
Mon premier jour à Fox River… Il me semblait que c’était hier tant il m’avait marqué.
Désorientée et peu confiante, j’essayais en vainc de me rappeler pourquoi j’étais là alors que j’attendais patiemment devant les portes blindées de la prison, que
l’on vienne m’ouvrir. Un gardien arriva enfin et m'entraîna de l'autre côté des portes.
Alors que j’entrais enfin au cœur du pénitencier, une ambiance lourde et obscure vint me serrer la gorge. Nous avons ensuite traversé la cour qui devait nous mener
au bureau du directeur. J’aperçus pour la première fois les prisonniers pendant leur pause. Ma première impression en les voyant fût de les comparer à des « meutes de loups ». Tels des
fauves, les détenus se déplaçaient en groupe, et si par malheur un courageux osait croiser le regard d’un autre de la bande adversaire, le chao retentissait sans attendre. Tout en marchant,
j’observais la grille qui nous séparait de ces « animaux » et me mis à frémir lorsque j’aperçus l’un d’entre eux se faire battre jusqu’au sang près d’un banc.
- Excusez-moi… Il… il y a un détenu qui semble avoir des problèmes là-bas, vous n’intervenez pas ? Ne pus-je m’empêcher de
demander.
Le gardien s’arrêta alors pour observer la violente scène qui se déroulait sous nos yeux.
- Mademoiselle Tancredi, ce que vous voyez là n’est qu’un rituel. Ce genre de bagarre matinale donne en général le ton de la journée. Si je
devais intervenir à chaque fois, je dormirais dans la cour, croyez-moi. Expliqua-t-il d’une voix calme et blasée.
Enfin nous étions arrivés au bâtiment principal. Le gardien m’indiqua le bureau du directeur et me quitta en esquissant un sourire malicieux.
Peu rassurée, je trouvai tout de même le courage de frapper à la porte.
- Entrez ! Résonna de l’intérieur une voix forte et convaincante.
Je me retrouvai alors face à un homme d’une assez forte corpulence qui me serra vivement la main. J’aperçus un sourire sur ses lèvres, cachées sous une moustache
grisonnante.
- Henry Pope, enchanté Mademoiselle Tancredi ! Je vous en prie, prenez place !
Toujours sur la défensive malgré moi, je m’installai sur la chaise qu’il m’indiquait, en face de son bureau.
- Sara ? Je peux vous appeler Sara ?
- Bien entendu ! Répondis-je, un peu plus à mon aise.
- Sara… Je suis heureux de voir l’intérêt que vous portez à notre pénitencier. Le Capitaine Bellick m'a beaucoup parlé de vous. Il m'a
notamment raconté le courage dont vous avez fait preuve pour vous sortir de votre dépendance pour la drogue. Et croyez-moi, nous avons bien besoin d’un médecin tel que vous dans notre
équipe…
Henry Pope avait la discussion facile et il n’en fallait pas beaucoup pour le faire parler pendant des heures avec la même passion et le même entrain dans la voix. A
vrai dire, il m’apparaissait plutôt sympathique ! Et après plusieurs minutes d’échange énergique je finis par conclure moi-même…
- Alors vous m’engagez ?
- Avec joie ! S’exclama-t-il en me serrant une nouvelle fois la main avec ferveur. Venez par-ci, je
vais vous présenter Katie. Elle est ici l’infirmière en chef, et va se faire un plaisir de vous expliquer le planning de l’infirmerie !
Je me levai de ma chaise et m’apprêta à le suivre. Je pris une profonde respiration et afficha un sourire sur mon visage. « Enfin, une nouvelle page était tournée et
un nouvel avenir s’offrait à moi », pensais-je en refermant la porte du bureau dernière moi.
* *
*

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Depuis mon arrivée à Fox River, les jours avaient défilés comme des éclairs. Et plus le temps passait, plus je retrouvais de l’estime et de la confiance en moi. Pour
oublier mes problèmes de drogue et ce qui m’avait poussé à la dérive, j’étais prête à donner corps et âme à mon travail. Je me levais aux aurores pour être la première arrivée à l’infirmerie et
je ne la quittais rarement avant sa fermeture. Une fois rentrée chez moi, je faisais tout pour que le temps s’écoule au plus vite. Ne plus penser à ma vie : Je crois que c’était devenu le but
principal de chacune de mes journées.
Parfois, malheureusement, la réalité venait frapper à ma porte… Ou à mon téléphone…
- Bureau du Gouverneur, Caitlin Whisper à l’appareil, j’écoute…
La voix chantonnante et ensoleillée de Caitlin, je la connaissais par cœur. Depuis toute petite, mes principaux appels à mon père étaient réceptionnés par sa
secrétaire. Sa voix m’était presque devenue plus familière que celle de mon propre père. A tel point que malgré toute la vivacité dont elle faisait preuve, j’en étais venue à la détester… Lorsque
j’étais plus jeune, j’avais même pensé qu’elle avait une aventure avec mon père. Ma confiance en ces deux êtres n’avait jamais excellée. Malgré tout, je m’efforçais toujours d’être polie, telle
l’adorable fille du gouverneur Tancredi.
- Bonjour Caitlin ! Comment allez-vous ? J’aurais souhaité parler à mon père…
- Bonjour ma petite Sara ! Je vais bien merci…
« Ma petite Sara », soupirai-je en pensée. Vingt-neuf ans… J’avais vingt-neuf ans et cette secrétaire de malheur continuait à me prendre pour une gamine… Mais peu
importe, je savais déjà ce qu’elle allait me répondre…
- Ton papa est en réunion, je regrette… Tu peux me laisser un message si tu veux, je ne manquerais pas de lui transmettre ! Il te rappellera surement
dès qu’il aura fini…
- Surement… Répétai-je, lassée de son comportement de gouverneur overbooké.
Merci Caitlin, pas de message, je le rappellerai demain…
Je me dépêchai de raccrocher le combiné du téléphone et secouai la tête pour empêcher que le sentiment de la solitude profonde ne m’envahisse à nouveau. Quelle heure
était-il au juste ? Par chance, il était temps de me rendre à mon travail.
- Bonjour Katie ! Ca va bien ?
- Salut Sara ! Toujours la forme
et toi ? Je suis entrain de préparer du café, tu en veux une tasse ?
J’adorais Katie ! Elle avait une forme quotidienne que je lui enviais ! D’un tempérament doux et gentil, elle était toujours à mon écoute et au fil des semaines, ma
collègue de travail était devenue l’une de mes seules amies dans cette ville.
- Merci Katie, je veux bien !
-
Ca n’a pas l’air d’aller dis-donc, tu t’es encore disputé avec ton père ?
- Même pas !
Soupirai-je. Faudrait-il encore que j’arrive à l’avoir au téléphone !
- Je suis
désolée ma grande… Nous en parlerons pendant l’heure du déjeuner, il y a un détenu qui t’attend à côté.
- Ah
oui ? Je n’ai pourtant vu personne pour moi avant 10h00 sur le planning ?
- C’est un petit nouveau et ils te
l’ont attribué !
Intriguée, je laissais Katie et la cafetière dans la salle de pause et rejoignis l’infirmerie. Ce n’est pas plus mal de commencer à bosser tout de suite, pensai-je…
cela m’évitera de penser à mon père.
- Bonjour, je suis le Dr. Tancredi. Me présentai-je machinalement en refermant la porte dernière moi.
Toujours ancrée dans mes pensées, je m’installai à mon bureau sans prendre la peine de poser les yeux sur le nouveau venu. Je pris son dossier entre les mains, levai enfin la tête et
croisai son regard.
- Bonjour docteur, je m’appelle Michael Scofield – N° 94941. Répondit le
petit nouveau.
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