus dans le couloir pour admirer ce jeu enfantin. Il était tout simplement adorable.

 

 

 

- Bonjour Michael !

 

- Oh, bonjour Docteur ! Me Salua-t-il en me faisant un signe de la main.

 

 

 

 

 

A peine me mis-je à préparer son injection que j’entendis mon téléphone portable sonner. Je devais malheureusement toujours prendre le temps de répondre car il pouvait s’agir d’une urgence en isolement, au quartier psy ou encore en à même les cellules, ce qui était plutôt rare. Le personnel de la prison se servait également des téléphones fixes de l’infirmerie mais pouvait nous contacter sur notre téléphone portable personnel à tout moment comme s’il s’agissait d’un biper.

 

 

 

 

 

Aucun nom, ni numéro ne s’afficha sur mon écran.

 

 

 

- Allô ? Murmurai-je, peu rassurée en repensant aux événements de la veille.

 

-  ( …)

 

 

 

 

 

Cette fois, je n’attendis pas une seconde de plus et raccrochai immédiatement. Apeurée, je me mis à embrasser la salle du regard, jusque dans le couloir.

 

 

 

 

 

[font=Times New Roman, serif][i]« N’approchez plus de Scofield »[/i][/font] disait le mot. J’y repensais une nouvelle fois en toisant Michael qui attendait sa piqûre d’insuline, le sourire aux lèvres. Je me sentais observée, épiée… alors que je savais très bien que c’était impossible ! Ou du moins… pas dans le cadre de mon travail. Il fallait surtout que j’arrête les romans policiers ! Soupirai-je. Pourtant, j’aurais tellement aimé savoir si ces coups de fils anonymes  et ce mot étaient bien intentionnés. Mais à la vue du nombre de coup de fil que j’avais déjà reçu sans réponse et à la fuite de mon visiteur d’hier soir, cela ne me disait rien qui vaille. Cet individu voulait me faire peur et cela marchait ! Il voulait aussi que je n’approche plus de Michael… Mais ça, c’était impossible. Même si j’aurais pu transférer son dossier à un autre membre du personnel soignant, je n’en avais pas la moindre envie.

 

 

 

 

 

Au diable les menaces ! Pensai-je tout bas.

 

 

 

- Docteur ? Quelque chose ne va pas ?

 

 

 

 

 

Michael posa sur moi son regard incrédule. Il ne comprenait pas du tout mon comportement étrange de ce matin, ce qui était plutôt bon signe. Il n’avait apparemment rien à voir avec ce harcèlement… Constatai-je, plus ou mois soulagée.

 

 

 

 

 

- Pardon Michael… Je suis distraite ce matin, je vais m’occuper de vous tout de suite.

 

- Non, prenez votre temps ! Je suis nettement mieux ici en votre compagnie qu’à écouter Sucre me parler toute la journée de sa bien-aimée.

 

 

 

 

 

Je me mis alors à sourire en imaginant Fernando Sucre dans le rôle de l’amoureux transi et je devais avouer que cela devait lui aller à merveille ! Tel un rayon de soleil, je le voyais passionné par la vie comme par l’amour. Cela ne m’étonnait donc guère que Michael me parle de son codétenu en ces termes.

 

 

 

- J’aurais au moins réussi à vous faire sourire aujourd’hui… Constata-t-il, visiblement fière de lui.

 

 

 

Mais son visage lumineux fit soudain place à une mine défaite et grise. Il leva alors des yeux infiniment tristes sur moi.

 

 

 

-  Lincoln doit passer sur la chaise demain… Soupira-t-il.

 

- Oh Michael… Je suis au courant, j’ai entendu les informations hier soir. Ses avocats recherchent toujours des preuves, j’espère de tout cœur qu’ils en trouveront avant qu’il ne soit trop tard. Dis-je en m’asseyant à ses côtés.

 

-  Merci de votre soutien.

 

 

 

 

 

Il releva alors sa manche et je lui injectai sa dose d’insuline quotidienne dans le bras. J’observai toujours ses étranges tatouages à ce moment-là. En fait… j’étais incapable de dire ce que représentaient les tatouages de son bras… Il y avait tellement de dessins mélangés que je ne me penchais jamais assez longtemps pour pouvoir les distinguer.

 

 

 

 

 

- Veronica fait son possible pour prouver son innocence mais j’ai peur que cela ne suffise pas…

 

- Vous connaissez personnellement la défense de votre frère ? Questionnai-je surprise.

 

- Oui… Veronica Donovan est une amie d’enfance, j’ai grandi avec elle. Mon frère est même sorti pendant un temps avec elle… Me raconta-t-il.

 

 

 

 

 

A cet instant, nous entendîmes du bruit parvenir du couloir. C’était Lincoln Burrows, lui-même qui arrivait, entouré de plusieurs gardiens pour sa visite à l’infirmerie. Le moindre de ses déplacements nécessitait une horde de sécurité comme s’il s’agissait d’un lion que l’on sortait de sa cage… près à bondir à chaque instant. Je trouvais ce scénario ridicule à chaque fois  qu’il apparaissait sous mes yeux. Le pauvre Lincoln n’avait vraiment rien d’une bête sauvage ! Pensai-je en le regardant à travers la vitre de la porte. Alors qu’il y avait tellement d’autres prisonniers qui auraient, eux, mérités cette appellation…

 

 

 

 

 

-  Lincoln ! S’exclama Michael à la vue de son frère.

 

 

 

Il se leva alors immédiatement et posa un regard de détresse sur moi.

 

 

 

- Je vous en prie Sara, il faut que je lui parle !

 

 

 

Je me levai à mon tour et observa Lincoln qui essayait d’apercevoir son jeune frère à travers la vitre.

 

 

 

- Bien sur Michael, je vais voir ce que je peux faire !

 

 

 

Je sortis de la salle et refermai la porte derrière moi. Pour rien au monde, je n’aurais voulu qu’un quelconque incident se produise de nouveau ! Sans savoir vraiment ce que j’allais dire, je me dirigeai vers le gardien de la troupe qui semblait à mes yeux être le plus docile.

 

 

 

-  Tom ! J’ai le frère de Lincoln Burrows avec moi… Il demande à parler à son frère.

 

-  Impossible Doc’ !

 

-  Je vous en prie… Vous savez comme moi que c’est demain qu’aura lieu le jour de l’exécution ! Implorai-je.

 

- Je regrette… La règle c’est la règle, vous devriez le savoir comme moi ! Scofield ne pourra voir son frère que lors de la dernière visite avant…

 

 

 

Le gardien lui-même ne réussit pas à terminer sa phrase. D’ailleurs, c’était inutile, je compris qu’il n’y avait rien à faire pour essayer de le persuader. Je regagnai alors l’infirmerie en croisant le regard plein d’espoir que Lincoln me lançait. Navrée, je baissais la tête et refermais la porte dernière moi.

 

 

 

- Je suis désolée Michael… Il n’y a rien à faire.

 

- Non ! Il doit bien y avoir un moyen ! S’emporta-t-il.

 

- Avez-vous parlé au directeur ? Peut-être pourrait-il vous accorder un  droit de visite supplémentaire ?

 

- Non, j’ai absolument tout essayé… Soupira-t-il.

 

 

 

 

 

Observer sa mine défaite et son regard en proie au désespoir était un spectacle des plus navrants ! Ses sourires et son visage gai de tout à l’heure avaient complètement disparu. C’était comme si la réalité frappait tout à coup.

 

 

 

 

 

- Docteur ? Reprit-il alors. Pourriez-vous parler au gouverneur Tancredi pour moi ?

 

 

 

Aussi surprise qu’affolée par sa question, je relevai immédiatement la tête et lançai un regard peu rassuré sur lui.

 

 

 

-  Michael…

 

-  Sara ! Implora-t-il en s’avançant avec conviction vers moi. Vous êtes ma dernière chance. Si vous parliez à votre père, peut-être que…

 

- Mon père est la dernière personne qui pourrait m’écouter. Le coupai-je avant qu’il ne se fasse des idées. Michael, croyez bien que je lui en aurais déjà parlé si je pensais qu’il y aurait une chance qu’il regarde son dossier.

 

 

 

 

 

Le jeune homme arpenta son regard désespéré à travers mes yeux puis baissa la tête, déçu. Il semblait pourtant être prêt à tout pour sortir son frère de là et il était clair que ma réponse était loin de lui convenir. Si j’étais sa dernière chance, je sentais qu’il n’avait pas dit son dernier mot.

 

 

 

 

 

- Mon frère est innocent. Reprit-il après une minute de silence. Ces gens vont l’attacher à une chaise… Ils vont le tuer alors qu’il n’a commis aucun crime. Continua-t-il d’une voix tremblante. Sara, si vous croyez un temps soit peu à son innocente vous devez essayez de faire quelque chose. Allez voir Veronica, elle saura vous convaincre, j’en suis certain ! Et même si vous pensez que vous n’avez aucune chance de parvenir à persuader votre père, je vous en prie, essayer au moins… La vie d’un innocent est en  jeu, je pense que cela en vaut la peine. Il s’agit de mon grand frère… Ajouta-t-il d’une voix plus tremblante que jamais.

 

 

 

Je comprenais très bien ces paroles. Comment aurais-je pu rester insensible à ses mots ? Je savais très bien que la mère de Michael était décédée et que son père l’avait abandonné lorsqu’il était enfant… Lincoln était non seulement son unique frère, mais il représentait également la seule famille qu’il lui restait.

 

 

 

-  Je lui parlerai… Lâchai-je finalement.

 

 

 

 

 

 


 

*  *
*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Appartement 305 - 26 Park Road – Chicago »

 

 

 

 

 

 

 

Je relus pour la énième fois le petit mot que Michael m’avait laissé. Il mentionnait l’adresse de Veronica Donovan, l’avocate principale de Burrows.

 

 

 

 

 

Arrivée enfin dans la bonne rue, je trouvais un petit parking où me garer et scrutais du regard les plaques des immeubles, cherchant le numéro 26. Après quelques mètres, je vis alors un immeuble plus très neuf qui portait le numéro que je cherchais. Je pus donc ensuite trouver sans difficulté l’appartement correspondant au numéro 305 et frapper à sa porta.

 

 

 

 

 

-  Qui est-ce ? Cria une voix d’homme derrière la porte.

 

 

 

Surprise de ne pas entendre une voix de femme, je me présentais néanmoins.

 

 

 

- Je m’appelle Sara Tancredi, je viens voir Veronica Donovan… Expliquai-je à travers la porte.

 

 

 

Aucune réponse ne se fit entendre.

 

 

 

- Je suis médecin au pénitencier de Fox River… Ajoutai-je alors.

 

 

 

Comme si j’avais prononcé une formule magique ou un mot de passe, la porte s’ouvrit comme par enchantement et je tombai née à née avec un jeune garçon aux cheveux très bruns et ébouriffés.

 

 

 

- Bonjour ! Je suis LJ ! Se présenta-t-il en me serrant la main.

 

 

 

 

 

Je dus prendre une seconde pour comprendre que c’était le fils de Lincoln Burrows qui se tenait devant moi ! « Lincoln-Junior » … Décidément, il y avait beaucoup de choses que j’ignorais encore concernant la famille Burrows-Scofield !

 

 

 

 

 

-  Enchantée, je suis le Docteur Sara Tancredi.

 

- C’est vous qui vous occupez de mon père et de oncle Mike ? M’interrogea-t-il en me regardant de long en large.

 

 

 

« Oncle Mike » ! Ce terme me fit sourire.

 

 

 

- LJ ! Je t’ai dis de ne répondre à personne ! Scanda une voix autoritaire.

 

- Ca va ! Répondit-il. C’est le docteur de la prison, elle veut parler à Veronica.

 

 

 

L’homme apparut alors dans l’entrée. Il s’agissait d’un grand brun, plutôt beau garçon. Il me regarda alors avec stupéfaction… Comme s’il s’attendait à se trouver nez à nez avec un monstre. Mon visage doux et timide finit de le convaincre que je venais en « amie ».

 

 

 

 

 

- Excusez-moi… Je m’appelle Nick Saverine, je travaille également à la défense de Lincoln. Pardon de mon arrivée bestiale ! Se mit-il à rire en me serrant la main à son tour. Je vous en prie, entrez ! Veronica est dans son bureau.

 

 

 

 

 

Davantage rassurée, je pénétrai alors dans le charmant appartement de l’avocate. Il était plutôt spacieux, et à en voir les divers angles de la pièce, je pus constater qu’il avait été décoré avec goût.  Enfin, Nick me fit entrer dans le bureau de la jeune femme après avoir frappé à la porte.

 

 

 

 

 

- Excuses-moi de te déranger Veronica mais il y a une jeune femme qui voudrait te voir.

 

- Nick ! Je n’ai pas une minute devant moi et tu le sais bien ! Le procès a lieu demain, je dois être prête, je n’ai pas le droit à l’erreur…

 

- Vero… il s’agit du Docteur de la prison… Elle connaît Lincoln et Michael… La coupa-t-il.

 

- Vraiment ? Très bien fait la entrer. Se ravisa-t-elle.

 

 

 

 

 

J’arrivai inévitablement au mauvais moment ! Constatai-je. Nick me fit alors signe d’entrer. Ce que je fis timidement. Le bureau de l’avocate était assez petit et une pile monstrueuse de documents envahissait son bureau, le faisant paraître minuscule.

 

 

 

 

 

- Mademoiselle Sara Tancredi ?

 

- Tout à fait… Acquiesçai-je de la tête en lui en serrant sa main ferme.

 

 

 

Comment connaissait-elle mon nom ? Me demandai-je alors que j’étais sure que nous n’avions pas été présenté.

 

 

 

- Lincoln et Michael m’ont parlé de vous lors de mes visites à Fox River. Précisa-t-elle. Je vous en prie asseyez-vous, il me semble que nous devons parler.

 

 

 

 

 

Veronica Donovan était plus petite que moi. Elle avait des cheveux mi-longs d’un noir de jais et de magnifiques yeux bleus qui animaient son visage sérieux et décidé. Et comme toute bonne avocate, elle portait un tailleur. Celui-ci était composé d’une  jupe mi-longue et d’une veste verte.

 

 

 

 

 

La jeune femme me sembla tout de suite amicale. Sans perdre une minute, elle me proposa de m’expliquer ce qu’elle avait découvert sur l’affaire Burrows depuis le début de l’enquête ; ce que j’acceptai avec plaisir.

 

 

 

 

 

A la fin de notre entretien et en étant tout à fait objective, je n’avais plus l’ombre d’un doute sur l’innocente de Lincoln. Son ton convainquant et ses arguments appuyés de preuves plus macabres les unes que les autres n’avaient pas manqué de me persuader qu’il s’agissait d’un complot contre lui. J’étais au courant des meurtres auxquelles elle faisait allusion par le biais des informations mais je n’avais jamais fait le lien avec l’assassinat du frère de la vice présidente Reynolds. Mais grâce aux explications de Veronica, tout semblait concorder…

 

 

 

 

 

- Je suis heureuse que nous nous soyons comprise. Sourit-elle. Et je vous remercie d’accepter de parler à votre père.

 

- Justement à ce sujet… L’arrêtai-je. J’aimerai vous demander une faveur.

 

 

 

 

 

Veronica Donovan ouvrit alors de grands yeux sur moi, se demandant certainement ce que j’allais bien pouvoir lui demander en rapport avec le Gouverneur.

 

 

 

 

 

- Je souhaite évidemment que Lincoln soit disculpé et je vais aller parler à mon père de ce pas. Mais… Poursuivis-je. J’aimerais que, Nick Saverine et vous même, m’accompagnez dans cette requête. Je n’ai pas le temps de vous expliquer ce qui oppose mon père à ne pas m’écouter lorsqu’il s’agit de défendre mes détenus, mais je suis convaincue que si je me représentais devant lui avec les avocats de la défense, mes arguments pourraient peser plus de poids.

 

 

 

 

 

Au sourire de Veronica, je compris aussitôt que je n’avais pas besoin d’en dire plus. C’est ainsi que les avocats Veronica Donovan et Nick Saverine m’accompagnèrent devant mon père…

 
 

*  *
*


 
 

 

 
Par Pitchoune
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Vendredi 12 octobre 2007
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Cette fois, il n’était plus possible de reculer. Je me trouvais dans le palais du gouverneur encadrée des deux avocats de Lincoln Burrows et j’étais bien décidée à parler à mon père. Tout gouverneur des Etats-Unis qu’il pouvait être, je n’allais pas partir avant de m’être expliquée avec l’appui de Veronica et Nick.


-    Ca va bien se passer… Me rassura Veronica comme si elle avait décelé la panique dans mon regard et l’appréhension de me présenter devant mon père.


Je reconnus Caitlin à la réception et la priai de bien vouloir m’annoncer. J’avais volontairement manqué de nommer les deux personnes qui m’accompagnaient. Je préférais mettre toutes les chances de mon côté.

Lorsqu’elle me fit signe de monter le rejoindre à son bureau, je ne perdis pas un instant et allai d’un pas souple frapper à sa porte.




-    Entre Sara ! Entendis-je de l’intérieur.

Sa voix était assez neutre, d’ailleurs. Au moins, je ne tombais pas dans un mauvais moment, ce qui arrivait pourtant plus fréquemment qu’on ne pouvait le penser.

-    Bonjour Papa. J’aimerais te parler de quelque chose… J’espère que tu as un peu de temps à m’accorder.
-    Tu ne me présentes pas à tes amis ? Remarqua-t-il alors comme s’il sentait le vent tourner.
-    Si, bien sur. Papa, voici Veronica Donovan et Nick Saverinn, les avocats qui travaillent à la défense de Lincoln Burrows. Et…c’est précisément à ce sujet que je viens te voir. Lâchai-je enfin.


Mon père posa des yeux surpris sur moi puis fronça ensuite les sourcils en détaillant de plus près les avocats qui m’accompagnaient. Il tombait des nus, ni plus ni moins… Passé l’étonnement, il redevint le gouverneur des Etats-Unis et leur sourit en leur tendant une poignée de main ferme.


-    Je vous en prie asseyiez-vous.


Nous prîmes alors trois chaises et nous installâmes face à lui, devant son bureau. C’est en le voyant seul, de l’autre côté de son grand bureau en bois de chaîne que j’eus le sentiment de le piéger quelque peu. Je le sentais désarmé et aussi surpris que l’on puisse l’être. En un sens, c’était bien normal, jamais encore je n’avais évoqué le dossier de Lincoln. Il savait bien sûr que je m’occupais de ses soins médicaux puisqu’il était à Fox River, mais nous n’avions encore jamais échangé le moindre mot à son sujet.

-    Papa, si je suis venue avec les avocats de Burrows, c’est pour qu’ils t’expliquent clairement les faits. Je suis à mon tour convaincue de son innoncence et je suis certaine qu’après les avoir entendu, tu le seras toi aussi.

Veronica et Nick me succédèrent à la parole. Ils avaient l’air si confiant et si sûr d’eux en s’adressant à mon père ! Je les enviais pour cette belle assurance qui les habitait dans chacune de leurs paroles et de leurs gestes. Ceux-ci étaient d’une précision sans équivoque et captaient à la perfection l’attention de mon père. Oh oui je les enviais pour cela… une assurance que je n’atteindrais certainement jamais ! Soupirai-je intérieurement.






Au bout d’une heure, les avocats conclurent eux-mêmes la discussion, estimant avoir fait le tour de leurs arguments et que comme lors d’un procès, l’heure était venue pour le juge de se retirer et de prendre sa décision.

-    Le procès de Lincoln Burrows aura lieu demain dans la matinée, Monsieur Tancredi. Croyez-bien que nous ferons le maximum pour obtenir gain de cause… Mais nous savons tous que vous avez le pouvoir de stopper toute cette affaire ridicule en donnant votre avis au juge. J’espère vous avoir convaincu de son innoncence. Poursuivit-elle en se levant de sa chaise.
-    La vie d’un homme bon et juste est en jeu, Gouverneur. Rappela Nick en imitant sa collègue.


Mon père acquiesça de la tête d’un air entendu. Il les avait écoutés pendant plus d’une heure avec une attention toute particulière. Je savais alors qu’il prendrait le temps de se pencher sur le dossier de Burrows pour y réfléchir.

J’avais réussi ! Soufflais-je en me levant à mon tour. J’avais mis toutes les chances de mon côté en demandant à ces deux avocats de m’accompagner et mon Dieu que j’avais bien fait !!



-    Sara ! Me retint-il alors que j’allais quitter son bureau.


Je regardais alors Veronica et Nick quitter les lieux et leur adressais un sourire de remerciement…. Un sourire presque glorieux pour leur crier : « C’est gagné ».

-    Oui Papa ?
-    Fermes la porte derrière toi, j’aimerais te dire deux mots en privé.


Les battements de mon cœur se mirent alors à s’accélérer au ton de sa voix devenu plus dur et sec.


-    Réponds-moi franchement. Reprit-il une fois la porte refermée. Est-ce que cela t’amuses de ridiculiser ton père ?

A ces mots, j’ouvris de grands yeux. Mais que disait-il ?

-    Je suis désolée que tu l’ais pris comme ça, Papa. Je voulais simplement me faire entendre… Et comme toi et moi nous savons que la communication entre nous n’est pas notre fort, j’ai jugé bon de venir avec du renfort.

Enervé par mon discours, mon père frappa du poing sur son bureau, faisant sauter tous les objets qui s’y trouvaient.

-    Tu m’as fichu les avocats de Burrows sur le dos ! S’énerva-t-il.
-  Tu n’as rien compris à ce qu’ils t’ont raconté depuis une heure ?? M’emportai-je à mon tour, sentant mes nerfs chauffer à vifs. Lincoln Burrows est innocent ! Je le pressentais et après avoir parlé à ses avocats, j’en suis convaincue ! Tu dois faire quelque chose !


Mon père secoua la tête. Encore une fois, nous étions dans une situation de conflit. Et il entendait bien me tenir tête. Seulement cette fois, je ne le laisserais pas gagner. Il ne s’agissait pas de mon travail qui l’insupportait, cette fois ! Ou de mon passé de drogué… La vie de Lincoln était en jeu et maintenant que j’étais sure de ce que m’avait dit Michael, je ne lâcherai pas l’affaire moi non plus.


-   Tu es tombée amoureuse de ce Burrows ! Hurla-t-il soudain.
-   Qu’est-ce que tu racontes ?
-   Sara, je savais que tu ne fréquentais que des bons à rien mais là j’avoue que tu fais fort !! Cet homme est condamné pour avoir tué le frère de la Vice Présidente, cela n’a rien d’un amusement. 
-    Tu racontes n’importe quoi ! C’est mon devoir de défendre mes patients ! Et encore plus lorsque je suis persuadée de leur innocence.
-    Sara, jamais encore tu n’étais venue devant moi invoquer la défense d’un quelconque détenu ! Et aujourd’hui, tu débarques dans mon bureau avec deux avocats dans tes poches pour tenter de me convaincre !


Je baissais la tête. Malgré toutes les choses terribles dont m’accusait mon père, je devais reconnaître qu’il n’avait pas faux sur toute la ligne… C’était la première fois que je prenais la défense de l’un de mes prisonniers et que j’étais prête à tout pour me faire entendre. Et il avait soulevé un point essentiel… J’étais amoureuse… mais pas du frère auquel il pensait.


-    J’espère pour toi que tu n’es pas amoureuse de Lincoln, ma chérie. Parce qu’à moins d’un miracle, Burrows va subir la chaise électrique demain à minuit.

Je sentis alors sa voix se radoucir. Sans doute pensait-il que j’avais déjà eu assez de chagrin avec la perte de ma mère et ma descente aux enfers avec ma dépendance pour la drogue.

-    Crois-bien que je ne désire pas te voir souffrir de nouveau. Cooper ne t’a-t-il donc rien n’apprit ?


Lorsque j’entendis ce prénom que je m’étais promis de chasser de ma mémoire à jamais, un frisson s’empara de moi. Il n’avait pas le droit de faire allusion à Cooper… Pas après les mois de souffrance que j’avais connu. Néanmoins, je ne désirais pas remettre cet éternel sujet sur le tapis et préférai rassembler toute mon énergie pour me ressaisir.


-    Papa, je ne suis pas amoureuse de Lincoln, je te le promets. Mais maintenant que je sais qu’il est innocent, je ne peux pas rester sans rien faire… ni me taire. Murmurai-je en m’approchant calmement de lui. Promets-moi que tu vas consulter le dossier Burrows et que tu vas y réfléchir sérieusement…






*   *
*







En retournant à ma voiture mon téléphone portable sonna. Je constatai sur l’écran qu’il s’agissait d’un appel provenant de Fox River, et j’en fus tout de suite rassurée. Ces appels anonymes commençaient sérieusement à me faire peur.


-   Allô ?
-  Sara ! S’exclama le directeur Henry Pope. Je pensais vous trouver au pénitencier aujourd’hui mais apparemment vous êtes partie plus tôt que d’habitude…
-   Oui, je… J’avais un rendez-vous. Expliquai-je sans plus de détails.
-   J’ai besoin de vous parler… hum… Et j’aurais aimé le faire en face à face.
-   Je peux faire un saut à Fox River, si vous le désirez ? [/color]Proposai-je.
-   Vraiment ? Alors oui, je veux bien. Venez me rejoindre dans mon bureau dès votre arrivée. Clarifia-t-il avant de raccrocher.



Plutôt étrange ce coup de fil ! Qu’avait-il à me dire de si important ? Déconcertée, je rangeai mon portable dans mon sac à main et démarrai ma voiture, direction Fox River.

J’avais roulé plutôt vite sur la route qui me séparait de la prison.  Le Directeur savait mettre du suspens et du mystère dans sa voix. Je me garai rapidement et longeai le chemin qui menait au bâtiment.

Je jetai alors un rapide coup d’œil en passant du côté de la cour. Elle était déserte, ce qui était tout à fait normal vu l’heure qu’il était. Néanmoins, j’aurais beaucoup aimé croiser Michael pour lui dire que j’avais parlé à mon père. Même si je ne savais pas du tout ce qu’il allait décider, j’étais plutôt fière d’être parvenue à lui tenir tête.



Arrivée devant la porte du bureau du Directeur, je frappai et entendis de suite sa secrétaire personnelle me prier d’entrer.


-    Bonsoir Docteur Tancredi. Me lança-t-elle en enfilant son manteau, prête à partir. Henry vous attend dans son bureau, vous pouvez le rejoindre !
-    Merci Patty !


La porte de son bureau était d’ailleurs entre-ouverte et j’aperçus à mon plus grand étonnement, Michael Scofield qui riait de bon cœur avec le directeur.


-    Entrez donc Sara ! Me lança-t-il à travers la porte.

Sa voix résonnante me fit sursauter ! Il m’avait apparemment vu dans l’embrasure de la porte, lui aussi !

-    Bonjour Henry !
-    Assied- vous, je vous en prie ! Michael Scofield et moi avions terminé.
-    Oh… Bonsoir Michael ! M’exclamai-je en faisant mine de l’apercevoir seulement à l’instant dans la pièce.
-    Bonne soirée, Docteur. Me sourit-il en quittant le bureau, suivit d’un gardien.


Je le regardai partir en me demandant bien ce qu’il pouvait faire dans le bureau du directeur à cette heure-là ! Peu importe, cela n’avait pas l’air grave vu la façon dont ils riaient tous les deux. Apparemment, Pope l’avait aussi à la bonne. Remarquai-je en me disant qu’il était difficile de ne pas apprécier Michael Scofield.


-  Merci d’être revenue Sara. Voilà, j’aimerais vous parler de Lincoln Burrows.
-    Burrows, Monsieur ? Répétai-je étonnée.
-    Oui… Comme vous le savez, son exécution aura lieu demain à minuit. Je veux m’assurer que tout ce passera au mieux.
-    C’est un euphémisme ! Le coupai-je d’une voix amère.
-    Personne ne se réjouis de cet événement, Sara ! Croyez bien que j’aurai préféré ne pas avoir à faire passer un homme à la chaise électrique dans ma prison ! Tonna-t-il d’une voix rude et claire. Aussi, nous aurons besoin d’un médecin à ses côtés à ce moment-là et j’aimerais donc vous demander d’être celui-ci.


Sa requête me fit échapper un « Oh ! » de surprise. Il me demandait très clairement d’être présente à l’exécution de Lincoln Burrows… D’assister à la mise à mort du frère de Michael ! Réalisai-je.


-    Je sais que c’est quelque chose de très dur que je vous demande là, mais je sais aussi que vous saurez faire face. Vous êtes mon meilleur médecin et vous savez la confiance et l’estime que je vous porte. Continua-t-il.
-    … et je vous en remercie. Je ferais mon maximum pour être à la hauteur aux côtés de Lincoln demain. Lâchai-je enfin.
-    Merci. Votre travail consistera simplement à effectuer son dernier bilan de santé et à assister au bon fonctionnement de son installation sur la chaise. Je vous ferais grâce de ne pas participer à la suite…


A ces mots, je poussais un soupir de soulagement. Il aurait été terrible pour moi d’avoir dû rester aux côtés de Lincoln à la mise en marche de la chaise électrique. Le fait de penser que demain était sa dernière journée me pesait déjà sur le cœur.




Je rentrai alors totalement effondrée par ces dernières nouvelles. La dernière chose qui puisse stopper ce cauchemar était de prouver rapidement l’innocence de Lincoln. Pour cela, j’espérais de tout mon cœur que Veronica Donovan et Nick Saverinn gagne le procès demain matin. Dans le cas contraire… Il n’y avait plus qu’à espérer que mon père prenne la bonne décision ! Soupirai-je en appuyant la tête contre la vitre de la fenêtre de ma chambre.

Désemparée, je m’assis sur le bord de mon lit et m’emparai du petit ange en origami qui trônait sur ma table de nuit. Je le serrai fort contre moi en priant que l’on entende ma requête.




*   *
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Par Pitchoune
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Dimanche 21 octobre 2007

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Après être enfin parvenue à trouver le sommeil aux alentours de quatre heures du matin, je dormais profondément. Un coup de fil avait encore résonné tard hier soir, mais je n’avais vraiment pas eu le cœur à décrocher… Je redoutais de plus en plus ces coups de fils anonyme.

La sonnerie de mon réveil me fit soudain sursauter, me ramenant cruellement à la triste réalité. Je m’assis difficilement dans mon lit et portai mes mains sur mes tempes. Aujourd’hui, Lincoln Burrows allait être exécuté.

J’arrivai à la prison, très soucieuse. J’espérais de tout mon cœur que mon père ait pris le temps d’examiner le dossier Burrows et plus encore… qu’il ait prit la bonne décision. J’allais le savoir, de toute manière, bien assez tôt.



Comme à mon habitude, je trouvais Michael Scofield près du grillage. Je vis au loin sa mine décomposée et les cernes sous ses yeux… lui non plus n’avait pas dû fermer l’œil de la nuit. Il n’y avait sans doute aucun mot qui puisse le réconforter en un jour comme celui-ci, mais je voulais qu’il sache que j’étais de son côté.

-    Bonjour Michael.
-    Nous y sommes… Murmura-t-il d’une voix fatiguée.
-   Je suis allée trouver Veronica Donovan et Nick Saverinn… Vous aviez raison, leurs explications m’ont convaincu et nous sommes allés voir mon père. Expliquai-je.
-    Vraiment ? Oh Sara…


Je vis à cet instant une lueur dans ses yeux, comme un dernier espoir que je venais lui porter. Pourvu qu’il ne s’agisse pas d’un faux espoir… Songeai-je en moi-même.


-    Merci de tout cœur. Ajouta-t-il.
-   Je vous en prie, Michael… ne vous réjouissez pas trop vite. Comme je vous l’ai dis, moi père n’a jamais été du même avis que moi ! J’ai fait mon maximum, et vos amis aussi. Maintenant… Je crois qu’il n’y a plus qu’à attendre… et à espérer.
-   Merci d’avoir essayé en tout cas. Le procès aura lieu dans quelques heures, cela nous laisse une chance de plus.
-   Il y a autre chose…  Continuai-je. Le Directeur m’a convoqué hier soir pour me dire…
-   Pour vous dire… Répéta-t-il en constatant ma soudaine difficulté à m’exprimer.
-    … me dire que si Lincoln doit être exécuté, c’est à moi que reviendra le soin de réaliser son dernier bilan de santé… et… et de… de vérifier que tout se passe bien… au moment où ils le placeront… sur... sur la…
-    … la chaise ! Continua Michael d’une voix qui me glaça le sang. Espérons que nous n’aurons pas à en venir là.[






*   *
*






Quelques heures plus tard, tout Fox River parlait du procès perdu par les avocats de la défense de Lincoln Burrows. Cette nouvelle m’accabla, pensant que le dernier espoir était entre les mains de mon père.

Une foule de journalises débarqua devant le pénitencier, réclamant une interview du Directeur Henry Pope. Depuis la fenêtre de l’infirmerie, je le vis descendre lentement et aller parler aux journalistes. Ce rassemblement me terrifiait alors que je perdais de plus en plus confiance quant aux événements à venir…


Je descendis à mon tour mais restai éloignée des journalistes. Je ne me serais exprimée sur l’exécution de Lincoln pour rien au monde !

-    Docteur Tancredi ! Appela une voix.
-    Oh Veronica, c’est vous !


L’avocate s’approcha de moi, les yeux embués et la mine défaite. Elle avait certainement pleuré.


-  Je suis terriblement désolée d’avoir appris l’échec au procès.
-  Tout est contre nous, Sara ! Grogna-t-elle. Une personne tire les ficelles dans l’ombre et il n’y a rien que nous puissions faire… C’est un complot ! Un complot ! S’emporta-t-elle.


La voyant à bout de nerf, je posai ma main sur son bras pour l’apaiser et tentai de la réconforter bien tant bien que mal.


-    Vernonia, ne craquez pas maintenant… pas après tout ce que vous avez fait ! L’encourageai-je. Vous vous êtes tellement battue, il faut continuer d’y croire ! Attendons la décision du gouverneur…
-    J’envie votre calme et la maîtrise de vos émotions. Me répondit-elle en souriant.


Elle avait sans doute raison, je paraissais calme et détenue pour  ne pas la paniquer davantage. Mais en réalité, le stress et la peur bouillonnaient en moi.

Nick Saverinn arriva à ce moment là. Il me serra la main et prit Veronica dans ses bras pour la consoler.






*   *
*





La journée passa rapidement. A chaque heure, chaque minute, j’attendais le verdict de mon père. Mais celui-ci se faisait décidément attendre. J’imaginais Michael, espérant de tout son cœur qu’un miracle arrive… Et Lincoln ! Le pauvre Lincoln devait être rongé par la peur et l’angoisse à l’idée de dire « Adieu » à ses proches et l’image de cette horrible chaise devait le hanter sans cesse.

-    Pope est vache de t’avoir confié cette responsabilité… Me dit Katie. Il sait très bien que tu t’occupes de Michael et des soins de Lincoln.
-    Ne m’en parles pas, j’ai une boule au ventre depuis qu’il me l’a annoncé.
-    Il n’aurait jamais dû te demander ça…






*   *
*






Mais apparemment le destin était décidé à me faire vivre mon cauchemar jusqu’au bout. Le soir tomba et l’heure du dernier bilan de santé arriva.

Je procurai les soins à Lincoln comme un robot. Lincoln ne disait pas un mot mais je ne doutais pas que de sombres pensées devaient envahir sa tête. Je l’auscultais donc une dernière fois dans le silence le plus complet et lui adressai un faible sourire à la fin.

-    Je suis de tout cœur avec vous Lincoln.
-  Merci, Docteur. Réussit-il à me répondre dans un sourire crispé par l’angoisse.


Le Directeur arriva à l’infirmerie et annonça qu’il était l’heure d’amené Lincoln à la « chambre d’exécution » comme il la nommait.

Les gardiens s’emparèrent de lui, sans aucun sentiment. Je sentais la boule dans ma gorge se serrer davantage. Katie était restée à l’infirmerie jusqu’au dernier instant pour me soutenir. Une véritable amie cette Katie ! Elle me serra la main pour me donner du courage et me laissa partir avec la troupe la plus morbide de tous les temps.

Sur le chemin, personne ne prononça un mot. Tous avaient les lèvres scellées, se préparant au moment, sans doute, le plus terrifiant de leur vie. Notre marche lente et les visages fermés et transformés par la peur me donnaient l’impression que nous nous dirigions tout droit vers l’enfer. En un sens, il y avait un peu de cela…


Arrivés dans le dernier couloir, nous tombâmes nez à nez avec Michael Scofield et Veronica Donovan qui attendaient, encerclés par deux gardiens. Ils se tenaient tous les deux la main comme s’ils s’accrochaient à une bouée de sauvetage. L’un et l’autre avaient le visage crispé et abattu.

En m’apercevant, Michael m’adressa le regard le plus triste que je lui ai connu. Un regard implorant… Comme si je portais le dernier espoir en moi.



« Papa… que fais-tu… » Pensai-je en serrant les lèvres.




-   Bonjour Michael. Bonjour Maître Donovan. Salua simplement le Directeur.


Le regard de Lincoln se porta immédiatement sur son jeune frère et son amie. Je pensai alors qu’il devait être déchiré de ne pas pouvoir dire adieu à son fils.

Nous entendîmes des pas résonner dans le couloir et se rapprocher à grande allure de nous. Un gardien arriva en courant, brandissant un téléphone sans fil.

-   Monsieur le Directeur ! Un appel du Gouverneur ! S’exclama-t-il quelque peu essoufflé.

Henry Pope fronça les sourcils, il était lui aussi en proie au stress qui le gagnait peu à peu. Il s’éclaircit la voix et répondit au téléphone.


-    Bonjour Monsieur le Gouverneur Tancredi ! Mmh ? … D’accord… je comprends… Très bien…


Nous avions tous les yeux rivés sur les lèvres du Directeur, attendant la parole libératrice qui annoncerait que Lincoln était sauf. Après une minute qui me sembla une éternité, il raccrocha enfin et leva des yeux meurtris sur Michael.

-    Je regrette… Le Gouverneur a approuvé la décision du juge.

Michael laissa échapper un gémissement d’horreur entre ses lèvres et Veronica, qui avait tenu tant bien que mal jusque là, abandonna quelques larmes sur ses joues.


-    Croyez bien que je suis navré, Lincoln… mais il est temps… Faites vos adieux, je vous prie.

A ces mots, Veronica se jeta littéralement dans ses bras. Lincoln la serra très fort contre lui et ferma les yeux en enfouillant son visage dans sa chevelure noir de jais. Elle sanglotait et semblait ne plus vouloir le lâcher. Je le vis murmurer quelque chose à son oreille. Lincoln desserra peu à peu son étreinte et lui caressa la joue affectueusement.


-    J’aurais tellement aimé que les choses se passent autrement. Je n’aurais jamais dû te laisser quitter mon cœur. L’entendis-je murmurer.


Ces mots me firent monter les larmes aux yeux. Je me retins de toutes mes forces pour ne pas craquer et déglutis difficilement. La boule qui serrait ma gorge semblait ne plus vouloir partir.

Michael s’avança à son tour vers Lincoln. Son grand frère l’enlaça de ses grands bras costauds et lui murmura également quelque chose à l’oreille. D’où je me trouvais, je ne pouvais pas voir le visage de Michael, mais celui de Lincoln. Ses traits étaient figés, comme pétrifiés par l’émotion qu’il vivait. Ce fut seulement lorsqu’il revint vers nous que je vis que Michael pleurait. Sa détresse m’étouffait… J’aurais voulu hurler d’arrêter ce massacre… le prendre dans mes bras… lui dire que ce n’était qu’un cauchemar.


Oui ça ne pouvait être qu’un cauchemar ! Me dis-je. Rien de tout cela n’avait de sens. Comment mon père avait-il pu rejeter son dossier malgré toutes les preuves…

-    Je suis désolé, Lincoln mais il faut y aller maintenant.

Michael et Veronica étouffèrent un sanglot et Lincoln baissa les yeux… sans doute pour ne plus voir ces visages qu’ils aimaient tant, déchirés par la tristesse. Puis il s’avança lentement dans la salle.


-    NOOOOON !! Se mit à hurler Michael d’une voix étranglée par les larmes. Vous ne pouvez pas faire ça ! Il est innocent ! C’est mon frère ! Lincoln est innocent ! Innocent ! Continua-t-il de crier, aveuglé par un flot de larmes.


Ses cris m’arrachèrent le cœur. Je dû détourner la tête de l’assemblée pour reprendre mes esprits et ne pas craquer.

Veronica attrapa sa main et le serra fort dans ses bras pour étouffer les sanglots qu’il ne pouvait plus retenir. Enfin, ils finirent par aller s’installer dans la petite pièce qui se trouvait à côté de la terrifiante salle, où un petit groupe de journalistes était déjà installé.


-    Docteur, s’il vous plait… Me pria Henry en me faisant entrer.


Cette fois, je ne pouvais plus reculer. J’entrai lentement, le visage fermé. Je devais me placer devant la chaise et observer les gardiens harnacher Lincoln à la chaise, vérifier que tous leurs gestes étaient conformes et que Lincoln tenait le coup.

Cette horrible chaise ! Il m’était impossible de la décrire tant le lourd sentiment et la cruauté qu’elle dégageait me terrifiaient. Une fois installé, Lincoln tremblait de peur et je vis ses lèvres remuer, tentant de se donner du courage. Peut-être était-il entrain de prier…

Le rideau de la pièce aux « spectateurs » s’ouvrit soudain… laissant apparaître les visages noyés de larmes de Michael et de Veronica.

La pression était trop forte et je sentais de plus en plus les larmes me monter aux yeux. Ce qui se déroulait sous mes yeux étaient totalement inhumain.


-    Merci Docteur, vous pouvez partir. M’indiqua enfin le Directeur d’une voix compatissante.


Je n’attendis pas une seconde de plus. Je lançai un dernier regard navré à Lincoln et à Michael à travers la vitre et quittai la chambre de l’enfer. Une fois dans le couloir, je courus à perdre haleine jusqu’à ma voiture… pour fuir le plus vite possible ce cauchemar qui ne s’arrêtait plus.







*   *
*






Arrivée chez moi, je claquai la porte d’entrée derrière moi, sans retenue, et explosai en sanglots. Le spectacle qu’il m’avait été donné de voir m’avait littéralement rendu malade. Je ne savais pas si j’allais m’évanouir ou être prise de nausées.

Le visage de Lincoln pétrifié par la peur était une image qui ne voulait plus sortir de ma tête. A cet instant précis, le jeune homme devait être mort ! Réalisai-je. Et Michael… Soupirai-je en repensant à son désarroi et toute sa peine face à cette injustice ! Le pauvre était désormais seul ! Je me promis alors solennellement que je serais toujours là pour lui. Il m’avait sauvé la vie et moi je n’avais pas réussis à convaincre mon père de sauver celle de son frère. Je me sentais profondément triste et déçue.


Au bout d’un moment, je me mis en quête d’un paquet de mouchoirs pour essuyer les larmes qui ne cessaient de couler sur mes joues. Quand enfin je réussis à mettre la main dessus, le téléphone sonna, ne manquant pas de me faire sursauter.

Je pris soin de m’éclaircir quelque peu la voix avant de décrocher.

-    Allô ?
-    ( …)

-    Ca suffit cette fois ! Je commence à en avoir plus qu’assez de ces coups de fil ! Me mis-je à crier au téléphone.
-    (…)

Alors que j’étais prête à raccrocher, furieuse que l’on vienne encore me déranger après une journée comme celle que je venais de passer, je perçus un murmure dans le combiné…

-    Sara…

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine ! J’étais tellement habituée à n’entendre aucun son à chacun de ces curieux appels… Ce n’était même pas un murmure, c’était plutôt une voix étouffée ou transformée… Impossible de distinguer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme.

-    Qui… qui est à l’appareil ? Demandai-je, prise de panique.
-    Saraaaa… Chantonnait encore la voix étouffée.

La peur me figea littéralement et je raccrochai, pétrifiée par ce nouvel appel.






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Par Pitchoune
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Samedi 27 octobre 2007


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Je me réveillais le lendemain encore sous le choc des événements de la veille. Je sortis difficilement de mon lit et avançais maladroitement jusqu’à la salle-de-bain. J’observais mon visage dans le miroir. Ouh ! Mes yeux étaient encore un peu gonflés des larmes que j’avais versées avant de m’endormir. Je n’avais vraiment pas bonne mine.

Une fois sortie de la douche, je commençais à me sentir mieux mais le sentiment de vide et de tristesse qu’avait laissé l’image de Lincoln sur la chaise, me rongeait encore le cœur. Après la mort de son unique frère, Michael devait être anéanti ! Soupirai-je en allumant la radio pour accompagner mon petit déjeuné.



« …yable ! De nouvelles preuves auraient été découvertes… Le Directeur du pénitencier, Henry Pope, fera d’ailleurs une conférence à ce sujet, ce matin à 10h00. Il semblerait que le juge ait arrêté à temps l’exécution pour indiquer qu’il accordait un délai supplémentaire au condamné…»



Quand j’entendis ces mots, je faillis m’étouffer !! Je me levai précipitamment et allumai la télévision ; chose que j’aurais apparemment dû faire hier soir ! Mais je n’avais vraiment pas eu le cœur à ce genre de divertissement dans l’état dans lequel j’étais… Comment aurais-je pu deviner ? Me dis-je, abasourdie.

Je priais avoir bien entendu et zappais sur plusieurs chaînes d’information. Les mots « Miracle ! – In extremis – Inattendu » fusaient dans la bouche de tous les journalises ! Lincoln Burrows était le sujet principal de toutes les grandes chaines de News !

Je sautais de joie à cette nouvelle ! Un sourire indissimulable transforma littéralement mon visage qui rayonnait de nouveau. J’arrivais le plus rapidement possible à Fox River, les yeux remplis d’espoirs.






*   *
*






Katie m’avait rejoint un peu plus tard dans la salle de pause, elle n’en revenait pas non plus ! C’était tout à fait incroyable, surprenant, inattendu ! Digne d’un vrai scénario de cinéma !

-    Lincoln Burrows doit avoir une sacrée bonne étoile ! S’esclaffa Katie.
-    Ce n’est rien de le dire… Je n’en reviens toujours pas !
-  Le pauvre Michael n’aura pas savouré cette bonne nouvelle très longtemps. Soupira-t-elle.

Je la regardai alors, confuse. De quoi parlait-elle ?

-    Qu’est-il arrivé à Michael ?
-   L’infirmier de nuit a essayé de te joindre cette nuit, ma belle ! Mais apparemment, ton téléphone portable ainsi que ton fixe étaient coupés…


Soudain je me rappelai… Le coup de fil anonyme d’hier soir… cette voix étouffée qui prononçait mon nom de la façon la plus effrayante qui soit… Sous la panique, j’avais raccroché et pris soin de débrancher mon téléphone fixe et d’éteindre mon portable. J’avais alors été injoignable toute la nuit ! Constatai-je en me pinçant les lèvres. Mais je ne voulais pas effrayer Katie.


-    Oh, c’est vrai ! J’ai de gros soucis de lignes ces temps-ci ! Mais ce sera vite réparé ! Expliquai-je. Pourquoi avait-on besoin de moi ?
-    Il s’est passé quelque chose cette nuit dans la cellule de Scofield…
-    Quoi donc ? La pressai-je.
-    Comme il n’a pas pu te joindre, c’est moi qui suis venue et les gardiens m’ont amené Scofield à l’infirmerie pour que je le soigne… Il a été fortement brûlé sur le haut du dos… Ce n’était pas beau à voir et le pauvre petiot était dans les vaps.

J’en ouvris la bouche de stupeur ! Qui avait bien pu faire ça ? Et en pleine nuit, c’était carrément insensé !

-    Enfin Katie, qui lui a brûlé l’épaule ?
-    Justement, je n’en ai aucune idée… Et il refuse de désigner la personne qui l’a sauvagement agressé ! Le Directeur est certain qu’il s’agit de Fernando Sucre, étant donné qu’il partage sa cellule et qu’ils n’ont pas bougé de la nuit, mais il affirme qu’il n’a rien fait !
-    Sucre ? Répétais-je. Ce serait plutôt étonnant, il s’entend très bien avec son co-détenu. Mais tu as raison, il n’y avait  personne d’autre dans sa cellule.


La jeune infirmière frappa soudain à la porte de la salle de pause et nous rejoignit. Elle se versa une tasse de café et m’observa. Je n’arrivais jamais à savoir si ses regards étaient sympathiques ou autres…


-  Docteur Tancredi, Michael vous attend à l’infirmerie, je l’ai fait s’installer. Me signala-t-elle de son drôle d’accent.
-   Je vous remercie Sherry, j’y vais immédiatement. A tout à l’heure Katie !
-   A plus, ma belle !


Un nouveau sourire me submergea. Dès la première seconde où j’avais appris que Lincoln était sauf… ou du moins pour un temps, j’avais eu envie de serrer Michael et son frère dans mes bras. Bien entendu, je savais que je devais faire preuve de retenue avant tout, mais cette pensée m’avait tout de même traversée l’esprit… J’étais heureuse de le retrouver.




-    Bonjour Michael !

Je le vis alors assis sur le lit de consultation, torse nu. Un énorme bandage pansait sa brûlure qui  semblait occuper une partie de son omoplate. Rien ne m’étonnait plus à la pensée que sa seule issue à la souffrance avait été de perdre connaissance.

-    Bonjour Sara !

Il se tourna vers moi et me sourit. Ses yeux aussi semblaient me sourire tant il paraissait heureux à cet instant.

-    Lincoln a obtenu un sursis ! S’exclama-t-il.
-  Oui Michael, j’ai appris ça ce matin à la radio ! Je suis tellement heureuse ! Mais je ne vous explique pas la nuit que j’ai passé…

Je le vis prendre son sourire en coin, comme touché de s’apercevoir que je me faisais du souci pour lui et pour son frère.

-    Combien de temps lui a-t-il été accordé ?
-  Le temps de découvrir ce que valent ces nouvelles preuves… Deux semaines ! Soupira-t-il, à nouveau songeur. Veronica et Nick ont du pain sur la planche !


Je m’approchai ensuite de lui et avec délicatesse, ôtai le bandage qui entourait son épaule et son omoplate avec la plus grande précaution. Son visage se crispa tant la douleur devait être intense.


- Mon Dieu Michael… Soufflai-je en m’apercevant de l’étendue des dégâts. Qui a bien pu vous faire ça ??
-  Je… je ne peux pas le dire… Dit-il d’un air plus que gêné. Encore une fois Sara, c’est dans votre intérêt, je ne veux pas que vous soyez mêlé à ça…


Les secrets et les mensonges avaient déjà bien entamés ma confiance en lui, la dernière fois. Me dis-je en repensant à cette Nika ! Pourtant, ses mots m’intriguaient de plus en plus ! Il se passait forcément quelque chose… De quoi avait-il peur ? Que je connaisse le nom de ce prisonnier et qu’il me fasse du mal à mon tour pour avoir parlé ? J’avais beau me creuser la tête, je ne voyais vraiment pas ce qu’il pouvait se tramer… Cette fois-ci, je décidai de ne pas insister… Après tout, ce n’était pas mon travail de savoir qui l’avait agressé !

Je n’ajoutais pas un mot et m’occupais de sa brûlure avant de la panser avec un nouveau bandage. Tout en faisant mon travail, je parcourais son dos de mes yeux. Il était musclé et couvert de ces étranges tatouages. Seule sa nuque était encore rose. Je réalisai qu’à cet instant, j’aurai donné n’importe quoi pour passer ma main sur sa nuque si captivante à mes yeux.


Mon téléphone portable allumé, sonna soudain, rompant le silence.

-    Docteur… Appela Michael.

Au son de celui-ci, je sursautai… et me plaçai davantage derrière le dos de Michael, comme s’il avait eu le pouvoir de me protéger ! Je me mis à trembler à la pensée de ces coups de fils anonymes, du mot sous ma porte et de la voix étouffée qui chantonnait mon nom. Il n’y avait pas d’erreur ! Cette personne en avait après moi… mais pourquoi ?

-    Sara ? Reprit-il.
-    Mmh… oui ?
-    Votre portable ! Me lança-t-il en me fixant.


Je ne bougeai pas d’un pouce, pétrifiée à l’idée de décrocher. Michael tourna la tête et me regarda, troublé de me voir ainsi. Enfin la sonnerie cessa et me permit de mieux respirer. Mon cœur battait à cent à l’heure dans ma poitrine et je devais être pâle comme un linge à cet instant.


-    Mais enfin, Sara, que se passe-t-il ?
-    Rien du tout ! Clarifiai-je en essayant de reprendre mes esprits.
-   Je vous en prie… Vous étiez comme paralysée dès que le téléphone s’est mit à sonner ! C’est encore un de ces coups de fil anonymes ?

Je me pinçais lèvres, nerveuse. Le mot glissé sous ma porte stipulait bien de ne plus m’approcher de Michael… Et cela faisait déjà deux fois que mon portable s’était mis à sonner sans interlocuteur au bout du fil lorsque je me trouvai avec lui. Cela avait-il un rapport avec le complot dans lequel était plongé Lincoln ? Me demandai-je.

Je n’ajoutai pas un mot mais il prit mon silence comme une réponse.


-    Sara, ne restez pas sans rien faire si cela continue ! Prévenez la police ! S’exclama-t-il.
-    Je… je vais y réfléchir !


Il devait me sentir distante à souhait à ce moment-là car une fois son pull enfilé, il se leva et n’eut aucune retenue à me faire face. Michael Scofield était plutôt grand. Je l’étais aussi ce qui le laissait à la bonne hauteur pour me fixer dans les yeux.  Et en une seconde, il happa mes iris dans les siens.

-    Ne vivez pas dans la peur, Sara. Je connais trop cette sensation depuis que je suis entré à Fox River… Je vous en prie, appelez la police, je ne veux plus vous voir comme ça. Me glissa-t-il à l’oreille.






*   *
*





Ma journée se termina à la tombée de la nuit. J’avais très peu dormi la nuit dernière mais j’avais bien été obligé de tenir le coup aujourd’hui ! Et les détenus ne m’avaient pas épargnés ! Soupirai-je en repensant au nombre de prisonniers qui étaient passés à l’infirmerie.

Lessivée, je commençais à penser que j’allais directement aller au lit sans prendre la peine de manger, mais alors que je m’assis sur le canapé, je jetai un coup d’œil à mon téléphone fixe, débranché. Je ne recevrais donc logiquement plus d’appels inconnus tant que la ligne resterait coupée mais Michael avait raison… vivre dans la peur n’était pas la meilleure des solutions ! Mais que faire alors ? Prévenir la police pour qu’ils mettent ma ligne sur écoute ?



Pour une fois, je n’eus même pas à réfléchir davantage ! J’entendis des petits pas, qui semblaient se vouloir discrets, venir jusqu’à ma porte d’entrée.

Apeurée, je fronçai les sourcils… persuadée que cette visite était loin d’être amicale. Ma pensée se confirma lorsque j’aperçus un petit papier atterrir comme par magie sous ma porte.

Mon sang ne fit qu’un tour ! Je me précipitai sur ma porte d’entrée et tournai la clé dans la serrure pour surprendre mon visiteur. Quand j’ouvris enfin la porte, la personne n’était plus là mais je l’entendis dévaler l’escalier.

Je ne prie pas la peine de lire la nouvelle menace inscrite et me lançai à mon tour dans l’escalier. Je descendis les marches à une telle allure que j’aperçus enfin ce mystérieux inconnu de dos. Ma présence le surprit et il perdit du temps en se retournant. Je descendais si vite les marches que je manquai de tomber plusieurs fois.



Enfin la chance me sourit ! L’inconnu glissa et se rattrapa à la rampe, me laissant le rattraper aisément. J’allais enfin découvrir mon maître chanteur ! Réalisai-je sous une montée incroyable d’adrénaline.

-    Merde ! Entendis-je alors que je lui attrapai le bras.

L’intriguant portait un sweater bleu nuit et avait pris soin de rabattre la capuche sur sa tête. Le pantalon de sport moulant à souhait et les baskets 100% féminine, finirent par me convaincre qu’il s’agissait d’une femme. Et cette voix… Me dis-je en fronçant les sourcils et reprenant mon souffle, je l’avais déjà entendu…

-    Madame Scofield ! Explosai-je en lui arrachant sa capuche.
-    Lâches-moi, pétasse !


J’ouvris de grands yeux… encore sous le choc de réaliser que la mystérieuse personne qui tentait de me faire peur n’était autre que Nika !! Et quelle vulgarité ! Constatai-je.


-  Non mais je rêve ! Alors c’était vous ! C’était vous qui passiez votre temps à me téléphoner jour et nuit, jusqu’à mon travail ! Hurlai-je, hors de moi.
-   Bingo ! Siffla-t-elle entre ses dents. 
-   Mais enfin, pourquoi ?


La jeune femme me dévisagea, comme si ma seule présence suffisait à l’agacer. Elle dégagea sa chevelure bouclée de sa capuche et me lança un regard noir. Sa tenue de sportive sexy me faisait penser au personnage de cette série : « Desperate Housewives », elle avait le look de Gabrielle Solis faisant son yoga.


-   Pourquoi ? Reprit-elle. Parce que vous faites tout ce que vous pouvez pour séduire mon mari !
-  Comment ? Criai-je à mon tour. Vous êtes complètement folle ! Michael est l’un de mes patients au pénitencier, rien de plus !
-    Je sais de quoi je parle… Grinça-t-elle.
-   Vous m’espionnez ? Réalisai-je en repensant à certains moments où Michael et moi avions été un peu plus proches. Et comment avez-vous eu mon adresse… mon numéro de téléphone portable ?! M’emportai-je.

La garce sourit et plissa ses yeux maquillés en amandes. Visiblement, elle était fière de son coup.

-  Ma pauvre fille, vous n’avez rien vu, rien soupçonné ! Votre collègue, Brad Bellick est venu me voir à mon travail… au dancing ! Expliqua-t-elle. Il était venu pour m’embarquer et prouver et j’étais arrivée aux Etats-Unis clandestinement. Je devais alors trouver un moyen de le convaincre de me laissez tranquille !
-    Brad ! Laissai-je glisser entre mes lèvres sous la colère.
-  Oui… Votre ami Brad ! Reprit-elle. De toute évidence, il n’était pas ravis que vous l’ayez envoyé balader à deux reprises. Sourit-elle. Enfin Sara, Bradley est quelqu’un de tout à fait charmant ! Vous auriez mieux fait de lui accorder sa chance au lieu de courir après mon mari !


Cette allusion me donna la nausée !


-  Après lui avoir offert une danse spéciale pour être sûre qu’il ne m’emmènerait pas clarifier ma situation au service de l’immigration, reprit-elle, il ne m’a pas été difficile de lui demander ce petit service.
-    Quel service ?
-    Je lui ai demandé de consulter votre dossier à la prison et de me donner vos coordonnées… tous vos coordonnées ! S’esclaffa-t-elle.
-   Le traître ! Soufflai-je en réalisant que cet homme était encore plus mauvais qu’il ne le paraissait. C’est aussi lui qui m’a espionné, je suppose ?

Ma détresse semblait beaucoup amuser Nika qui affichait toujours un sourire de contentement sur son visage.

-  Non, enfin Sara ! Je suppose que vous ignorez également que je connais une autre personne à Fox River…


Devant ma mine déconfite, elle se mit à rire de plus belle.


-   L’infirmière Sherry Glow est une amie… Nous sommes arrivées en même temps aux Etats-Unis et nous avons vécu les mêmes galères… avant que Michael ne m’aide à obtenir une carte verte. Je l’ai aidé à mon tour alors elle me devait au moins ça ! Ricana-t-elle. Elle a adoré vous observer lors des petites visites de Michael à l’infirmerie et croyez bien que je n’ai pas été très heureuse d’apprendre l’affection que vous lui portez. Beugla-t-elle en me fixant de ses yeux perçants. J’ai trouvé donc sympathique de vous appelez quelques fois lorsque vous étiez avec lui. Ravie que cela vous ait quelque peu refroidit ! Siffla-t-elle de son accent.


Il m’avait toujours bien semblé que cette Sherry ne me portait pas dans son cœur, mais jamais je n’aurais pu croire un tel complot contre moi ! Malgré tout, je m’efforçai de ravaler toute ma rancœur et ma colère en moi. Je ne voulais pas lui montrer que j’étais faible, et je décidai même de renverser la vapeur. 


-  Nika… Pourquoi tant d’effort ? Répondis-je en souriant. Michael ne vous aime pas ! Laissai-je finalement tomber.

La poupée russe ouvrit de grands yeux et serra ses lèvres pulpeuses, comme contrariée. Je sus alors que j’avais touché son point sensible.

-   Il m’aime ! Nous nous sommes mariés !
-   Allons Nika ! Nous savons bien, vous et moi que votre mariage n’est pas d’amour mais de compromis… Il vous a simplement aidé à obtenir une carte verte.
-  Il m’aime ! Il m’aime éperdument et cela vous rend folle ! Affirma-t-elle d’une voix agacée.
-   Ce n’est pas ce qu’il m’a dit…
-   Espèce de salope ! Hurla-t-elle en me giflant.


Et elle ne m’avait pas raté ! Sa main avait frappé si fort ma joue qu’il me fallut quelques secondes avant de riposter. Mais celle-ci me tomba dessus telle une sauvage ! Elle m’affligea une deuxième gifle et tenta de maintenir mes bras derrière mon dos. Nika ne devait pas être plus forte que moi car sous la colère et la montée d’adrénaline, je réussis à me dégager et la frappai à mon tour. Surprise par mon geste, elle s’agrippa à mes cheveux pour les tirer comme une écolière.

Ses coups me faisaient de plus en plus mal et ma dernière nuit si pauvre en sommeil finie par me convaincre que je n’avais pas la même énergie pour riposter. Mais alors qu’elle voulu me mettre un coup de pied, je la vis perdre l’équilibre et tomber en arrière.

Nika dévala les quelques escaliers qui nous séparaient du rez-de-chaussée, avec une légèreté incroyable.


Je n’étais pas mauvaise pour un sou et absolument pas violente. Je n’avais fait que me défendre et j’étais sûre de ne pas l’avoir poussé. Malgré ses paroles blessantes et son attaque, ce fut mon côté médecin qui reprit le dessus. J’étais incapable de laisser une personne mal en point, c’était plus fort que moi !

-    Nika ! Criai-je en dévalant à mon tour l’escalier.

Je la retrouvais allongée sur le sol, inerte.

Affolée, je me penchais sur elle et plaçais mes doigts le long de son cou pour percevoir un pou, puis sur son poignet. Elle respirait ! Constatai-je, soulagée.


Nika ouvrit alors des yeux fous de colère et me poussa contre les marches… avant de s’en aller pour de bon ! A peine eu-je le temps de reprendre mes esprits qu’un voisin, réveillé par le bruit débarqua dans le hall pour me porter secours.









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Par Pitchoune
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Lundi 19 novembre 2007





1ère partie



Ce matin, en arrivant à mon travail, je faisais absolument tout ce que je pouvais pour ne pas que l’on pose les yeux sur moi… et en particulier sur mon visage. L’attaque de cette tigresse de Nika m’avait laissé un sacré bleu sur la joue. Le coup qu’elle m’avait porté n’était en aucun cas comparable avec une chute dans l’escalier ! Soupirai-je en me demandant quel mensonge j’allais bien pouvoir sortir de mon sac ! Sans parler des autres contusions qu’avaient provoquées ses nombreux coups sur mon corps… Heureusement, ceux-ci étaient parfaitement camouflés par mes vêtements.


Je me fis la plus discrète possible en longeant le couloir. J’arrivais enfin dans le quartier de l’infirmerie. Je m’arrêtais nette en apercevant Brad Bellick qui stationnait dans le couloir comme s’il attendait quelque chose… ou quelqu’un !

-    Bonjour Doc’ ! Hé bien, que se passe-t-il, on dirait que vous avez vu un fantôme !
-    Bonjour. Le saluai-je d’une voix froide.

Je n’avais en effet aucune intention de reparler de ma soirée plus que mouvementé. Je pensais bien régler mes comptes avec cet infâme traitre mais pour cela, il y avait l’heure et l’endroit !

-    Ca vous dit de prendre un p’tit café, Doc’ ! Je crois qu’on a pas mal de choses à se dire… Miaula-t-il d’une voix langoureuse en s’approchant de moi.
-    J’ai surtout beaucoup de travail. Rétorquais-je.

Bellick fronça ses yeux vicieux et leva le bras dans ma direction, comme s’il s’apprêtait à me toucher. Instinctivement, je reculais d’un pas puis le dévisageais.

-    On dirait que la pouff de Scofield vous a amoché, hier soir ! Grinça-t-il entre ses dents.


Il s’avança une fois de plus, me forçant à me coller au mur et m’embrassa de son regard pitoyable.


-  Insistez encore un peu, et je vous jure que je tape un scandale. Je ne plaisante pas, on risque de m’entendre jusqu’au fin fond des cellules d’isolement.
-  Doucement ma jolie ! Fit-il en reculant. Je suis allé au Dancing hier soir et j’ai croisé Madame Scofield, elle m’a tout raconté donc je suppose que vous savez le rôle que j’ai joué dans son petit jeu… 
-  En effet…
-  Je suis navré Sara. Mais peut-être qu’un petit restaurant pourrait arranger ça ? Lança-t-il en me regardant droit dans les yeux.
- Votre dîner vous pouvez vous l’accrocher ! M’énervais-je en pensant combien il avait dû jubiler à la pensée que je devais trembler de peur devant ces coups de fils anonymes. Bonne journée Capitaine. Lâchais-je en serrant les dents.


Je fis volte face et continuai mon chemin. Sur ce coup-là, je m’étais vraiment retenue de ne pas lui envoyer une gifle en pleine figure ! Mais mes ennuis personnels n’avaient aucune place sur mon lieu de travail. Me répétais-je.





J’entrais discrètement dans la salle de pause et poussais un soupir de soulagement en n’y voyant personne. Je pris donc l’initiative de me préparer une tasse de café tranquillement.

-    Salut, ma belle !

La porte de la salle de pause claqua, me faisant sursauter.

-    Katie, c’est toi ! Soufflai-je.
-    Qui croyais-tu voir ? Moby Dick ?


Je souris à cette allusion et me tournais vers elle. Je n’allais de toute façon pas pouvoir enfouir ma tête dans ma blouse comme une autruche toute la journée !

- Ah ! Tu fais du café, j’en veux bien aussi, s’il te…… Sara ?! S’exclama-t-elle, effarée.

Mon amie s’approcha de moi, visiblement inquiète en voyant la contusion sur ma joue. Elle prit gentiment mon menton entre ses doigts pour diriger mon visage à travers les faisceaux lumineux que laissaient passer la fenêtre. Katie avait vraiment la douceur d’une infirmière compétente.


-    Sara, qui a fait ça ? Demanda-t-elle enfin en fronçant les sourcils.
-    Je ne vais pas te mentir Katie… J’ai eu un petit différend avec un visiteur hier soir…
-    Qui donc ?
-    Madame Nika Scofield ! Lançai-je.

Ma collègue et amie en resta bouche bée. Elle ne pu articuler un mot alors que je lui racontais mon aventure de la veille. Nous n’avions malheureusement pas pu nous étendre davantage sur le sujet, il était l’heure pour nous de retrouver nos détenus respectifs ! Le mien était Michael Scofield.




Mais à ma grande surprise lorsque j’arrivais dans la salle habituelle, je ne trouvais personne ! Etait-il en retard ? Me demandai-je alors que je savais très bien qu’il était toujours en avance sinon à l’heure.

-    Docteur Tancredi ?

Je reconnus la voix de Sherry Glow qui m’appelait dans le couloir. Je me souvins alors des paroles de Nika et du rôle que l’infirmière avait joué dans ce complot contre moi. Mais que devais-je faire ? Je n’allais tout de même pas régler mes comptes sur mon lieu de travail, ce n’était pas du tout mon genre.

-   Bonjour Sherry. Dis-je d’une voix neutre après avoir finalement décidé de ravaler ma colère.
-   Michael n’est pas ici. Il a été envoyé ce matin en isolement.
-  Mais enfin, pourquoi ? Interrogeais-je, ne voyant pas ce que Michael aurait pu faire pour mériter une telle sanction.
- Aucune idée ! Conclut-elle. Mais le directeur m’a demandé de vous prévenir que sa piqûre devrait se faire en isolement, il ne veut pas le faire remonter pour sa visite.
-  Très bien. Acquiesçai-je de la tête.


Décidément ! Que d’événements insensés, ces derniers temps… Constatais-je en repensant à Lincoln sauvé in extremis, à la brûlure de Michael et à la visite de cette cinglée de Nika.







Enfin, je me retrouvais devant les cellules d’isolement. Cette allée sombre, où seules les portes de ces cachots tristes et lugubres étaient visibles, me donnait froid dans le dos chaque fois que je devais m’y rendre. Habituellement, lorsque je venais ici, c’était plutôt pour voir des prisonniers violents et agressifs qui avaient été relégué au mitard. J’avais donc toujours un peu peur de me retrouver seule avec eux dans un espace si réduit, même si un gardien était toujours posté devant… Mais cette fois, et à ma plus grande surprise, c’était Michael que je venais voir. Je savais donc que je n’avais rien à craindre.

-    Vous pouvez ouvrir la porte. Sommais-je au gardien posté dans l’allée.


Je lui fis un signe de la tête pour le remercier et trouvais Michael, assis tout au fond de la sombre pièce. Je n’y voyais pas grand-chose mais préférais privilégier les yeux de Michael qui seraient à coup sûr aveuglé par les néons brusquement allumés.


-    Michael… Murmurai-je en m’aventurant dans l’obscurité.
-    Je suis là. Répondit-il sans bouger.


Le voir dans cette terrible cellule me fit mal au cœur, mais il m’était alors impossible d’oublier la visite de sa femme. Bien sûr, j’étais décidée à lui en parler… Mais avant, je voulais savoir pourquoi il s’était retrouvé ici et je voulais l’entendre de sa bouche.


-    Que s’est-il passé ? Demandai-je en m’asseyant à même le sol pour lui faire face.
-    Pardon de vous faire venir dans un endroit comme celui-ci… Il faut dire que les solutions pour faire parler les détenus sont assez radicales ici ! Grogna-t-il.
-    Qui vous a enfermé ici ? Et surtout pourquoi ? Le relançai-je.
-    Pope ! S’exclama-t-il. J’avoue que le directeur s’est toujours montré juste et compatissant à mon égard jusqu’ici. Mais l’infirmière qui a soigné ma brûlure la nuit dernière a trouvé un morceau de tissu incrusté dans ma peau.
-    Qui vous a fait du mal, Michael ? Continuai-je en le fixant dans les yeux.
-    C’est exactement la raison de mon exil ! S’esclaffa-t-il d’un rire nerveux. On ne me laissera pas sortir avant d’avoir donné un nom.


Je le voyais torturé par mes questions… celles d’Henry Pope, qui l’avaient d’ailleurs conduit ici… et je ne voulais donc pas le tirailler davantage. En fait, j’étais tellement mal pour lui à cet instant que je prie sa main dans la mienne comme pour lui montrer que je comprenais qu’il ne veuille rien me dire. Le contact de celle-ci me donna des frissons. Sa main été douce et chaude et je sentis alors ses doigts serrer davantage la mienne dans la sienne. Michael parcourut ensuite mon visage de ses yeux habitués à l’obscurité et me sourit, visiblement reconnaissant.


-    Je vais m’occuper de votre brûlure. Dis-je en rompant ce silence qui ne faisait qu’augmenter mon désir de le prendre dans mes bras. Enlevez votre sweat’, je vous prie.


Michael s’exécuta sans un mot en me regardant sortir mon matériel médical. Tout en le soignant, je pris l’initiative de lui parler de l’incident de la veille. Je tenais à voir sa réaction… J’avais trop peur qu’il y soit pour quelque chose. Je devais en avoir le cœur net.

- Figurez-vous que j’ai eu une visite que je n’attendais pas hier soir… Commençai-je.
-  Ah oui ? Votre père ?
-  Non… Votre femme. Lâchai-je, froidement.

Je sentis alors son dos se raidir sous mes doigts. De toute évidence, il s’attendait à tout sauf à ça et en un sens, cela me soulageait.

-    Nika ? Reformula-t-il. Que voulait-elle ?
-    C’est à moi de vous poser cette question Michael… Murmurai-je en m’éloignant de lui.


Soudain, l’obscurité qui nous entourait me mit mal à l’aise. Je me sentais trop près de lui, trop « intime » de le toucher, de le soigner alors que je distinguais à peine mes gestes.


-    Sara, jamais je n’ai donné votre adresse à Nika ! Je ne l’ai d’ailleurs pas revu depuis la visite où vous avez fait sa connaissance… Je ne comprends pas… Dit-il en se relevant.

De plus en plus mal à l’aise, je me dirigeais vers la porte et criai au gardien d’allumer la lumière dans la cellule d’isolement. L’effet de celle-ci nous brûla les yeux sur le coup.

Celle-ci révéla la contusion sur ma joue. Michael la vit immédiatement et me tira par le bras pour que je m’approche à nouveau de lui.

-    Non… Sara… Murmura-t-il en observant ma joue.

Il se mordit la lèvre inférieure, tant il était navré. Je baissai la tête pour ne plus le regarder.

-    Que s’est-t-il passé ?
-    Michael… Les coups de fil, c’était elle… Elle est venue chez moi hier soir pour déposer une nouvelle menace sous ma porte.
-    Une nouvelle menace ? Répéta-t-il. Il y en a donc eu une première… Je… je ne peux pas le croire.
-    Comment aurais-je pu me douter que c’était elle ? Dis-je d’une voix tremblante. Michael, elle n’a cessé de me répéter que vous l’aimez et puis… nous nous sommes battus dans les escaliers ! Heureusement, je m’en suis bien sortie.
-    Sara, je suis terriblement désolé ! Jamais je n’aurais pu croire qu’elle était capable de faire une chose pareille ! S’emporta-t-il en fronçant les sourcils.
-    Elle vous aime… Murmurai-je d’une petite voix en fermant les yeux.


Michael posa alors sa main sur mon épaule et de l’autre, il prit mon menton entre ses doigts pour me résigner à lui faire face, comme il l’avait déjà fait auparavant. Son regard brûlant inonda mon corps tout entier. Mais tout ce qui se passait n’était plus acceptable. Ce n’était pas à moi d’y mettre un terme. Il voulu porter sa main à ma joue mais j’esquivai son geste et reculai.

-   Croyez-bien qu’elle ne s’en tirera pas comme ça ! Je vais…
-   Non Michael ! Le coupai-je immédiatement. Je ne sais pas ce que vous comptez faire, mais je sais que cela n’arrangera rien… cela ne fera qu’aggraver votre peine et…
-   Sara, peu importe ce que Nika a pu vous dire, je ne l’aime pas… et elle le sait très bien ! Affirma-t-il. Notre mariage n’était pas d’amour…
- Hé bien, je crois que pour elle, il l’était… Répliquai-je. Ce ne sont pas mes affaires, Michael mais je crois que vous devriez lui parler.
-   Je le ferais ! Ne vous inquiétez pas, cela ne se reproduira plus !
- Il n’y a rien de plus terrible que l’amour à sens unique… Murmurai-je alors en lui lançant un dernier regard avant de quitter la cellule.







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Par Pitchoune
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