Présentation

  • : Du Côté de Sara Tancredi
  • sara-tancredi
  • : Fanfiction Prison Break detente
  • : Voici ma fanfic "Du Côté de Sara"... Elle raconte l'aventure Prison Break à travers les yeux de Sara Tancredi. Cette fanfiction est un mélange entre les événements de la série et d'autres séquences que j'ai imaginé. A vous de me donner vos impressions ! En espérant que cette histoire vous plaise... Bonne lecture ! ;-)
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Lundi 16 juillet 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Titre.gif



Cette fanfic s'intitule "Du Côté de Sara".

J'ai pris le parti d'utiliser le "Je" pour raconter cette histoire,
De façon à être plus proche du personnage de Sara.

La Série Prison Break présente plutôt "L'aventure de Michael"
Avec ses craintes et ses espoirs.
Dans cette fanfic, c'est l'histoire de Sara qui est mise en avant.

Vous retrouverez beaucoup de scènes clés, revisitées, remaniées,
Par l'oeil et les sentiments de Sara...
D'autres séquences, au contraire, sont créées...
Un petit mélange entre série et invention !


Le début de l'histoire commence au 1er jours de Sara
A Fox River...



Chacun des chapitres est illustré
Par une petite créa de ma confection,
En rapport avec le chapitre.

En espérant que cela vous plaise,
Je vous souhaite une bonne lecture...  


SweetHeart.gif


La série Prison Break, les personnages, l'univers appartiennent à Paul Sheuring et à la Fox. J'ai écrit cette fic pour mon plaisir uniquement et je ne gagne pas d'argent grâce à l'écriture de cette histoire.



par Pitchoune
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Mardi 17 juillet 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre1-copie-1.gif





Mon premier jour à Fox River… Il me semblait que c’était hier tant il m’avait marqué.


Désorientée et peu confiante, j’essayais en vainc de me rappeler pourquoi j’étais là alors que j’attendais patiemment devant les portes blindées de la prison, que l’on vienne m’ouvrir. Un gardien arriva enfin et m'entraîna de l'autre côté des portes.


Alors que j’entrais enfin au cœur du pénitencier, une ambiance lourde et obscure vint me serrer la gorge. Nous avons ensuite traversé la cour qui devait nous mener au bureau du directeur. J’aperçus pour la première fois les prisonniers pendant leur pause.  Ma première impression en les voyant fût de les comparer à des « meutes de loups ». Tels des fauves, les détenus se déplaçaient en groupe, et si par malheur un courageux osait croiser le regard d’un autre de la bande adversaire, le chao retentissait sans attendre. Tout en marchant, j’observais la grille qui nous séparait de ces « animaux » et me mis à frémir lorsque j’aperçus l’un d’entre eux se faire battre jusqu’au sang près d’un banc.


- Excusez-moi… Il… il y a un détenu qui semble avoir des problèmes là-bas, vous n’intervenez pas ? Ne pus-je m’empêcher de demander.


Le gardien s’arrêta alors pour observer la violente scène qui se déroulait sous nos yeux.


- Mademoiselle Tancredi, ce que vous voyez là n’est qu’un rituel. Ce genre de bagarre matinale donne en général le ton de la journée. Si je devais intervenir à chaque fois, je dormirais dans la cour, croyez-moi. Expliqua-t-il d’une voix calme et blasée.



Enfin nous étions arrivés au bâtiment principal. Le gardien m’indiqua le bureau du directeur et me quitta en esquissant un sourire malicieux.


Peu rassurée, je trouvai tout de même le courage de frapper à la porte.

- Entrez ! Résonna de l’intérieur une voix forte et convaincante.

Je me retrouvai alors face à un homme d’une assez forte corpulence qui me serra vivement la main. J’aperçus un sourire sur ses lèvres, cachées sous une moustache grisonnante.


  - Henry Pope, enchanté Mademoiselle Tancredi ! Je vous en prie, prenez place !

Toujours sur la défensive malgré moi, je m’installai sur la chaise qu’il m’indiquait, en face de son bureau.



- Sara ? Je peux vous appeler Sara ?
   - Bien entendu ! Répondis-je, un peu plus à mon aise.
- Sara… Je suis heureux de voir l’intérêt que vous portez à notre pénitencier. Le Capitaine Bellick m'a beaucoup parlé de vous. Il m'a notamment raconté le courage dont vous avez fait preuve pour vous sortir de votre dépendance pour la drogue. Et croyez-moi, nous avons bien besoin d’un médecin tel que vous dans notre équipe…


Henry Pope avait la discussion facile et il n’en fallait pas beaucoup pour le faire parler pendant des heures avec la même passion et le même entrain dans la voix. A vrai dire, il m’apparaissait plutôt sympathique ! Et après plusieurs minutes d’échange énergique je finis par conclure moi-même…


- Alors vous m’engagez ?
   - Avec joie ! S’exclama-t-il en me serrant une nouvelle fois la main avec ferveur. Venez par-ci, je vais vous présenter Katie. Elle est ici l’infirmière en chef, et va se faire un plaisir de vous expliquer le planning de l’infirmerie !


Je me levai de ma chaise et m’apprêta à le suivre. Je pris une profonde respiration et afficha un sourire sur mon visage. « Enfin, une nouvelle page était tournée et un nouvel avenir s’offrait à moi », pensais-je en refermant la porte du bureau dernière moi.


*  *
*




Chapitre-1.jpg


par Pitchoune
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Mardi 17 juillet 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre.gif




Depuis mon arrivée à Fox River, les jours avaient défilés comme des éclairs. Et plus le temps passait, plus je retrouvais de l’estime et de la confiance en moi. Pour oublier mes problèmes de drogue et ce qui m’avait poussé à la dérive, j’étais prête à donner corps et âme à mon travail. Je me levais aux aurores pour être la première arrivée à l’infirmerie et je ne la quittais rarement avant sa fermeture. Une fois rentrée chez moi, je faisais tout pour que le temps s’écoule au plus vite. Ne plus penser à ma vie : Je crois que c’était devenu le but principal de chacune de mes journées.


Parfois, malheureusement, la réalité venait frapper à ma porte… Ou à mon téléphone…


- Bureau du Gouverneur, Caitlin Whisper à l’appareil, j’écoute…


La voix chantonnante et ensoleillée de Caitlin, je la connaissais par cœur. Depuis toute petite, mes principaux appels à mon père étaient réceptionnés par sa secrétaire. Sa voix m’était presque devenue plus familière que celle de mon propre père. A tel point que malgré toute la vivacité dont elle faisait preuve, j’en étais venue à la détester… Lorsque j’étais plus jeune, j’avais même pensé qu’elle avait une aventure avec mon père. Ma confiance en ces deux êtres n’avait jamais excellée. Malgré tout, je m’efforçais toujours d’être polie, telle l’adorable fille du gouverneur Tancredi.


- Bonjour Caitlin ! Comment allez-vous ? J’aurais souhaité parler à mon père…
- Bonjour ma petite Sara ! Je vais bien merci…


« Ma petite Sara », soupirai-je en pensée. Vingt-neuf ans… J’avais vingt-neuf ans et cette secrétaire de malheur continuait à me prendre pour une gamine… Mais peu importe, je savais déjà ce qu’elle allait me répondre…


- Ton papa est en réunion, je regrette… Tu peux me laisser un message si tu veux, je ne manquerais pas de lui transmettre ! Il te rappellera surement dès qu’il aura fini…
- Surement… Répétai-je, lassée de son comportement de gouverneur overbooké. Merci Caitlin, pas de message, je le rappellerai demain…


Je me dépêchai de raccrocher le combiné du téléphone et secouai la tête pour empêcher que le sentiment de la solitude profonde ne m’envahisse à nouveau. Quelle heure était-il au juste ? Par chance, il était temps de me rendre à mon travail.


- Bonjour Katie ! Ca va bien ?
- Salut Sara ! Toujours la forme et toi ? Je suis entrain de préparer du café, tu en veux une tasse ?


J’adorais Katie ! Elle avait une forme quotidienne que je lui enviais ! D’un tempérament doux et gentil, elle était toujours à mon écoute et au fil des semaines, ma collègue de travail était devenue l’une de mes seules amies dans cette ville.


- Merci Katie, je veux bien !
- Ca n’a pas l’air d’aller dis-donc, tu t’es encore disputé avec ton père ?
- Même pas ! Soupirai-je. Faudrait-il encore que j’arrive à l’avoir au téléphone !
- Je suis désolée ma grande… Nous en parlerons pendant l’heure du déjeuner, il y a un détenu qui t’attend à côté.
- Ah oui ? Je n’ai pourtant vu personne pour moi avant 10h00 sur le planning ?
- C’est un petit nouveau et ils te l’ont attribué !


Intriguée, je laissais Katie et la cafetière dans la salle de pause et rejoignis l’infirmerie. Ce n’est pas plus mal de commencer à bosser tout de suite, pensai-je… cela m’évitera de penser à mon père.


- Bonjour, je suis le Dr. Tancredi. Me présentai-je machinalement en refermant la porte dernière moi. Toujours ancrée dans mes pensées, je m’installai à mon bureau sans prendre la peine de poser les yeux sur le nouveau venu. Je pris son dossier entre les mains,  levai enfin la tête et croisai son regard.

- Bonjour docteur, je m’appelle Michael Scofield – N° 94941. Répondit le petit nouveau.





*  *
*




Chapitre-2.jpg


par Pitchoune
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Vendredi 20 juillet 2007


Je n’avais pas encore pris la peine d’arrêter mon regard sur lui mais lorsque je le fis, j’en fus agréablement surprise. Le jeune homme était debout devant moi, le sourire aux lèvres. Je me trouvai à quelques mètres de lui mais déjà la couleur de ses iris m’intriguait.


- Je vous en pris monsieur Scofield, asseyez-vous. Lançai-je en désignant la chaise près de la fenêtre.
- C’est étrange… Votre nom de famille est « Tancredi », c’est ça ? Seriez-vous de la famille du gouverneur ?
- En effet…
Répondis-je en détournant le regard.
- Vous êtes la fille de Franck Tancredi ? Reformula-t-il comme s’il essayait de se convaincre.



Souvent mal à l’aise lorsque l’on me posait des questions en rapport avec mon père, je préférai ne pas répondre. Le détenu observa mon visage s’obscurcir à ses questions et n’insista pas.

Je saisis le dossier du jeune homme posé sur mon bureau et le traversai en diagonal.



- Bien, je vois que vous êtes di
abétique, vous allez donc devoir recevoir une dose d’insuline quotidiennement.
- C’est mon rituel à moi ça !
Répliqua-t-il avec le même sourire amical. Comme vous pouvez le voir, je suis un dingue des aiguilles ! Plaisanta-t-il en désignant son bras entièrement tatoué.


Sa manche relevée, je m’approchai pour lui faire la piqûre d’insuline. Plus près de lui, je pu observer davant
age la couleur de ses yeux qui m’avait intrigué dès la première seconde. J’aperçus rapidement différentes couleurs tels que le vert et le marron, mais toutes deux étaient dominées par un bleu profond. Michael Scofield, lui, observait la pièce de long en large, comme un enfant qui arrivait dans un périmètre inconnu. Soudain, une impression étrange me traversa l’esprit… Cet homme n’avait rien d’un dangereux psychopathe et je me demandai alors pourquoi il avait été condamné. Je saisis un morceau de coton et me promis de lire son dossier dans la soirée pour en savoir plus.


Enfin, je reculai et attrapai mon dossier médical pour inscrire mes soins du jour.


- Avez-vous des antécédents familiaux ? Questionnai-je alors. Chez votre père… votre mère ?
- Aucun. Répondit-il sans réfléchir.

- Des frères, des sœurs ? Continuai-je…
- Je n’en ai pas. Il n’y a que moi ! Affirma-t-il toujours en souriant.


Ce sourire-là m’intriguait. Il était en effet rare qu’un détenu débarque à l’infirmerie avec cet air joyeux sur le visage. La plupart m’effrayait et n’avait jamais grand-chose à raconter, nos échanges étaient en principes très limités. Sans savoir vraiment pourquoi, je sentais qu’avec lui ce serait différent…


- Je suppose que je vous reverrai demain alors Docteur ?
- Absolument. Je vous laisse rejoindre le
gardien dans le couloir. A demain Monsieur Scofield !
- A demain Docteur.
Répondit-il en me toisant de son regard bleu avant partir.


Un peu fatiguée par ma journée, je posai mon sac à main sur la petite table du salon et m’affala sur le canapé. J’étais épuisée mais à ma plus grande surprise, un sourire venait illuminer mon visage ! Soudain je pris conscience avec horreur que cela faisait longtemps que cela n’était plus arrivé et un frisson me parcouru le corps.


Depuis la mort de ma mère, je n’avai
s pas eu beaucoup d’occasions de sourire. Je revoyais alors l’enfer que nous avions vécu mon père et moi durant les dernières années de ma mère alcoolique. Et puis tous mes amis… qui avaient tellement compatis après sa mort. A l’époque, je n’avais pas voulu de leur pitié… Le fait de lire sur leur visage la tristesse et le désarroi qu’ils éprouvaient pour moi jour après jour me rendait folle. Je crois que c’était à partir de ce moment-là que j’avais commencé à sélectionner mes « amis » et à oublier mes problèmes dans des quantités démesurées de drogue. De bien mauvais amis, je devais l’avouer… Je secouai soudain la tête pour chasser ses sombres souvenirs. « Tout ça fait parti du passé », me répétai-je alors que mon cœur se serra. Mon père ne m’avait toujours pas rappelé…


Mais au fond, je m’en fichais ! Cela faisait des mois, peut-être même des années que je ne m’étais pas sentie aussi « bien » et que je n’avais pas passé une agréable journée. Je ne voulais pas tout gâcher en broyant du noir ! Mes lèvres reformèrent aussitôt un nouveau sourire lorsque je repensai à ce petit nouveau de Fox River… « Il a quelque chose d’intriguant », murmurai-je à moi-même.


Je saisis le dossier médical du patient que j’avais mis dans mon sac à main avant de partir. En principe les dossiers médicaux devaient reste
r à l’infirmerie, mais soyons honnête, je ne violais en aucun cas le secret médical puisque Michael Scofield était mon patient… Depuis mon arrivée à Fox River, je ne manquais jamais de lire et relire le dossier de mes patients. Je voulais les connaître par leur véritable identité… pas simplement par un visage aigri par les murs de cette prison. Ce Scofield n’en ferait pas exception…


Name of inmate : Michael Scofield
Date of offence : 03/09/05
Sentence : 5 years
Gender : Male
A. Representation : V. Donovan
Previous residence address : 1373 Ogden Avenue # 12
Highest level of education : Master of Science
Immediate family member (s) : Mother deceased – Father whereabouts unknown – 1 brother : Lincoln Burr
ows / Inmate / Fox River


Alors que je lisais sa fiche, mon regard stoppa net sur la dernière ligne. Un frère… il avait un frère ! Et pas n’importe qui… Lincoln Burrows ! M’exclamai-je tout haut tant la surprise était grande. Burrows l’homme qui avait assaciné le frère de la vice présidente et qui était condamné à mort… Comme était-ce possible ? Me demandai-je en lisant et relisant ces derniers mots. S’ils étaient frères… pou
rquoi ne portaient-ils pas le même nom de famille ? Je regardai ensuite pour la deuxième fois ses diplômes… Comment un homme ayant atteint un niveau aussi élevé d’étude pouvait se retrouver enfermé à Fox River ! Cela me paraissait invraisemblable ! Les dossiers de mes autres patients ne ressemblaient en rien à celui-ci.


Soucieuse, je finis par ranger le dossier dans mon sac à main. Déjà mille questions fusaient dans mon esprit. Mais une seule semblait m’affecter plus que les autres : « Pourquoi m’avait-il menti ? »





*  *
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Chapitre-3.jpg
par Pitchoune
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Lundi 23 juillet 2007
Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-3.gif


Le lendemain, je m’occupais d’un détenu que j’affectionnais particulièrement : Charles Westmoreland. D’un âge avancé cet homme me fascinait… J’avais entendu plusieurs rumeurs à son sujet depuis mon arrivée au pénitencier, mais la plus courante était que son vrai nom était D.B. Cooper et qu'il aurait été le tonnelier qui détenait les passagers d'un 727 jusqu'à ce qu'on lui paye une rançon de 1,25 million de Dollars, puis il aurait sauté en parachute de l'avion dans les bois du nord-ouest Pacifique, pour ne plus jamais être revu. Bien sur ce n’était qu’une rumeur, et moi-même je ne savais trop quoi en penser mais je ne pouvais m’empêcher de lui trouver un air mystérieux et pourtant plein de sagesse.


Il était l’un des rares détenus à être poli et sympathique avec moi. Je l’affectionnais beaucoup et je savais que lorsqu’il m’appelait « ma petite Sara », il me le rendait bien.


- Voilà Charles, votre bras est désinfecté mais il faudra tout de même revenir demain à l’infirmerie pour que je vous change votre bandage. Expliquai-je en rangeant mon matériel médical.


Le vielle homme fixa son bras puis posa un regard plein de reconnaissance sur moi.

- Merci ma petite Sara ! Vous savez que c’est toujours un plaisir de venir bavarder un peu avec vous ! Me sourit-il. Vous êtes la douceur même.
- Dommage qu’il faille que vous soyez blessé pour que nos conversations aient lieu… Répondis-je en lui rendant son sourire.


L’entaille faite à son bras droit ressemblait à un coup de couteau. J’avais une boule au ventre chaque fois que je le voyais franchir les portes de l’infirmerie. Je ne voulais pas qu’on lui fasse du mal et je me demandais toujours comment il était possible d’agresser un homme aussi adorable et intègre que Charles Westmoreland…. Mais il ne me disait jamais d’où ces blessures provenaient et gardait toujours un sourire agréable à mon égard.


- Ces détenus sont plus dangereux qu’une meute de loups affamés ! S’éclaffa-t-il. Bonne journée ma petite Sara et merci.
- Bonne journée Charles.

Je le raccompagnai dans le couloir et croisai mon patient suivant. Mon visage s’illumina instantanément en le voyant calme et songeur, accolé au mur.



- Monsieur Scofield ! Entez, je vous prie… Lançai-je.
- Bonjour Docteur !


Je rassemblai le matériel nécessaire à sa piqûre d’insuline pendant qu’il s’installait sur la chaise près de la fenêtre.


- C’est pire que le travail à la chaîne dans cette infirmerie ! Dit-il en observant les autres détenus qui patientaient dans le couloir cernés de gardiens.
- C’est vrai… Admis-je. Mais j’insiste toujours pour prendre le temps nécessaire avec chaque patient. 


Du coin de l’œil je le voyais entrain de me regarder en souriant.


- Vous faites un sacré travail Docteur Tancredi ! N’avez-vous jamais été tenté d’être médecin dans un hôpital de la ville… Ce serait le luxe comparé à cette prison !
- Je l’ai été… Murmurai-je.
- C’est encore plus fascinant ! S’exclama-t-il toujours avec le même sourire. C’est le monde à l’envers alors… Je  croyais que sortis la fac, les médecins ne rêvaient que d’une place aux Urgences dans le plus bel hôpital de la ville !
- Vous regardez trop la télé, monsieur Scofield ! Riais-je en enfilant mes gants médicaux. La réalité n’est pas la même, j’en suis la preuve. Je pense que chacun a ses buts et je pense avoir une plus grande utilité ici.


Je m’assis à ses côtés et lui infiltrai la dose d’insuline dans le bras. Je sentis alors son regard intense sur moi et relevai la tête à ce moment là. Mes yeux croisèrent les siens et j’eus l’impression de recevoir comme une décharge électrique dans les veines. Incapable de soutenir son regard une seconde de plus, je me levai de ma chaise brusquement et me retournai pour retrouver mes esprits.


- Michael… J’ai… lu votre dossier hier soir.
- Ah oui, vous connaissez donc mon âge maintenant ! Plaisanta-t-il.


Mais cette fois-ci, je ne lui rendu pas son sourire…


- Vous avez un frère, n’est-ce pas ? Lincoln Burrows...


A ces mots, les traits habituellement si plaisants de son visage se raidirent aussitôt et ses yeux qui ne m’avaient pas quitté depuis tout à l’heure rasaient à présent le sol.


- En effet…
- Pourquoi Michael… pourquoi m’avoir menti ?
- Je ne sais pas… Soupira-t-il. Je suis à Fox River depuis peu et je ne vous cacherai pas que je ne sais plus très bien à qui faire confiance. Ces hommes sont prêt à vous torturer ou à vous tuer au moindre faux pas… Dit-il d’une voix grave.
- Je ne suis pas de ceux-là, Michael… Murmurai-je en m’avançant vers lui.


Il me regarda m’approcher et je reconnus les traits de la méfiance mélangés à ceux de l’espoir sur son visage. Il semblait tellement mal que je n’insistai pas avec mes questions.


- Lincoln est mon frère et j’ai moi-même demandé à être admi au pénitencier de Fox River pour purger ma peine. Je voulais être à ses côtés jusqu’au dernier instant.


« Jusqu’au dernier instant »... ces mots glacèrent la salle tant ils étaient lourd de sens.


- Je suis terriblement désolée pour votre frère Michael.
- Il est innocent, Docteur et je le prouverai… dit-il tout bas en me regardant dans les yeux.


Attristée, je le regardai se lever et rejoindre le couloir.


- A demain ! Me lança-t-il de nouveau le sourire aux lèvres en se retournant.
- A demain, Michael… Répondis-je en songeant que cette consultation avait été la plus touchante de la journée.






*   *
*




Chapitre-4.jpg




par Pitchoune
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Mardi 24 juillet 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-4.gif




Entre deux consultations, j’essayais de trouver quelques minutes pour téléphoner à mon père. Alors que je n’avais toujours aucune nouvelle depuis mon dernier appel à son bureau d’il y a quelques jours, le voilà ce matin qui s’entêtait à m’appeler ! Il était pourtant conscient que j’avais repris une vie sociale, un travail et des responsabilités depuis quelques temps, mais je sentais bien que pour lui, j’étais encore « la jeune droguée inconsciente qui ruinait sa vie ! »


- Allô Papa ?
- Sara ? Répondit la voix ensoleillée de Caitlin au bout du fil.


Cette maudite secrétaire ! Pestai-je dans ma tête.


- Ah bonjour Caitlin ! Excusez-moi de vous déranger… Mon père a essayé de me joindre plusieurs fois ce matin et…
- Ne quittes pas ma puce, je te le passe !


Miracle ! Songeai-je. J’étais tellement soulagée qu’elle ne me réponde pas que mon père était occupé que je ne retins même pas cet abus de familiarité : « ma puce » qui pourtant d’habitude m’aurait mis hors de moi venant de sa part.



- Sara ?
- Bonjour Papa. Dis-je d’une voix de miel, heureuse de l’entendre.
- Bon sang Sara, pourquoi ne réponds-tu pas au téléphone ?? Tu sais pourtant combien il m’est difficile de trouver du temps pour te joindre ! J’ai du travail !
- Et moi Papa !! M’exclamai-je à ces mots. Je travaille aussi au cas où tu l’aurais oublié ! J’ai un emploi du temps à tenir, des patients à voir… des…
- Des détenus ma chérie ! Me coupa-t-il soudain. Ecoute… calme-toi, je voulais simplement savoir si tout allait bien pour toi…
- Ca va… Répondis-je alors machinalement.
- Bon, c’est très bien ! Et as-tu reçu le dossier que je t’ai envoyé ?
- Papa, il est hors de question que je postule pour une place de médecin à l’« Alexian Hospital » de Chicago ! Mon post ici me convient très bien !
- Tu n’es pas en sécurité là-bas ma chérie ! C’est un choix inconscient…
- Mais c’est le mien ! Le coupai-je à mon tour. Et je me sens plus utile ici avec ces détenus comme tu dis… plutôt que de soigner la bourgeoisie de Chicago !
- Bien… Nous en reparlerons. Je dois aller en réunion. A bientôt, bonne journée Sara.
- Bonne journée Papa.


Je rangeai mon portable dans mon sac avec rage. Pourquoi chaque discussion avec mon père tournait-elle à la dispute ? « Autant parlé à un mur…. » Soufflai-je tout haut.





Mais mes pensées n’allèrent pas plus loin. J’entendis des hommes courir dans le couloir et arriver jusqu’à l’infirmerie. Quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris les gardiens qui soutenaient Michael Scofield à bout de bras. Ceux-ci prirent soin de l’installer sur le fauteuil médical et je pu alors apercevoir avec horreur une serviette trempée de sang autour de son pied gauche.


Très vite, j’enfilai mes gants de caoutchouc et me rua vers les gardiens qui l’encerclaient.


- Merci messieurs, je vais m’occuper de lui !
- Nous avons des questions à lui poser Docteur ! Grinça le Capitaine Bellick entre ses dents.
- Capitaine… Sauf votre respect, Monsieur Scofield semble gravement blessé, je le vois très mal tenter de s’enfuir comme un lapin ! Vous l’interrogerez plus tard !


Bellick me lança un regard noir puis finit par quitter la pièce, ses hommes aux talons.




- Michael écoutez-moi, je vais examiner votre pied… Je vais retirer cette serviette doucement… Expliquai-je calmement tout en appliquant les gestes à la parole.


Je découvris avec effroi qu’il lui manquait deux orteils ! La coupure était nette… Que s’était-il passé ?

Le détenu était complètement paniqué. Il me lança alors un regard désespéré rempli de larmes. Son cœur devait battre à tout rompre.


- Je vais vous soignez Michael, ne vous inquiétez pas, tout se passera bien… Je vais vous faire une piqûre pour que vous ne sentiez plus la douleur. Je vous en prie… étendez-vous et respirez calmement…. Je… je suis là.


La dose d’anti douleur que je lui administrai eu un tel effet sur lui qu’il finit par s’endormir pendant que je le recousais. A présent apaisé, les traits de son visage étaient de nouveau détendus et fluides. Je me surpris alors à le comparer à un ange.



Une fois le bandage terminé, j’en profitai pour inscrire mes soins médicaux dans son dossier.




- Docteur… Murmura une petite voix qui sortait du sommeil à quelques mètres de moi.


Je posai mes dossiers sur mon bureau et m’approchai de lui. Il me regardait à nouveau de ses grands yeux bleus profonds.


- Comment vous sentez-vous ?
- Mon… mon pied… Articula-t-il de nouveau pris de panique.
- Michael… Vous avez perdu deux orteils, je regrette. J’ai recousu la plaie…  Je dois savoir qui vous a fait ça ? Expliquai-je.
- Je ne peux pas… Répondit-il de son air le plus grave.
- Comprenez que je dois faire un rapport et si ce n’est pas moi qui vous pose ces questions, le Capitaine Bellick s’en chargera… Et il n’emploie malheureusement pas les mêmes méthodes que moi.


Il baissa alors les yeux et ne répondit pas. Je m’assis lentement auprès de lui. A cet instant, je le senti comme seul au monde. Je connaissais trop bien cette sensation pour la reconnaître au premier coup d’œil.


- Vous pouvez tout me dire, Michael… Il est intolérable qu’on laisse un détenu se comporter de la sorte !



Il releva calmement la tête et me fixa de nouveau. Ses iris semblaient transpercer mon corps à chaque fois qu’il posait ses yeux sur moi. Jamais de ma vie, je n’avais senti une telle sensation m’envahir.


- Docteur… Je vous en prie… Ne… ne me forcez pas à vous mentir…  Murmura-t-il alors d’une voix intense.





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Chapitre-5.jpg






par Pitchoune
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Vendredi 27 juillet 2007

Banni--re-Du-cot---de-Sara-Chapitre-copie-5.gif



Rien n’était plus difficile que de soigner le détenu Theodore Bagwell, que tout le monde appelait plus communément « T-Bag ». La plupart du temps, je parvenais à faire abstraction des crimes qui avaient amené les détenus jusqu’à Fox River… Heureusement d’ailleurs, sinon il y en aurait un bon nombre que je n’aurais jamais soigné. Mais avec T-Bag, je devais toujours redoubler mes efforts pour ignorer les meurtres et les viols qu’il avait commis…  D’ailleurs même en m’efforçant de ne pas croiser son regard, je sentais toujours comme une tension malsaine entre nous. Ses mimiques me rendaient folles. Du coin de l’œil, je le voyais sortir sa langue de sa bouche à la manière d’un serpent devant sa proie. Ses yeux étaient fixes et fous et je les sentais sans cesse braqués sur moi. Pour rien au monde je n’aurais voulu connaître ses pensées.


-    Voilà Theodore, j’ai terminé, vous pouvez regagner votre cellule.
-    Merci ma belle…
Siffla-t-il entre ses dents.


Alors que je me retournais pour ranger mon matériel, je sentis son souffle chaud dans mes cheveux et sa main effleurer ma nuque tandis que l’autre venait s’appuyer sur mon postérieur.

Terrifiée, je lâchai mes instruments et alors que j’allai me retourner violemment, je le sentis comme « arraché » brutalement de moi.



Je vis alors l’incroyable sous mes yeux.

-    Michael ! M’exclamai-je.



Le détenu tenait T-Bag par le col de sa chemise contre le mur. Il le souleva jusqu’à ce que celui-ci ne puisse plus toucher terre.

-    Tu la touches encore une fois et je te jure que tu regretteras d’être né, T-Bag !
-    Doucement mon lapin !
Grinça-t-il. C’est une si belle demoiselle… Je voulais simplement la remercier pour son travail.


Michael assomma alors l’infâme serpent. La tête de celui-ci tapa contre le mur mais cela ne semblait pas l’avoir atteint le moins du monde.

-    Qu’est-ce que t’as « gueule d’ange, tu veux jouer au héros ?
-    Dégages d’ici et ne recommences plus jamais.
Lui murmura-t-il à l’oreille d’un ton menaçant avant de le reposer à terre.



Abasourdie ! J’étais complètement inerte devant la scène qui se déroulait sous mes yeux, totalement impuissante. Je ne pouvais pas intervenir et il était hors de question de faire appel à un gardien qui les emmènerait tous les deux devant le Directeur.

De nouveau sur ses pieds, T-Bag détendu le col de sa chemise. Il roula des épaules et sortit le bout de sa langue de sa bouche tout en fixant Michael de ses yeux remplis de haine. Tel un duel, le jeune homme ne détacha son regard à aucun moment jusqu’à ce que celui-ci passe la porte de l’infirmerie.



Toujours immobile au fond de la salle, je le regardai sortir et rejoindre les gardiens sans broncher. Une fois entre leurs mains, Michael se retourna et s’avança vers moi.

-    Ca va Docteur, vous n’avez rien ? Dit-il de sa voix douce et calme retrouvée.
-    Oui… Je vais bien… grâce à vous.

Je le vis poser ses yeux sur mon sourire plein de gratitude et un silence gênant s’empara de la salle. Mal à l’aise, je le brisai la première.



-    Alors Michael, comment va votre pied ? Installez-vous pour que je regarde, s’il vous plait. Je vais également changer votre bandage.

Il me sourit malicieusement et s’assit sans riposter. En m’attendant, je l’observai entrain de regarder par la fenêtre. Chaque jour depuis son arrivée, il n’oubliait jamais de passer quelques minutes devant cette fenêtre. « Il doit être tellement triste entre ses quatre murs… » Songeai-je alors en pensant que moi-même je souffrirai de ne plus voir la vie et la nature à travers ma fenêtre. Une façon comme une autre pour moi comme pour le reste de monde d’évader un peu son esprit…


Je défis délicatement le bandage autour de ses orteils et désinfectai la plaie recousue.

-    Comment cela se fait-il que l’on vous laisse seule avec quelqu’un comme T-Bag dans cette salle ? Interrogea-t-il tout en suivant mes mains du regard.
-    Je ne veux pas être entourée de gardiens quand je travaille… Ils sont dans le couloir, c’est bien suffisant.
-    Ca ne l’était pas cette fois-ci, Docteur…




Je levai alors la tête et le regardai dans les yeux. « S’inquiéterait-il pour moi ? » Me demandai-je.

-    J’ai eu de la chance que vous soyez mon prochain patient, en effet… Admis-je sans quitter ses iris couleur océan.
-    Vous êtes tout de même imprudente, Docteur.
-    Je vous en prie Michael, arrêtez, vous me faites penser à mon père !
Lançai-je en riant.
-    Le gouverneur ? Reprit-il intéressé. J’ai du mal à imaginer Frank, la justice à l’ancienne, surprotéger sa fille…


Je regrettai alors immédiatement mes paroles… Celle fois-ci, je lançai un regard blessé et affecté sur lui. Il s’en rendit immédiatement compte et ne prolongea pas la discussion. Et d’ailleurs, il était bien loin de la vérité. Mon père ne me surprotégeait absolument pas… Bien au contraire, il m’avait presque ignoré à la mort de ma mère… Sans doute  trop pudique pour me serrer dans ses bras et me consoler. Il se forçait malgré tout de demeurer un père présent et aimant lorsque ses associés lui en laissaient le temps…


-    Si vous n’êtes pas imprudente alors vous aimez le goût du risque !
Lança-t-il en me sortant de mes sombres pensées.
-    Vous êtes très drôle, monsieur Scofield ! Eclatai-je de rire à ces propos.
-    Je ne serais pas toujours là pour vous sauvez, Docteur Tancredi.

Je lui répondis en souriant et terminai son bandage.




*   *
*






Il n’y avait qu’un seul jour dans la semaine où je m’obligeai à sortir plus tôt de mon travail… Le jour des courses ! Soupirai-je en entrant  dans le super marché à proximité de chez moi. Je détestais faire du shopping. Et si j’avais aimé ça, cette époque devait remonter à l’université, lorsque je faisais du lèche-vitrine avec mes amies de fac pour être la plus belle lors de nos soirées étudiantes. Ce souvenir évoqué me fit sourire. Il était pourtant bien loin derrière moi.

Je savais toujours parfaitement ce que j’allais acheter. Je n’étais vraiment plus de celles qui passaient des heures dans les rayons à comparer les produits en eux, entre les plus diététiques ou les moins chers. Je redoutais toujours de croiser une connaissance… Un collègue de mon père, une ancienne amie de ma mère, une personne quelconque devant laquelle je devais absolument faire bonne figure quoi qu’il m’en coûtait.



Alors que je m’apprêtais enfin à  rejoindre les caisses, ce que je redoutais tant arriva. Et bien pire encore….

-    Sara ? Sara Tancredi ? Chantonna une voix derrière mon épaule.

Contrainte de m’arrêter, je me retournai tout sourire.


-    Oh Anna ! Bonjour !
-    Sara ! C’est incroyable !
S’écria-t-elle en me prenant dans ses bras.

Anna Johnson était une de mes amies de l’Université. Depuis, elle était devenue un vrai modèle de réussite. Je savais qu’elle était aujourd’hui avocate et qu’elle s’était mariée. Et en voyant la petite fille qu’elle tenait par la main, je devinai alors qu’elle n’avait pas non plu oublié d’agrandir sa famille. Anna était le genre de femme dont le bonheur immense était inscrit sur le visage. Elle rayonnait. L’énorme diamant à sa main gauche rappelait sans cesse qu’elle était mariée à un riche notaire. Je posai alors mes yeux sur ma main tristement nue.



-    Sara, tu es ravissante ! Comment vas-tu ?
-    Je vais bien.
Répondis-je du même sourire. Et toi ? Ta fille est magnifique ! Soulignai-je en la regardant affectueusement.
-    Ca ne peut pas mieux aller nous ! Rit-elle en passant sa main dans les cheveux blonds de sa fille. Ton père m’a dit que tu travailles au pénitencier de Fox River, dis-moi ! Ca doit être drôlement triste ! S’exclama-t-elle en faisant la moue, comme encore choquée par cette nouvelle.
-    C’est un travail passionnant. Me contentai-je de répondre.
-    Oh Sara, je dois filer, mon mari va bientôt sortir du travail et je n’ai même pas encore préparé le dîner ! Ca m’a fait plaisir de te voir en tout cas… On s’appelle pour boire un café ensemble !
-    Avec plaisir. A bientôt Anna !




Je me sentais terriblement honteuse. Je ne ressemblais en rien à mes anciennes amies, toutes mariées et employées dans les plus grandes boîtes de l’Etat. Visiblement, je n’avais pas choisi le même chemin. Et pourtant… Pensai-je. Je me sentais bien plus heureuse à mon travail avec mes prisonniers qu’à vivre ma triste vie que je tentais de fuir à chaque seconde.




*  *
*




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par Pitchoune
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Samedi 28 juillet 2007


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Après déjeuner, Katie et moi reprenions le chemin du pénitencier. Pour regagner le bâtiment de l’infirmerie, notre trajet nous obligeait à passer devant la cour des détenus. Katie l’appelait ironiquement « la cage aux fauves »… Mais aussi dérisoire que cela pouvait paraître, certains jours, je ne pouvais m’empêcher de penser que cette expression était tout à fait appropriée.


Charles Westmoreland était assez solitaire. Peu de prisonniers avaient un réel motif de lui en vouloir ; ils s’efforçaient donc de le laisser tranquille le plus clair du temps. Si la cour était le plus souvent divisée entre les blancs et les noirs, Charles, lui, ne prenait jamais part à ces petites guerres de couleurs et restait dans son coin, neutre et paisible. En réalité, le vieil homme n’était pas complètement seul dans ces moments-là… « Marylin », une minette de plusieurs années lui tenait compagnie. Il était le seul détenu à Fox River à posséder un animal car « Marilyn » était arrivée bien avant que la loi n’interdise les animaux en prison.



- Bonjour Charles ! Lançai-je sur le chemin en l’apercevant assit non loin de là.
- Bonjour ma petite Sara ! Bonjour Katie ! Répondit-il amicalement de l’autre côté du grillage.

Je lui souris en le voyant caresser affectueusement la petite « Marylin ».


- Tu es vraiment la chouchoute des détenus ma grande ! S’éclaffa Katie.
- Tu dirais n’importe quoi pour me faire rire ! Répliquai-je tout en sachant qu’elle n’avait pas tout à fait tort.


Toujours sur le chemin qui longeait la cour, j’aperçus alors Michael Scofield assit sur un banc aux côtés de Fernando Sucre, un adorable prisonnier. Celui-ci était un véritable rayon de soleil. Son accent du sud amenait toujours une certaine gaité dans sa voix. Sans savoir pourquoi, je me sentais comme rassurée en voyant Michael auprès de Fernando. Apparemment, il avait fini par trouver sa place parmi les détenus et à fréquenter les bonnes personnes.


A ce moment-là, Michael m’aperçut et me lança un regard intense. Je croisai alors ses yeux et tournai presque aussitôt la tête. Katie n’en loupa pas une miette !


- Il est vraiment sexy le petit nouveau ! Fit-elle, un sourire en coin de lèvre.
- Je ne sais pas trop…
- Oh ! Sara, je t’en prie, tu as vu comme il te regarde à chaque fois qu’il vient te voir pour sa piqûre ? Et quand il t’a sauvé des griffes de T-Bag ! Il en pince pour toi, c’est évident.
- Pas pour moi… Répondis-je, en regrettant aussitôt de lui avoir raconté cette histoire ! Et puis c’est un détenu, je ne sais pas pourquoi tu me parles de ça.
- Parce que je ne suis pas aveugle ma chère ! Les yeux sont fait pour voir et je ne peux pas comprendre que tu sois aussi fermée.



Je me contentai de répondre par un haussement d’épaules et nous pénétrâmes enfin dans notre bâtiment. Arrivées à la salle de  pause, nous prîmes lors notre traditionnel café brûlant tout en consultant le planning.


- 14h00 : Théo ! Oh seigneur non ! Soupira Katie.
- Chacune son tour ma chère… Je l’ai eu la dernière fois !
- Ce petit mec me fait penser à un petit caniche hargneux ! Il vient de se faire opérer du genou, on n’a pas fini de le voir à l’infirmerie… Et toi, tu as qui ?
- 13h45 : Michael Scofield.  Lus-je.
- C’est l’heure de l’insuline ! Ricana Katie en me donnant une tape amicale sur l’épaule. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour remonter la manche du joli cœur à ta place ! Se prit-elle à rêver.



Je me contentai de sourire en reposant ma tasse et regagnai la salle médicale. Michael était déjà dans le couloir à m’attendre. Je le fis entrer et il prit place sur le siège comme à son habitude pendant que je préparais son injection.


- Je vous ai vu tout à l’heure…
- Ah oui ? Répondis-je naïvement sans même me retourner.
- Vous étiez avec une infirmière sur le chemin qui borde la cour.
- C’est bien possible, je rentrais de déjeuner. Votre bras s’il vous plait… Dis-je en changeant de sujet.


Le jeune homme retroussa sa manche et me tendit son bras tatoué.


- Personne n’a dépassé les limites avec vous aujourd’hui ? Sourit-il.
- Non, les détenus que j’ai vu se sont tenus tranquille… Heureusement, je n’ai pas des T-Bag tous les jours !
- Je suis quelqu’un de bien élevé, mais je pourrais comprendre pourquoi les détenus essaient de vous séduire…
- Vraiment ? Dis-je en arquant un sourcil.

Je sentais le feu monter dans mes joues et j’eus tout le mal du monde à me ressaisir. Je lui fis sa piqûre dans le silence et lui demandai ensuite de retirer sa chaussette pour renouveler son bandage.


- Vous… n’avez pas eu d’autre problème avec les détenus ? Demandai-je à mon tour.
- Non, je me défends plutôt bien…
- Pas même avec ceux qui vous ont coupé ces orteils ?
- Il m’en reste encore huit, je suis plutôt chanceux. Plaisanta-t-il.
- Vous devriez faire plus attention Michael… Cela pourrait être bien plus grave la prochaine fois !


Je le vis sourire du coin des lèvres.

- Ok, faisons un pari, Docteur ! Le soir même de ma libération, je vous promets d’être encore en vie… Je courrai acheter le plus beau smoking et je viendrai vous inviter à dîner avec moi…

Cette idée me fit sourire, mais je n’osai pas croiser son regard qui me paralysait.


- Vous aimez les fleurs ? Reprit-il, imperturbable.
- Bien sûr…
- Alors je tiendrai un bouquet de fleurs lorsque je viendrai sonner à votre porte.
- Michael…
- Et bien sûr, je vous laisserai choisir le restaurant…
- Michael, je vous en prie ! Le coupai-je. Je veux juste que vous compreniez que certains autres détenus n’ont pas cet humour inoffensif que vous possédez. Alors prenez garde à vous… Murmurai-je en le regardant cette fois droit dans les yeux.


Michael remit sa chaussette et se releva en faisant la moue. Je ne pu m’empêcher de le regarder. Il ressemblait à un petit garçon que l’on aurait contredit.


- Je ferais mon possible pour sortir d’ici en vie… Me dit-il en me fixant de ses yeux graves et profonds. Et j’espère que mon frère aussi… Ajouta-t-il avant de partir.




*  *
*





Ce matin en allant au travail, je longeai la cour des détenus comme tous les jours lorsque je me rendais à mon travail. Il n’était pas encore l’heure de la pause pour ceux-ci, mais celle des T.P. et je reconnus avec surprise le jeune Scofield au milieu du groupe d’Abruzzi.

Le jeune homme m’aperçut et se dirigea aussitôt vers moi. Je m’arrêtai et à mon tour m’approchai de la grille en regardant par-dessus mon épaule si Henry Pope ne trainait pas dans les parages. Il n’appréciait guère que l’on bavarde avec les détenus en dehors de notre cadre de travail.

Mais c’était plus fort que moi, je mourrais d’envie de lui dire bonjour, même si je savais que j’allais le retrouver plus tard pour sa piqûre d’insuline quotidienne.


- Bonjour Docteur. Je ne savais pas que vous commenciez de si bonne heure ?

Son ton joyeux et son sourire frai me persuadèrent davantage que je faisais bien de commencer ma journée de si bon matin.


- C’est vrai… J’aime arriver avant les autres. Ce sont certainement les seules minutes de la journée pendant lesquelles je peux profiter du calme de l’infirmerie.
- J’ai rarement entendu le personnel de la prison se battre pour arriver en premier entre ces murs. Me taquina-t-il. Vous êtes exceptionnelle Sara Tancredi.


Je lui rendis son sourire cruellement communicatif et m’approchai davantage du grillage.


- Michael… je suis désolée pour hier… Je fais mon possible pour éviter de parler de Lincoln lors de vos visites à l’infirmerie, mais je sais très bien que vos pensées sont sans cesse habitées par cette sentence.
- Mon frère est innocent, Docteur et ses avocats travaillent jour et nuit pour le prouver. Je vous suis reconnaissant d’essayer de me changer les idées… Ajouta-t-il en me toisant de son regard bleu.
- A ce propos… Je… je sais que je ne peux pas faire grand-chose sur ce point mais je pensais… je pensais que je pourrais m’arranger pour que vos visites et celle de votre frère se suivent sur l’emploi du temps… Ainsi, vous pourriez au moins le voir, même si ce n’est qu’en passant dans le couloir.


Michael posa alors sur moi un regard remplit de tendresse et de reconnaissance. Un de plus qui me submergea.

- Merci, Docteur. Et au risque de me répéter… Ajouta-t-il. Vous êtes exceptionnelle.


Il était rare qu’une personne m’atteigne par la parole. Les événements de ma vie m’avaient appris à me protéger contre les mots… Mais il fallait bien me l’avouer, ce Scofield savait percer la carapace que je m’étais construite mieux que quiconque.


- Bien, je vais aller travailler… Dis-je en rompant le silence de la cour.
- On se voit tout à l’heure, Docteur…
- Bien sûr Monsieur Scofield ! Puisqu’il le faut... Plaisantai-je en poursuivant mon chemin.




*  *
*





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par Pitchoune
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Dimanche 29 juillet 2007


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Avoir croisé le visage souriant de Michael Scofield au petit matin ne pouvait que me faire commencer la journée de bon pied. Arrivée la première à l’infirmerie comme à mon habitude, je saluai joyeusement le personnel médical qui arriva plusieurs minutes après moi.



Aujourd’hui nos emplois du temps étaient tous surchargés ! Et pour ne rien arranger, nous étions mercredi… le jour que Katie réservait à ses enfants. Deux petits bouts de choux de deux et cinq ans. Il m’était arrivé de les garder quelques fois pour rendre service à ma collègue et amie, divorcée depuis deux ans. Le mercredi nous nous répartissions donc toujours ses détenus.

Je jetai un coup d’œil dans la salle des malades depuis le couloir. Il était rare de voir les lits tous occupés mais malheureusement aujourd’hui, je compris que c’était le cas. Je saisis les dossiers médicaux de mes patients ainsi que ceux de Katie et m’avançai dans la salle.



- Bonjour Jeffrey ! Lançai-je cordialement en m’avançant près de son lit.
- Bonjour Docteur. Ma tête me fait toujours aussi mal… Ces migraines ne passent pas…
- D’accord… Linda, vous pouvez poursuivre mon traitement pour ce patient. Expliquais-je à l’infirmière à mes côtés.

Je notai le dernier diagnostic sur son dossier avant de passer au détenu suivant.


- Je suis passée dans l’aile A tout à l’heure… Quelle chaleur il faisait, c’est insensé ! Comment peut-on laisser tous ces hommes mourir de chaud ainsi ! S’exclama Linda qui travaillait à Fox River depuis plusieurs années.
- Ce n’est sans doute pas normal… J’espère que les gardiens l’ont signalé au directeur…



Je passais les trois-quarts de la matinée à ausculter les détenus les plus affectés. Je pris ensuite le temps de rejoindre la salle de pause pour souffler deux minutes puis repris le chemin de la salle des malades. 


Je soupirai alors  à la vue de Bellick qui stationnait dans le couloir. Dire que c’était lui qui m’avait proposé de postuler à Fox River lorsque nous nous étions rencontrés quelques mois auparavant ! Il avait d’ailleurs tenté de me séduire plusieurs fois… Me rappelais-je. Mais malgré toute sa bonne volonté, il ne m’attirait ni physiquement ni intellectuellement. Et plus je le connaissais, plus je me disais que nous devions venir d’une planète différente tant nos points de vue divergeaient à chaque instant ! Mes refus aussi gentils et polis étaient-ils, l’avaient certainement aigri davantage et je sentais à présent toujours un énorme froid entre nous nous dès lors que nous nous croisions.


- Bonjour Sara.
- Bonjour Capitaine Bellick. Répondis-je poliment sans pour autant m’arrêter.
- Attendez Docteur… Le Directeur m’envoie vous avertir.

Contrainte de stopper ma course pour l’écouter, je me résolus à faire volte-face.



- Je vous écoute…
- Il fait une chaleur à crever dans l’aile A… Cette bande de taulards est complètement surexcitée.
- Comment en serait-il autrement ! C’est un vrai four là-bas… Que s’est-il passé ?
- C’est une panne apparemment… Mais en attendant que ce soit réglé, vous devriez retourner avec le reste du personnel médical dans la salle principale.
- Capitaine Bellick, vous savez autant que moi que je n’ai pas le droit de refuser des soins à un malade. Un bon nombre d’entre eux ont fait des malaises dus à la chaleur, je dois aller les ausculter.
- Tous des simulateurs ! Pesta-t-il.
- Je pense que ni vous ni moi n’avons envie de perdre notre travail, alors je vous en prie… Retournez traquer les voyous et je m’occuperai de les soyez…
- Très bien, allez-y ! Grinça-t-il entre ces dents, visiblement vexé.


Je le regardais quitter l’infirmerie et me mis alors à penser à Michael… J’espérais fortement qu’il ne soit pas au cœur des émeutes une fois de plus. Sa dernière bataille lui avait coûté chère.



De retour dans la salle des malades, je constatai qu’il faisait de plus en plus chaud. J’aperçus ensuite Théo, le détenu qui énervait tant Katie et qu’elle appelait ironiquement « le petit caniche hargneux ».


- Bonjour Théo… Alors comment va cette jambe aujourd’hui ? Le questionnai-je tout en passant mes mains sur son genou.
- Ooooh !! Cria-t-il. C’est encore très douloureux…
- Vous venez de vous faire opérer, c’est tout à fait normal… Le rassurai-je.



Le gardien qui marchait de long en large dans la salle comme un lion en cage reçut soudain un appel. Je n’en compris pas tous les mots à l’inverse des détenus qui se trouvaient près de lui.

- Wha les mecs ! Réveillez-vous ! Ils ont bouclé l’aile A !! ‘Va y avoir du sang sur les murs !! Hurla le prisonnier le plus imposant de la salle.


Je posai alors un regard rempli d’inquiétude sur le gardien. Et j’observai avec terreur que celui-ci semblait aussi peu rassuré que moi.

- Bougez pas Doc’ ! Je vais voir si les gars ont besoin de renfort dans l’aile A !
- Non, ne partez-pas… M’exclamai-je.

Mais celui-ci ne m’écouta pas et me laissa parmi les prisonniers qui, comme par miracle, semblaient tous aller bien mieux.



Au moment où le gardien atteignit la porte, Kouamé, un prisonnier noir et des plus musclés lui attrapa la gorge et la serra de toutes ses forces entre ses  puissances mains.

- Lâchez-le ! Hurlai-je alors.


Mais ce n’était apparemment pas le moment de jouer au héros, la plupart des prisonniers se levèrent aussitôt de leur lit et s’avancèrent vers moi d’un pas menaçant. Je crois que c’est à ce moment précis que mon cauchemar commença.


Kouamé lâcha enfin le gardien qui retomba lourdement au sol, inerte. Il se jeta alors sur moi pour me faire taire et porta ses énormes mains cette fois-ci autour de ma gorge. Tremblant de tous mes membres et essayant en vainc de happer un peu d’air, je sentais peu à peu mes membres se raidir. Seul le brouhaha des détenus hurlant et insultant me parvenait aux oreilles. Je réussis à utiliser mes dernières forces pour lui donner un violant coup de genou sous la ceinture.


Sous le coup, il me lâcha et je réussis à atteindre à quatre pattes la salle d’infirmerie d’à côté. Je me précipitai sur la poignée et fermai le verrou à clé alors que j’entendais mon agresseur hurler de douleur.


- Tu vas me payer ça Doc’ ! Tu vas me le payer cher ! Hurla-t-il. Allez les gars, on va pas laisser cette salope s’en sortir comme ça !
- Ouais, viens Doc’ !! Ca va être ta fête ! Cria un autre détenu.


Assise contre la porte, je portai mes mains à ma gorge et tentai de la masser pour laisser passer l’air. Le sauvage l’avait serré si fort que des marques bleues avaient remplacées ses mains. A peine avais-je repris mon souffle que je sentis des énormes coups dans mon dos… Cette bande de loups était entrain de défoncer la porte.

Mon sang ne fit qu’un tour, je parcourus des yeux rapidement la salle, cherchant un moyen de bloquer la porte. Ne trouvant rien de plus lourd que le bureau, je réussis à le pousser, non sans mal, jusqu’à l’entrée.


- Qu’est-ce que tu fais, Doc’ ?
- Tu aimes faire durer le plaisir, on dirait ?
- Sara, ma chérie, ça me fait de la peine de te voir te détourner de moi ainsi… Pleurnicha le Schwarzenegger noir.
- Oooouvre, pétasse !



Je secouai la tête pour ne plus entendre ces atrocités et courus jusqu’au téléphone.


(…)


« Aucune tonalité ! » Criai-je, sentant que je cédais peu à peu à la panique. Mon téléphone portable ! Pensai-je alors. Mais mon sac à main était resté dans la salle de pause. La peur monta alors peu à peu en moi. Mes yeux ne cessaient de parcourir de long en large la salle, à la recherche d’une solution miracle.


Des coups sourds contre la vitre de la porte me firent alors sursauter.

- Je t’aurais ma Doc’ ! Je t’aurais…
- Rira bien qui rira le dernier !
- Viens ma biquette ! Ouvres la porte… Je te jure que tu vas aimer ça.


L’un d’entre eux saisit un extincteur accroché au mur et commença à donner des coups dans la porte vitrée.


Une énorme boule me coinça la gorge, m’empêchant à nouveau de respirer à mon aise puis descendit jusque dans mon ventre. Je sentis les larmes me monter aux yeux. J’aurais préféré être sourde plutôt que de continuer à entendre ces horreurs à mon égard. En proie au désespoir, je me jetai à la fenêtre et hurla que l’on me porte secours.  Mais malheureusement ces vitres étaient cruellement barricadées et je savais au fond de moi que personne… absolument personne ne pouvait m’entendre ni me voir.



Après plusieurs coups acharnés contre la  vitre de la porte, elle finit par se fendre et l’extincteur passa à travers, laissant un trou au milieu. Théo se précipita contre la porte et tenta de passer son bras à travers le trou pour atteindre la poignée. Mon sang ne fit qu’un tour. A ce moment là, je ne réfléchissais plus. Je me jetai sur l’armoire de l’infirmerie et saisis l’une des plus grosses seringues qui s’y trouvait. Sans plus attendre, je l’enfonçai de toutes mes forces dans la main de Théo qui hurla sous l’effet de cette attaque surprise.

- La salope ! Elle m’a eut ! Hurla-t-il avant de tomber raide sur le sol.
- Attends, je te jure qu’elle va le regretter…


L’homme chercha des yeux le bout de verre le plus tranchant parmi les débris de la vitre tombés à terre. Il finit par en saisir un et me regarda droit dans les yeux. Par malheur, je m’aperçus trop tard de ce qu’il voulait faire… Il lança le bout de verre à travers la pièce et celui-ci se planta violemment dans mon bras.


L’impact me fit hurler de douleur. Mes yeux se remplirent de larmes… Je devais enlever cette entaille de verre de mon bras, vite ! Mon regard était tellement brouillé par les larmes que je n’y voyais plus rien ! En un sens c’était tant mieux… Cela m’évitait de voir les horribles détails de mon avant-bras qui perdait de plus en plus de sang. Le bruit des détenus qui frappaient encore et toujours contre la porte, mêlé à leurs insultes bourdonnaient dans mes oreilles.

Tremblante, je me laissai tomber dans un coin de la pièce et me préparai à extraire le morceau de verre… Je fermai très fort les yeux et tirai d’un coup sec. J’hurlai encore, ivre de douleur et de peur.


- Viens ma biche, je te jure que tu ne le regretteras pas…
- Hey j’ai une idée !! Lança Kouamé de l’autre côté de la porte. On va l’enfumer !!
- Ouais, j’adore ton idée, mec !!



Je me retournai alors et vis un livre enflammé au milieu de la salle. Vite, je courus jusqu’à lui et le piétinai jusqu’à en brûler le bas de mon pantalon. Mais mes efforts ne servirent à rien… Un, deux, trois autres livres tombèrent à mes pieds. Un autre détenu abandonna même jusqu’à sa chemise pour la brûler et la lancer à travers la porte. La fumée envahit l’ensemble de la salle et me brûla la gorge. Je saisis un chiffon et le porta à mes lèvres pour tenter de me protéger des nuages de fumées qui m’entouraient. Les flammes gagnèrent de plus en plus de terrain sur moi et je voyais peu à peu le bureau reculer devant la porte sous les coups des détenus.


Dans quelques secondes, s’ils ne réussissaient pas à entrer et à abuser de moi ou me tuer, c’étaient les flammes qui auraient raison de moi. Tremblante et suffocante, je reculai encore et encore jusqu’à me retrouver coincée contre la fenêtre. L’impression que les rôles avaient changés me fit trembler de tous mes membres… J’étais prisonnière et je commençais à entendre une petite voix au fond de moi me dire que c’était la fin.





*  *
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par Pitchoune
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Jeudi 16 août 2007

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Toujours dans la panique et le brouhaha, je pressais de plus en plus le chiffon contre ma bouche sentant la fumée jusque dans ma gorge. De l’autre main, j’essai d’enlever ma blouse de médecin afin d’éponger quelque peu le sang que je perdais de mon bras ouvert à vif.


Ayant épuisé toutes les solutions à ma portée, je ne pouvais plus rien faire pour éviter la fumée et les flammes qui commençaient à envahir la pièce. Et les prisonniers auraient bientôt réussit à venir à bout de la porte de l’infirmerie.


Soudain j’entendis des bruits étranges au-dessus de ma tête. Lorsqu’enfin je levai les yeux, j’aperçus une case du plafond s’ouvrir. C’est alors que la tête de Michael Scofield apparut ! A cet instant, je n’étais plus vraiment sûre d’être encore en vie… ou alors étais-je dans la quatrième dimension ? Etait-il possible que la fumée provoque des hallucinations ?



- Ma main ! Hurla-t-il. Prenez ma main !


Mes jambes ne me tenaient plus guère debout, mais je rassemblai toutes mes forces et saisis une chaise pour grimper dessus. J’abandonnai la blouse qui m’avait servi de pansement et lui tendit les bras.

Il attrapa mes mains puis mes bras et réussit à me hisser jusqu’à lui. Une fois saine et sauf, je risquai mes yeux par l’ouverture pour voir le théâtre de mon cauchemar sous mes pieds. Les détenus réussirent à ce moment-là à défoncer la porte.


- Sara, où tu caches-tu ma belle ? Tu veux jouer à cache-cache dans la fumée ?
-